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Elevage laitier
Un robot pour conforter la gestion du travail

À 26 ans, tout juste installé depuis un peu plus d’une année en Gaec avec son frère Nicolas à Blargies, dans le Nord-Ouest de l’Oise, Thomas Buquet est déjà bien conscient de la limite de travail : les deux frères vont investir dans un robot de traite.

Bien que son industriel laitier, Danone, pousse à plus de production, le jeune Thomas Buquet a joué la prudence  et l’exploitation ne devrait pas produire plus. Au contraire, l’objectif est de descendre entre 70 et 75 vaches.
Bien que son industriel laitier, Danone, pousse à plus de production, le jeune Thomas Buquet a joué la prudence et l’exploitation ne devrait pas produire plus. Au contraire, l’objectif est de descendre entre 70 et 75 vaches.
© J.-B. Labelle

C’est une belle exploitation laitière où depuis deux générations, la Normande est la seule reine du troupeau. Bertrand Buquet, le père des deux jeunes, est un passionné de génétique et participe même à des concours aux alentours. La ferme comprend 80 vaches laitières à traire dans une salle 2 x 12 en simple équipement, les veaux mâles sont élevés en taurillons pour un tiers, en bœufs pour un autre tiers, le reste est vendu pour la reproduction. À côté de cela, un troupeau de 25 vaches allaitantes limousines pour la production de bœufs en Label Rouge. Car il faut bien valoriser les 60 hectares de prairies permanentes que compte l’exploitation, auxquels s’ajoutent 35 ha de maïs ensilage. Le reste de la surface, 85 ha, se partage entre blé, escourgeon et lin textile.

«Autant dire que nous avons beaucoup de travail», constate Thomas Buquet. Même si le père, récemment à la retraite, donne encore un coup de main et que le passage du Gaec entre les parents et les enfants s’est fait en plusieurs étapes, la composante travail a été prise en compte dès la réflexion pour l’installation de Thomas, après un Bac pro CGEA (conduite et gestion des exploitations agricoles) à Brémontiers-Merval (76) et un BTS ACSE (analyse, conduite et stratégie de l’exploitation agricole) en alternance. «Il y avait en gros trois scenarii : l’abandon total du lait pour se réorienter vers la viande et ainsi valoriser herbages et bâtiments, moderniser la salle de traite et embaucher un salarié et enfin, installer un robot de traite en augmentant ou pas la production», détaille le jeune homme.

 

Un robot à production égale

Après des discussions avec d’autres jeunes installés en production de lait avec robot de traite, la visite d’élevages déjà équipés, la rencontre avec plusieurs fournisseurs, le choix a été fait d’installer un robot Delaval qui devrait être opérationnel au printemps 2023. «Jusque-là, c’est mon frère Nicolas qui assure la traite du matin et moi celle du soir. Cela nous prend environ une heure vingt, lavage compris», détaille Thomas Buquet. Les deux jeunes ont quand même presque 350 bêtes en tout et la charge de travail est particulièrement forte l’hiver.

Bien que son industriel laitier, Danone, pousse à plus de production, le jeune Thomas a joué la prudence et l’exploitation ne devrait pas produire plus. Au contraire, l’objectif est de descendre entre 70 et 75 vaches. «Avec l’augmentation brutale des charges de production et notamment l’achat de tourteaux de colza et de soja qui arrivent à presque 500 €/t, je me dis que j’ai bien fait de ne pas choisir d’augmenter la production.» Une installation qui assure donc la continuité de la structure qui produit de bons résultats, avec une production laitière entre
9 000 et 9 500 kg par vache laitière et par an, fruit d’un travail de longue haleine sur la génétique. «Avec ce robot qui ne réduit pas forcément le temps de travail, mais décharge quand même de l’astreinte de la traite à heures fixes, mon frère et moi devrions plus facilement participer à des réunions sans partir avant la fin, nous consacrer à des sujets qui nous intéressent et libérer du temps pour notre vie personnelle», se réjouit d’avance Thomas Buquet.

Et même si Danone a tout récemment accepté de revaloriser un peu son prix d’achat du lait, le jeune installé est un peu inquiet pour la saison qui arrive car l’ensilage de maïs de l’année a un taux d’humidité élevé et il a fallu ajouter un conservateur. «C’est la première fois que nous devons le faire, cela coûte quand même 100 € de l’hectare, et nous ne sommes même pas sûrs d’avoir toujours un ensilage de qualité à l’été prochain si nous devions alors complémenter nos vaches», confie-t-il. En attendant, le gros chantier 2023 sera l’installation du robot et sa mise en route, pour un vrai confort de vie attendu par les jeunes éleveurs laitiers.

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