Aller au contenu principal

Une mimolette prête à brûler les planches

Installé sur la ferme familiale depuis deux ans, Tristan Avet lance à partir d'aujourd'hui la commercialisation de la Mimolette d'Éplessier. Une première dans la Somme.

La dernière création fromagère de Tristan Avet est une mimolette baptisée «La Mimolette d'Éplessier», en toute simplicité.
La dernière création fromagère de Tristan Avet est une mimolette baptisée «La Mimolette d'Éplessier», en toute simplicité.
© V. F.



Mardi dernier, au moment de trancher la première meule de mimolette qu'il attend de découvrir depuis plusieurs mois, Tristan Avet était partagé entre excitation et fébrilité. «La bonne nouvelle, c'est que ça ressemble à de la mimolette», constatait-il avant de la goûter et de nous en faire profiter en avant-première. Le résultat ? À n'en pas douter, il est à la hauteur des espérances du jeune fromager. Le fromage qu'il commercialise à partir d'aujourd'hui, vendredi 26 juin, ressemble bien à de la mimolette. Il en a d'abord la forme, l'aspect, la couleur orange caractéristique - il la tire des graines du roucou -, mais surtout, il en a le goût. Après trois mois d'affinage dans les caves de la ferme du Pont neuf, la «Mimolette d'Éplessier» peut donc être vendue sous l'appellation «jeune». Pour obtenir des morceaux de mimolette «demi-vieille» et «vieille», il faudra en revanche encore attendre quelques mois. Sur la quinzaine de «boules» fabriquées pour cette première, environ la moitié sont conservées pour vieillir encore un peu, jusqu'à douze mois.

De la holstein à la jersiaise
Une fois affinée, chaque mimolette pèse entre 3,5 et 4 kilos. Sa fabrication aura nécessité, au préalable, entre 35 et 40 litres de lait. Celui-ci est produit par le troupeau d'environ 90 vaches laitières de race Holstein du Gaec du Pont Neuf au sein duquel Tristan est associé avec ses parents. Mais un changement prochain devrait aider Tristan à améliorer son rendement et la qualité de ses fromages : «On est en train de basculer de la race Holstein vers la race jersiaise, explique-t-il. La jersiaise produit un peu moins de lait, mais les taux sont meilleurs.» En attendant, quelle que soit la race, le jeune éleveur-fromager attache une importance qualité à l'hygiène de la traite : «Il faut absolument éviter les butyriques qui vont faire gonfler les fromages pendant l'affinage...» Tout au long de cette période, les fromages sont régulièrement frottés à l'aide d'une brosse et retournés.

Des recettes inspirantes
Installé sur la ferme familiale depuis deux ans, Tristan Avet en connait déjà un rayon sur les fromages à pâte pressée, mais pas seulement. Son magasin de vente à la ferme, Douceur de lait, et ses autres circuits de distribution lui permettent en effet de commercialiser de nombreux fromages aux saveurs originales : Tomme à l'ail des ours, au safran, au cumin, fumée..., le Pont Neuf, le P'Avet ou encore le Triple crème, avec un certain succès. Yaourts, crèmes dessert, beurre et fromage blanc viennent compléter une offre de produits laitiers qui occupe largement Tristan, ses parents, trois salariés à temps plein, un apprenti et deux salariés à mi-temps. Pourquoi alors avoir choisi de se lancer dans la mimolette ? «Dans toutes les fermes que j'ai pu visiter dans le Nord, j'ai trouvé de la mimolette. Dans la Somme, je dois être le premier à en faire...» Car avant de revenir s'installer sur la ferme familiale et de lancer sa fromagerie, Tristan Avet a suivi des formations auprès de l'association régionale des vendeurs directs de produits laitiers (ARVD) et a pris conseil auprès d'autres agriculteurs-fromagers. Les différentes recettes lui sont inspirées par sa mère, «passionnée de cuisine (...). On fait des tests, et si cela nous plaît, on lance la commercialisation». Pari gagné avec la Mimolette d'Éplessier.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Au coeur de nos terres avec Mathilde Seigner
« Au cœur de nos terres » et les tensions du monde agricole sur France 2

Entre drame familial et enjeux fonciers, la fiction « Au cœur de nos terres » met en lumière les fragilités et les…

Régis Desrumaux président FRSEA Hauts-de-France
Régis Desrumaux élu à la tête de la FRSEA Hauts-de-France, dans la continuité de son mandat dans l’Oise

Réélu en février à la présidence de la FDSEA de l’Oise, Régis Desrumaux prend désormais les rênes de la FRSEA Hauts-de-France…

guerre Etats-Unis Iran Espagne mesures engrais carburant
Avec la guerre en Iran, le gouvernement espagnol débloque 877 millions pour l'agriculture et la pêche

Le gouvernement espagnol a annoncé le 20 mars avoir adopté un paquet de mesures d'urgence de plus de 877 millions d’euros (M…

Vincent Lepers et Simon Pointel, président et salarié de la Cuma de Belloy-sur-Somme, ont la même optique de travail : «la communication avant tout».
À la Cuma de Belloy, des machines, mais surtout des Hommes

À la Cuma de Belloy-sur-Somme, c’est l’humain qui fait tourner les machines. Elle regroupe une quarantaine de fermes et fêtait…

harcèlement agression sexuelle Coordination rurale
Sur fond de soupçon de harcèlement et d’agression sexuelle, le SIA tourne au vinaigre pour la CR

La Coordination rurale (CR) traverse une crise interne majeure après des révélations d'agression sexuelle. J. L., 3e vice-…

Ce que la guerre de Trump contre l’Iran coûte à l’agriculture régionale

La guerre menée par les États-Unis contre l’Iran provoque un choc économique qui se répercute directement sur l’agriculture…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde