Syndicalisme
Une cagnotte ouverte au lendemain de la manifestation à Bruxelles
Après la manifestation d’agriculteurs européens du 18 décembre à Bruxelles, la Fédération des jeunes agriculteurs (FJA) annonce la mise en place d’une cagnotte de solidarité. Objectif : venir en aide aux agriculteurs confrontés à des amendes, procédures judiciaires ou frais de justice, tout en rappelant clairement qu’il ne s’agit ni d’un encouragement aux débordements ni d’une caution aux dégradations.
Après la manifestation d’agriculteurs européens du 18 décembre à Bruxelles, la Fédération des jeunes agriculteurs (FJA) annonce la mise en place d’une cagnotte de solidarité. Objectif : venir en aide aux agriculteurs confrontés à des amendes, procédures judiciaires ou frais de justice, tout en rappelant clairement qu’il ne s’agit ni d’un encouragement aux débordements ni d’une caution aux dégradations.
Dans le sillage de la mobilisation agricole européenne organisée le 18 décembre à Bruxelles, la Fédération des jeunes agriculteurs (FJA) a décidé d’ouvrir une cagnotte de solidarité destinée à soutenir financièrement des agriculteurs confrontés à des suites judiciaires.
« La FJA met en place une cagnotte de solidarité pour venir en aide aux personnes qui, en défendant l’intérêt général du secteur agricole, ont été ou seront confrontées à des amendes, démarches judiciaires et frais de justice », précise l’organisation dans un communiqué publié le dimanche 21 décembre.
Cette initiative vise à mutualiser les coûts supportés individuellement par des agriculteurs engagés dans des mobilisations collectives, dans un contexte de tensions croissantes entre le monde agricole et les institutions européennes.
La FJA rappelle que cette démarche n’est pas nouvelle. Une cagnotte similaire avait déjà été mise en place en 2024, avec des résultats concrets. « En 2024, une cagnotte similaire a permis de payer des amendes, des dégâts causés à des tracteurs et des frais d’avocats dans le cadre d’une procédure judiciaire toujours en cours aujourd’hui », indique le communiqué.
Pas de caution aux violences ni aux dégradations
Consciente des critiques que peut susciter ce type d’initiative, la Fédération des jeunes agriculteurs tient à rappeler que la cagnotte ne constitue en aucun cas une légitimation des violences ou des dégradations survenues lors de certaines manifestations : « Il s’agit d’une caisse de solidarité, et non d’un outil visant à cautionner des comportements inappropriés », souligne la FJA, avant d’ajouter : « Cette cagnotte ne légitime pas les dégâts volontaires qui ont eu lieu. Elle ne constitue ni un encouragement, ni un blanc-seing pour de futurs éventuels débordements. »
L’organisation insiste également sur l’absence de tout intérêt financier propre : « Cette cagnotte n’a en aucun cas pour objectif d’enrichir la FJA. »
Entre dialogue et rapport de force
Au-delà de l’aspect financier, la FJA replace cette initiative dans une réflexion plus large sur les formes d’action du monde agricole. Si le dialogue reste privilégié, l’organisation reconnaît que certaines situations conduisent à des mobilisations plus dures.
« La défense de l’agriculture passe par la concertation et le dialogue, mais aussi — qu’on le veuille ou non — par des mobilisations fortes lorsque les messages ne sont pas entendus », affirme le communiqué, faisant directement référence aux événements survenus à Bruxelles.
La manifestation du 18 décembre, qui a rassemblé des agriculteurs venus de plusieurs pays européens, a donné lieu à « quelques heurts », selon la FJA, dans un climat de forte tension autour des politiques agricoles européennes. Mais toujours selon l’organisation, soutenir cette cagnotte relève avant tout d’un principe de solidarité professionnelle : « Soutenir cette cagnotte, c’est défendre la solidarité face à la répression, pas encourager n’importe quoi », conclut l’organisation.