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Une salle de traite entièrement rénovée

Le Gaec Huard Chauveau, situé à Fruncé (Eure-et-Loir) produit 510 000 l de lait avec ses 50 vaches laitières. Les époux associés ont fait le choix de renouveler leur salle de traite et de l’agrandir pour plus de confort. 

Le Gaec Huard Chauveau est une exploitation familiale. Les époux Élisabeth et Bastien Huard se sont installés le 1er janvier 2017. Fille et petit-fils d’agriculteurs, passionnés d’élevage, ces jeunes agriculteurs ont repris le flambeau et regroupé deux exploitations familiales en créant le Gaec Huard Chauveau. Le site principal est situé à Fruncé (Eure-et-Loir) et s’étend sur 107 ha. Le site secondaire est situé à côté de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir) à plus de 35 km. Il est dédié aux grandes cultures sur 28 ha. Leurs cinquante vaches laitières de race prim’holstein produisent au total 510 000 l de lait chaque année qui sont vendus à Lactalis. En 2019, ils ont fait le choix de rénover leur salle de traite et de l’optimiser, passant d’une 1x6 places à 2x6 places en épi. Un choix raisonné pour les associés. 

 

Un troupeau à l’herbe huit mois sur douze 

Le cheptel du Gaec est issu d’une lignée travaillée depuis plusieurs générations. «Nous avons toujours eu des vaches laitières dans la famille, des prim’holsteins à 100 %. En plus de nos critères de sélection (santé, mamelle), nous travaillons la qualité du lait. Les taux ont été bien travaillés par mes parents. Aucune vache laitière n’a été achetée depuis 1970, nous les faisons inséminer», explique Élisabeth Huard. En moyenne, leurs vaches produisent entre 8 500 et 9 000 l de lait par an, avec des taux à 45 en TB (taux butyreux) et 33 en TP (taux protéique). «Nos génisses vêlent à trois ans, et nous réformons les vaches en moyenne vers sept-huit ans, voire plus. C’est notre conduite de troupeau, notre choix d’éleveurs», pointe Bastien Huard. 

Côté alimentation, l’exploitation est autosuffisante. La ration est composée d’ensilage de maïs et d’herbe, d’orge, de tourteaux de soja et de colza. Les vaches ont accès aux 18 ha de pâtures huit mois sur douze. «Les sols sont hétérogènes mais portants, de type argile à silex», poursuit Bastien Huard. 7 ha de prairies sont dédiés à la fauche. 

 

Un plan d’investissement raisonné 

Récemment installés, les époux ont raisonné leur plan d’investissement sur l’exploitation en restant prudents pour pouvoir pallier les difficultés. «Nous nous sommes installés juste après la moisson de 2016 où les rendements étaient de 30 qx, après la crise laitière, et nous avons dû financer un remembrement. Notre plan économique intégrait le risque d’une mauvaise année comme 2016. Si une mauvaise année venait à se produire, nous voulons pouvoir l’assumer. Nous souhaitons aussi vivre correctement de notre activité et raisonnons nos investissements», poursuivent-ils. 

D’autant que les étés très secs des années précédentes ont fait rapidement mûrir un projet d’irrigation, devenue indispensable pour sécuriser la ration des vaches laitières en qualité et quantité. «Entre le coût d’achat de l’aliment pour compléter le manque de fourrage, la mauvaise qualité d’un maïs ensilage non irrigué les années sèches, les problèmes de production laitière et de reproduction du troupeau que nous avons rencontrés, l’irrigation est un projet coûteux mais nécessaire pour sécuriser les fourrages», relève Bastien Huard. 

 

Des améliorations au quotidien 

Lorsqu’ils ont fait le choix de rénover la salle de traite qui datait de 1986, leur choix s’est porté vers une nouvelle salle de traite DeLaval, plus grande et plus confortable, en lieu et place de l’ancienne, moyennant l’aménagement des deux quais. «Nous avons pris du confort : les griffes sont bien plus légères, le décrochage automatique, les indicateurs de productions, les portes automatiques... Ce sont plein de petits plus qui nous aident au quotidien», soulignent les éleveurs.  

Le montant total de l’investissement matériel est de 59 000 € HT hors maçonnerie, et une révision chaque année entre 1 000 et 1 100 €. L’installation de la salle a été mémorable : «Nous avons dû installer une salle de traite temporaire pour faire les travaux. Mais le maçon qui devait faire le béton pour accueillir la nouvelle salle s’est désisté au dernier moment. Nous avons dû faire la maçonnerie nous-mêmes en plein dans les ensilages, les orges, les foins...», se remémorent-ils.

 

Le bon compromis sur l’exploitation 

Les vaches sont hébergées dans une stabulation sur aire paillée sur le site principal de l’exploitation. «L’accès aux pâtures n’est pas tout à fait facile, il y a un chemin communal à traverser. Cela implique de sortir les vaches le matin et de les rentrer le soir. C’était un des arguments qui a fait pencher la balance en faveur d’une nouvelle salle de traite, explique Élisabeth Huard. Notre cheptel sera maintenu à 50 vaches laitières, 60 l’hiver et 40 l’été, ce qui est trop juste pour un robot. Chez nous, cela aurait nécessité une stabulation neuve, ce qui n’est pas envisageable.» 

S’ils reconnaissent que la traite est physique et que le robot peut soulager les éleveurs, les exploitants trouvent aussi un confort à être autonomes. Leur organisation ne leur permet pas d’être appelés à tout moment en cas de problème avec le robot, notamment lorsqu’ils sont sur leur deuxième site. «Dans notre exploitation, le robot n’est pas adapté tant économiquement que sur d’autres critères. Nous souhaitons maintenir un équilibre à 50-50 entre l’activité d’élevage et les cultures. La salle de traite est intéressante pour nous», concluent-ils.

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