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Une diversification payante pour Nord Céréales

L’association entre négoces, coopératives et exportateurs du nord de la France dégage un résultat positif grâce à ses activités d’importation et compte bien les développer.

Troisième silo portuaire français avec un chiffre d’affaires d’un peu plus de 10 millions d’euros, Nord Céréales a exporté 1,3 million de tonnes de céréales lors de la campagne 2017-2018 et en a importé 216 039 tonnes. 
Troisième silo portuaire français avec un chiffre d’affaires d’un peu plus de 10 millions d’euros, Nord Céréales a exporté 1,3 million de tonnes de céréales lors de la campagne 2017-2018 et en a importé 216 039 tonnes. 
© © D. R.



C’est une bonne surprise pour les associés de la Sica Nord Céréales. Lors de l’assemblée générale de la structure qui regroupe les négociants, coopératives et exportateurs du nord de la France le 23 novembre dernier, ils ont en effet appris qu’une ristourne de 0,48 centime par tonne de céréales exportées via les installations du port de Dunkerque leur sera prochainement accordée. Celle-ci leur sera versée autour du 15 janvier prochain et témoigne de la bonne performance du silo dunkerquois, dans un contexte pas forcément facile pour la filière céréalière française.
Troisième silo portuaire français avec un chiffre d’affaires d’un peu plus de 10 millions d’euros, Nord Céréales a exporté 1,3 million de tonnes de céréales lors de la campagne 2017-2018 et en a importé 216 039 tonnes. Son résultat net s’affiche à 1,25 million d’euros en 2017-2018, d’où sa capacité à rémunérer la participation de ses associés. Avec 895 543 tonnes, le blé reste de loin la première céréale exportée par Nord Céréales. Suivent ensuite l’orge avec 347 944 tonnes et la pulpe 8 mm pour un volume de 84 739 tonnes.

Trois sociétés pour de nouvelles activités
Face à la presse, jeudi 22 novembre, puis en assemblée générale le lendemain, Nord Céréales ne cache pas qu’elle doit ses bons résultats à une stratégie de développement de l’importation de produits agricoles (ammonitrates, orge de brasserie, maïs) et non-agricoles (pellets de bois) depuis deux ans. «Tout est parti d’un Tweet dans lequel nous annonçions notre première livraison de pellets de bois à Dunkerque et, depuis, l’activité est en progression», rappelle le directeur de Nord Céréales, Joël Ratel.
En 2017-2018, Nord Céréales a, en effet, servi de base de déchargement à quelque 127 523 tonnes de maïs pour l’amidonnerie, 60 109 tonnes de pellets de bois, 16 913 tonnes d’ammonitrates (27 %) et 2 997 tonnes d’orge de brasserie. La progression de l’activité «import», comme l’envie de toucher à un nouveau segment d’activité, sont telles que la Sica s’est lancée depuis quelques mois dans la création de trois sociétés destinées à porter sa diversification : Dunkerque Import Export (DKE) pour porter l’importation de maïs, pellets de bois, engrais pour les coopératives et négoces et l’exportation pastilles de souffre ; Norceba en lien avec l’entreprise Barra pour l’utilisation de moyens de manutention communs et, enfin, Bois Granulés Dunkerque (BGDK) en lien avec la société Euro Energies pour l’import de pellets et l’ensachage à destination du marché des particuliers. «Essentielle» au développement des différentes activités, selon Laurent Bué, le président de Nord Céréales, cette nouvelle organisation est aussi une manière pour la Sica de préserver son statut coopératif.

20 millions d’euros investis prochainement
«Nord Céréales n’est pas forcément attendu sur un sujet comme le pellet de bois, mais cela permet d’envisager des investissements qui vont profiter à la filière céréales», résume Joël Ratel. Pour assumer son développement, Nord Céréales envisage d’investir quelque 20 millions d’euros «dans les trois à quatre ans à venir», poursuit-il. Et d’ajouter : «Le business plan qui a été présenté aux membres du conseil d’administration et aux partenaires financiers a reçu un accueil favorable.» De son côté, après avoir facilité l’implantation de nouveaux outils de chargement-déchargement face à l’existant, le Port de Dunkerque devrait investir également sur le port central pour permettre à Nord Céréales d’augmenter ses capacités de stockage.

Conforter l’export par la qualité
«La grande nouveauté sur le plan logistique, défend Laurent Bué, c’est que les camions qui arrivent au site de Nord Céréales ne repartiront plus à vide, comme c’est le cas encore pour un trop grand nombre d’entre eux. C’est comme cela que l’on pourra gagner quelques euros sur le transport.» Même si elle envisage de développer ses activités d’import, pas question pour autant pour la Sica Nord Céréales d’abandonner les activités d’export : «Les céréales restent notre cœur de métier, prévient Laurent Bué, et c’est pour cela que nous continuerons à œuvrer au quotidien pour l’amélioration de la qualité et de la traçabilité.» En 2018, grâce à une qualité exceptionnelle des céréales – le PS moyen est de 80, avec un taux de protéines moyen proche de 12 % et 26 de gluten -, «quelques affaires sont en cours», avance Laurent Bué. D’ici la fin du mois de décembre, 700 000 tonnes de céréales auront déjà été exportées, ce qui est supérieur au volume réalisé lors de l’exercice précédent, à la même date.
En termes de destinations, c’est bien le continent africain – Maghreb en tête - qui reste le premier marché des céréales françaises avec le Moyen-Orient, alors même que la destination «Egypte» reste fermée. «Nous espérons un retour en Egypte, confie Joël Ratel, d’autant que nous avons les capacités pour exporter vers cette destination. Mais, ajoute-t-il, il faudrait que la Russie y soit moins présente et que les politiques français fassent davantage la promotion de nos produits là-bas.» Aidé par le lobbying du président Poutine sur le continent africain, le blé russe n’est pas prêt d’y laisser sa place, d’autant qu’il est aussi plus compétitif d’une dizaine d’euros comparé au blé français.

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