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Viande ovine : il faut susciter la consommation

Le marché de la viande ovine est actuellement porteur. La Fédération nationale ovine continue ses actions pour promouvoir le métier et la production. Elle l'a expliqué lors de sa tournée régionale à Amiens.

«Il faut continuer à travailler sur l’étiquetage des produits et la mise en avant de l’agneau français sans opposer l’agneau français à l’agneau étranger, car nous avons besoin des deux. Le marché de l’agneau est un marché d’offre et non de demande, il faut susciter la consommation», a précisé Patrick Soury.
«Il faut continuer à travailler sur l’étiquetage des produits et la mise en avant de l’agneau français sans opposer l’agneau français à l’agneau étranger, car nous avons besoin des deux. Le marché de l’agneau est un marché d’offre et non de demande, il faut susciter la consommation», a précisé Patrick Soury.
© AAP

Comme chaque année, la Fédération nationale ovine (FNO) réalise des tournées régionales. Pour les régions du Nord, de la Picardie, de l’Ile-de-France et de la Haute-Normandie, une quinzaine de personnes s’est réunie à Amiens le 19 janvier. Valéry Lecerf, éleveur dans le Pas-de-Calais, ainsi que Philippe Dubuisson, éleveur dans l’Eure, ont été réélus en tant qu’administrateur régional à la FNO.
L’un des gros dossiers sur lesquels la FNO se mobilise est la prédation qui ne cesse d’augmenter. «En 2015, il y a eu 8 935 victimes et 2 440 attaques. 34 loups ont été prélevés. Le ministère montre un réel engagement sur le dossier, avec notamment l’assouplissement de la réglementation. Mais le travail doit se poursuivre, en continuant à sensibiliser les députés européens et français afin de déclasser le loup», a expliqué Mylène Foussier, chargée de mission à la FNO.

6,32 €/kg de carcasse en moyenne pour 2015
En Chine, les importations de viande ovine ont explosé en 2013 et 2014. «La tendance s’inverse en 2015, car la production est en hausse en Chine, et la demande intérieure se tasse en raison d’un ralentissement économique et d’un prix élevé de la viande ovine. La Chine reste toutefois un acteur majeur en 2015. En Nouvelle-Zélande, le cheptel ovin a diminué de 4,5 % par rapport à 2014, et laisse plutôt place à l’élevage laitier. Cependant, la production est en légère hausse, car la productivité a augmenté de 13 %», a expliqué la chargée de mission.
La France est le deuxième consommateur et le troisième producteur européen de viande ovine. La production est toutefois insuffisante pour répondre à la demande qui dépend fortement de l’exportation. «La consommation de la viande ovine en France correspond pour 38 % à des ovins issus des exploitations françaises et pour 59 % à de la viande ovine importée. La France importe 24 % de sa viande ovine du Royaume-Uni, 11 % d’Irlande et 10 % de la Nouvelle-Zélande», a expliqué Mylène Foussier.
Cependant, la baisse du cheptel ovin ralentit en France. A cela, plusieurs explications : soit une hausse de la productivité numérique, soit moins d’agnelles de renouvellement ont été conservées au profit de la conservation des brebis.
Les importations viandes ovines continuent de chuter, et sont quasiment tous les ans en baisse en raison de la diminution de la consommation. Les achats des ménages ont en effet baissé de 9,5 % par rapport à 2014 sur onze mois, hors restauration hors domicile, selon le panel Kantar. «Se pose la question d’une autre valorisation de la viande d’agneau comme fabriquer, par exemple, du steak haché d’agneau avec les invendus notamment. C’est un sujet sur lequel nous devons réfléchir en termes de praticité, et d’un point de vue industriel les outils ne sont pas appropriés», a souligné Patrick Soury, éleveur en Charente, secrétaire général de la FNO et président d’Inn’Ovin. Le prix moyen s’élève à 6,32 €/kg de carcasse en France, soit une baisse de 0,5% par rapport à 2014.

L’aide ovine 2015 a été versée en totalité
«La production ovine a été la seule avec les caprins à recevoir la totalité de l’aide ovine 2015 en décembre», a souligné la chargée de mission. Et de poursuivre : «L’aide de base a été plus basse que prévue. Elle s’élevait à 15,25 euros. A noter que plus de 80 % des éleveurs en France ont aussi touché la majoration des 6 euros, ce qui a fait baisser l’aide de base.» Pour 2016, il n’y a pas de changement pour l’aide ovine. Petit rappel, la demande doit être déposée avant le 1er février.

Inn’Ovin : + 10% d’agneaux en 2020
Le programme Inn’Ovin a été mis en place en 2015 suite au programme Reconquête ovine. «Il y a des actions à destination des techniciens, des éleveurs ovins, mais aussi ceux qui ne sont pas éleveurs», a expliqué Patrick Soury. Et de continuer : «En région, des actions comme les Ovinpiades sont mises en place. L’objectif est de créer une dynamique au sein de la région et optimiser ce qui est fait par le recensement des actions en élevage ovin.» Pour 2016, le dispositif d’accompagnement financier est conservé. Le principal objectif est d’augmenter de 10 % les agneaux en 2020.

FCO : vaccination volontaire et gratuite

Depuis la découverte du virus, il n’y a pas assez de vaccin. La priorité a ainsi été donnée aux animaux destinés à l’export, puis à ceux qui sont en schéma de sélection. A partir des mois de février et mars, une seconde phase de vaccination va se mettre en place. «La vaccination sera volontaire : les éleveurs pourront vacciner pour protéger leur cheptel, et ce, peu importe la zone où l’élevage se trouve. Cette vaccination pourra être réalisée par l’éleveur, sauf si un certificat est nécessaire pour l’export, par exemple. Autre point très important : les vaccins seront gratuits pour les éleveurs», s’est réjoui Patrick Soury, secrétaire général de la FNO.
Dans la pratique, aucune information officielle n’a été publiée à ce jour. Les éleveurs devront se rapprocher de leur vétérinaire sanitaire. Nous reviendrons vers vous dès que nous aurons des informations plus précises.

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