Politique européenne
Une famille touche 71 millions d’euros d’aides Pac
La famille royale des Emirats arabes unis est montrée du doigt après touché 71 millions d’euros d’aides de l’Union européenne en 6 ans dans le cadre de la politique agricole commune pour des terres agricoles détenues dans plusieurs pays européens.
La famille royale des Emirats arabes unis est montrée du doigt après touché 71 millions d’euros d’aides de l’Union européenne en 6 ans dans le cadre de la politique agricole commune pour des terres agricoles détenues dans plusieurs pays européens.
Dans une enquête publiée le 6 mai, le collectif de journalistes DeSmog, en partenariat avec le quotidien espagnol El Diario et les médias roumain G4Media et britannique The Guardian, affirme que la famille royale des Émirats arabes unis (Al Nahyan) a bénéficié de 71 millions d’euros d’aides de la Pac sur une période de six ans (2019-2024) et qu’elle possède 65 000 hectares de terres agricoles en Roumanie, en Espagne et en Italie.
DeSmog rappelle que la famille Al Nahyan, dont la fortune est estimée à plus de 320 milliards de dollars, est la deuxième plus riche du monde. Sa principale source de financement de la Pac est la société agricole roumaine Agricost qui possède la plus grande exploitation agricole de l’UE avec une superficie de 57 000 hectares. « Rien qu’en 2024, Agricost a perçu 10,5 millions d’euros de paiements directs, soit plus de 1 600 fois le montant perçu par une exploitation agricole moyenne de l’UE », précisent les auteurs de l’enquête.
La Commission européenne « prend note »
Face à ces révélations, la Commission européenne a indiqué le 7 mai « prendre note de l’enquête » tout en rappelant que la Pac est une politique en gestion partagée et que le versement des aides aux bénéficiaires est une prérogative des États membres.
Mais ce détournement géographique des fonds européens est également l’occasion pour Bruxelles d’insister sur les dispositifs de ciblage qu’elle entend mettre en œuvre dans sa proposition de Pac actuellement sur la table des négociations : le plafonnement des aides à 100 000 euros par an et par exploitation et leur dégressivité.
Bruxelles souhaite aussi que « les exploitations d’une certaine taille et dont l’activité agricole n’est pas l’activité principale ne puissent bénéficier d’aucune aide », a rappelé le 8 mai Louise Bogey, porte-parole de la Commission. À cela s’ajoute la création d’un observatoire des terres agricoles, prévu dans la stratégie sur le renouvellement générationnel publiée en octobre 2025, censé améliorer la transparence foncière et prévenir la spéculation.