Aller au contenu principal

Une filière chanvre locale serait-elle en train d’émerger ?

14 ha de chanvre poussent dans la Somme. Il s’agit d’un projet de R&D que mène Noriap avec des partenaires. La coopérative cherche à créer des débouchés dans l’espoir de construire une filière.

Première étape du projet : maîtriser la culture. L’étape sensible sera la récolte, en septembre.
Première étape du projet : maîtriser la culture. L’étape sensible sera la récolte, en septembre.
© Noriap



Êtes-vous passés à côté d’une parcelle de la Somme, dont la culture vous a surpris ? La plante qui y pousse, semée en avril-mai et récoltée de fin août à octobre, peut atteindre en moyenne 3 à 4 m de haut. Son système radiculaire est très développé autour d’une racine pivotante. Sa tige, rarement ramifiée, creuse et cannelée, a un diamètre moyen de 1 à 3 cm. Vous n’avez pas rêvé, il s’agit du chanvre. 14 ha ont été semés chez des agriculteurs bio, coopérateurs de Noriap, dans le cadre d’un projet de R&D. Quelques micro-parcelles servent également à tester différentes variétés.
«Pour répondre aux enjeux agro-environnementaux, nous devons travailler sur de nouvelles rotations, explique Nathalie Ternois, directrice innovation de la coopérative. Le chanvre nous paraît particulièrement intéressant, car c’est une plante écologique par excellence.» Elle ne nécessite aucun traitement fongicide, ni insecticide, ni herbicide au champ : l’implantation et la récolte constituent les deux seules interventions du producteur. «Elle casse le cycle des mauvaises herbes, s’avère un excellent précédent avec 10 % de rendement en plus pour la récolte suivante, son système racinaire profond structure le sol et, en termes d’absorption de carbone, 1 ha de chanvre équivaut à 1 ha de forêt.». Seulement, «le chanvre, ça se mérite», prévient Nathalie Ternois.
Première étape : maîtriser la culture. Si les semis n’ont pas posé de problème, et que la culture pousse ensuite toute seule, l’étape sensible sera la récolte. Chez les adhérents de Noriap qui participent au projet, elle devrait s’effectuer courant septembre, selon la maturité. «La récolte du chènevis (graine, ndlr) s’effectue quatre à six semaines après la date de pleine floraison, précise-t-on chez Terres Inovia, l’institut technique de la filière des huiles et protéines végétales et de la filière chanvre. Cependant, pour une même plante, les graines n’arrivent pas à maturité en même temps. La date de récolte reste un compromis entre la quantité de chènevis mature et les conditions météorologiques qui, si elles se dégradent, peuvent provoquer un égrenage ou la germination sur pied impactant fortement le rendement en chènevis et compromettant la qualité de la paille.» La coopérative, en plus, ne dispose pas du matériel spécialisé.

Une filière à construire
Mais le principal enjeu réside en la construction d’une filière, «que nous devons faire de A à Z», annonce Nathalie Ternois. En France, les acteurs du chanvre se comptent presque sur les doigts d’une main : 6 chanvrières, pour 1 414 producteurs et 17 400 ha (chiffres de 2017), à destination du papier, du bâtiment, de l’automobile et de l’alimentation. «Les marchés semblent déjà pris, mais nous pensons que des débouchés peuvent exploser dans différents domaines, surtout au niveau régional.» Des partenariats sont montés avec d’autres acteurs pour bâtir le projet, dont la Région Hauts-de-France, qui le finance projet à hauteur de 50 %.
Cette année, les chènevis, estampillés bio, seront à destination de l’alimentation humaine. La graine de chanvre est en effet appréciée par la multitude d’apports nutritifs qu’elle contient, comme les minéraux, vitamines, fibres et protéines. L’objectif est de trouver des débouchés pour de plus gros volumes et, surtout, de pouvoir aussi valoriser cette culture en conventionnel.
Noriap veut également réaliser des tests sur la fibre et la chènevotte (partie ligneuse de la tige, la moelle interne qui reste quand on en a séparé la fibre, ndlr). «Pour que la filière soit porteuse, nous devons pouvoir valoriser toutes les parties de la plante.» Cependant, Nathalie Ternois en est bien consciente, «il y a une grosse part de risque et beaucoup d’attentes de la part des agriculteurs en recherche de diversification.» Prochain épisode à la récolte…

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Cette rencontre de Bérangère Abba qui fait bondir les chasseurs
La secrétaire d’État chargée de la Biodiversité est la cible d’une campagne de déstabilisation d’une partie de la communauté…
Une conversion bio à grande échelle dans le Santerre
Adeptes de la protection intégrée et de la conservation des sols, les associés du GIE Les sources du Santerre ont entamé une…
Mickaël et Pauline ont à cœur de transmettre leur métier. Deux apprentis travaillent chez eux, et leur nièce (photo) et leurs trois enfants y passent leur temps libre.
Eleveurs bovins (10/10) : Un bâtiment adapté au bien-être animal… et de l’éleveur
Ils sont éleveurs bovin par choix, et leur professionnalisme leur permet de vivre de leur métier. Fin de notre série à la…
Agr’Innov emploi : le recrutement massif est lancé en Haute-Somme
Les exploitations agricoles du secteur de Péronne ont un besoin conséquent en main-d’œuvre, qu’elles n’arrivent pas à combler. C’…
L’animatrice du programme phare de M6 qualifie affectueusement  Hervé «le picarde» de «Tanguy des champs». 
L'Amour est dans le pré : trois millions de fans ont découvert Hervé «le picard»
Pour la première émission de la saison 16 de «L’amour est dans le pré» au cours de laquelle on a pu découvrir 6 des 12 candidats…
Les connaissances scientifiques concernant l’impact des champs électromagnétiques sur la santé des animaux d’élevage doivent largement être approfondies.
Les champs électromagnétiques, maux du XXIe siècle chez les animaux
Ils seraient des centaines d’éleveurs à témoigner de souffrance de leurs animaux à cause d’installations électriques à proximité…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde