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Une encyclopédie des races «vachement» complète

Daniel Brugès et Laurence Barruel se sont associés pour éditer chez De Borée un livre sobrement titré Vaches. Il recèle d’une mine d’informations sur toutes les races bovines présentes en France. Présentation.

Livre Vaches
© De Borée Editions


Exhaustif ! Bien sûr, tout le monde connaît les prim’holsteins, les montbéliardes, les salers, et autres aubracs ou charolaises... On sait aussi que les brunes «ne comptent pas pour des prunes», sans oublier les abondances, les jersiaises et, pour nos amis puydômois, les ferrandaises. On sait les qualités des blanc-bleus et le côté décoiffé des highlands, envié par les blondes... Et ce ne sont que quelques exemples. Car la liste des seules races bovines présentes sur le territoire français est «longue comme le bras». Ou désormais, pourrait-on dire, «épaisse comme un livre» :  celui de Daniel Brugès, illustré de splendides photos de Laurence Barruel.

Portrait de 46 races bovines
Vaches, qui vient de paraître aux éditions De Borée, brosse au fil de presque 200 pages le portrait de 46 races bovines présentes en France, jusqu’à celles aux effectifs quasi confidentiels. Ainsi, qui a entendu parler de la betizu – prononcer «bétissou» – quasiment sauvage ? Ceux qui sont allés au Pays basque peut-être... Les auteurs se sont intéressés à tous les territoires, prenant des contacts aux six coins de l’hexagone, pour y glaner des informations et aussi des témoignages. Car, et c’est là l’originalité de cet ouvrage, pour chacune des races, un éleveur témoigne.
Daniel Brugès, le Cantalien, ne pouvait pas faire autrement que d’adresser des clins d’œil à ses compatriotes. Alors, évidemment, des éleveurs du Cantal apportent leur contribution à cette galerie de portraits, narrent leurs histoires, confient les raisons qui les ont poussés à choisir telle ou telle robe pour leur chepel. Mais le fallacieux auteur sort des sentiers battus et ne sombre ni dans la facilité, ni dans le cliché : lorsque Marie-Claire et Jacques Rouchez de Paulhac, commune située entre Saint-Flour et Pierrefort, parlent d’abondances, dont le berceau est la Haute-Savoie, Marie-Pierre et Franck Paillon, en Haute-Loire, défendent, eux, la race salers, apportant un regard extérieur tout aussi passionné pour la belle rouge... ou noire ! La garantie que personne n’est oublié, les auteurs la tiennent d’une complicité nouée avec l’institut de l’élevage. 

L’abécédaire d’un fils de paysan
«Ce fut l’occasion de quelques découvertes», ne cache pas Daniel Brugès, fils de paysan, fier de rappeler que c’est «un sang d’éleveur qui coule dans (ses) veines». Il se félicite notamment de la féminisation du métier, du maintien d’une belle diversité de systèmes d’exploitation, d’une approche souvent affective des relations entre homme et animal, que les animaux soient soignés pour en faire des bêtes de concours ou, au contraire, qu’on fuit les podiums. «Il fallait surtout qu’il y ait de l’humain», insiste l’auteur, qui espère apporter ainsi sa modeste contribution contre l’agribashing. 
C’est dans le même esprit qu’il a conçu en ouverture de l’ouvrage, un abécédaire. Il va du A comme «Amour» – forcément – à Z, franchement moins drôle, avec «Zoonose». Mais on y trouve aussi le traditionnel F de «Foin» ou le très moderne W pour «Webcam». Un mot aussi sur ceux qui, inspirés par les bovins, en ont fait de l’art, à travers une galerie qui va des fresques préhistoriques aux réinterprétations modernes, en passant par les écrits et les films où la vache tient le premier rôle.  Dans cette véritable encyclopédie dédiée aux bovins, quelques proverbes et dictons avant le bal des races. Et, 120 pages plus loin, avant de refermer ce bel ouvrage, textes et photos des séquences qui rythment la vie des éleveurs : heure de la traite ; transformation fromagère ; transhumance ; notions vétérinaires ; concours, rassemblements et foires aux bestiaux...

Un an de travail
Au total, un an de travail a été nécessaire, en tandem avec Laurence Barruel, qui a réalisé pas moins de 30 à 40 images par race, nécessitant des choix difficiles mais rigoureux, opérés avec l’éditrice et l’auteur avant de tomber d’accord sur un consensus pour n’en garder que le meilleur.  Parmi les moments forts, de la genèse, Daniel Brugès se remémore quelques anecdotes qu’on lui a confiées : un inséminateur obligé de retirer préalablement un thermomètre «conservé» par l’animal ; des touristes qui, lors de visites de fermes, prêtent plus d’attention à ne pas marcher dans une bouse qu’à ce qu’on leur explique ; etc. Plus sérieusement, il s’est ému de l’histoire de la marine landaise, vache que l’on croyait disparue après 1987, jusqu’à ce que l’on retrouve un tout petit troupeau. Un seul. La génétique a fait le reste, on en compte une bonne centaine désormais. Serait-ce le coup de cœur de l’auteur ? Pas sûr, tant l’aubrac, celle qu’élevait son père, tient une place à part. Sans doute secrètement sa favorite.

 

Laurence Barruel

Les spécialités de la photographe professionnelle sont les animaux, la nature, mais aussi les images de plats cuisinés par de grands chefs étoilés, ou encore, la communication de la Région Auvergne- Rhône-Alpes. Sa première collaboration avec Daniel Brugès scelle une complémentarité évidente.

 

La suite se passe... en cuisine

Il n’arrête jamais ! Daniel Brugès a plus de 40 ouvrages à son actif, publiés pour l’essentiel par l’éditeur auvergnat De Borée. Avec une couverture souple, Au village de mon enfance, devenu Au village de notre enfance est paru avant Vaches, la dernière production de l’auteur, en vente partout en France depuis le 1er octobre. L’encre à peine sèche, l’auteur se replonge dans des petits carnets de notes illustrés à paraître au printemps 2021 ; les mystères du Cantal seront réédités avec une surprise quant à leur présentation ; un nouvel ouvrage consacré à des recettes est prévu pour l’automne prochain. Mijotés d’hier et d’aujourd’hui est en cours d’élaboration, en collaboration avec son épouse, Christiane Valat.

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