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Vous pouvez valoriser la chaleur du lait

Un récupérateur de chaleur permet de diminuer de 70 à 80 % la consommation électrique du chauffe eau.

© AAP

En élevage laitier, la consommation électrique du chauffe eau représente en moyenne 27 % de celle du bloc traite, soit près d’un quart de celle de l’exploitation. Elle varie de 10 à 35 Wh par litre de lait. C’est le premier poste de consommation électrique pour les élevages de moins de 300 000 litres de lait par an. L’installation d’un récupérateur de chaleur permet de faire baisser de 60 à 90 % la consommation électrique du chauffe eau. L’économie moyenne est de l’ordre de 13 Wh par litre de lait.

Préchauffer l’eau avec les calories du lait
Le récupérateur de chaleur récupère les calories du lait via le liquide frigorigène et les transmet à de l’eau. Cette eau qui peut atteindre plus de 50°C est stockée dans un ballon avant d’être chauffer à 68-70 °C par le chauffe eau.
Le fluide frigorigène circule grâce au compresseur et l’eau grâce à un circulateur. Contrairement au pré-refroidisseur l’eau circule en circuit fermé. La circulation de l’eau peut être régulée automatiquement par un calorstat à 50-55°C, ou par une vanne thermostatique qui peut être réglée manuellement.
Moins la quantité d’eau chaude est importante vis-à-vis de la de la quantité de lait produite, plus l’économie d’énergie sera importante. Le retour sur investissement sera ainsi plus rapide pour les productions annuelles de lait élevées.
Il existe trois grands types de pré-refroidisseurs. Le pré-refroidisseur à plaques prend peu de place mais est sensible à l’encrassement. Un filtre à calcaire est très fortement recommandé. Plus la surface d’échange et donc de plaques est importante plus il sera efficace. Le récupérateur de chaleur tubulaire en serpentin est plus encombrant mais nécessite moins d’entretien. Le récupérateur de chaleur intégré à la paroi d’un ballon de pré-stockage. Le liquide frigorigène circule à l’intérieur de la paroi du ballon. Dans certains cas le ballon recevant l’eau préchauffé est muni d’une résistance. L’ensemble remplace alors le chauffe eau.
Pour les productions de lait annuelles de plus de 600 000 à 700 000 litres, l’installation d’un récupérateur de chaleur peut être couplée à celle d’un pré-refroidisseur. En effet la quantité de calories stockée dans le lait sera suffisante pour alimenter les deux équipements.

Les autres avantages du récupérateur de chaleur
La consommation électrique du tank est réduite d’environ 7%, et la durée de refroidissement du lait de 3 minutes en moyenne. En effet, l’eau d’entrée du récupérateur de chaleur étant plus fraiche que l’air entrant du condenseur, l’échange thermique est amélioré et le tank fonctionne à une pression moindre.
Certains frigoristes ont remarqués un moindre risque d’arrêt du tank en cas de fortes chaleurs.
Lorsque le chauffe eau conditionne un abonnement électrique double tarif, le récupérateur de chaleur en limitant la durée de son fonctionnement peut permettre de passer en simple tarif moins onéreux.

Un entretien régulier pour une bonne efficacité et éviter les déconvenues
Ayant besoin d’intervenir sur le circuit frigorifique, l’installation et l’entretien du récupérateur de chaleur ne peuvent se faire que par un frigoriste. Pour limiter le coût, il peut être installé dès l’achat du tank. Pour la même raison il est conseillé de faire réaliser l’entretien du récupérateur de chaleur en même temps que le contrôle annuel du tank. A ce sujet, certains récupérateurs disposent de vannes de vidange sur le circuit d’eau qui facilite le détartrage.
Il est déconseillé d’utiliser un ballon trop petit. En effet l’eau, circulant en circuit fermé, risque d’être un peu trop chaude pour assurer une bonne efficacité. Pour les tanks à détente directe, fonctionnent 2 fois par jour, la quantité d’eau nécessaire correspond au lavage d’une traite et du tank. Pour ceux à eau glacée, qui fonctionnent une fois par jour, le stockage devra couvrir les 2 traites et le lavage du tank.
Le dimensionnement du récupérateur de chaleur doit être adapté à la puissance du groupe frigorifique. La qualité de l’eau utilisée est particulièrement importante pur les échangeurs à plaques car l’espace entres celles-ci est réduit. La pose d’un filtre est très fortement recommandée. Pour les échangeurs intégrés à la paroi du ballon de pré-stockage l’anode qui protège l’intérieur du ballon métallique des éléments corrosifs doit être changée à intervalle régulier.
En cas de location du tank, l’accord du propriétaire est indispensable pour installer un récupérateur de chaleur.

Une aide à l’investissement de 40 % : le PPE
Le Plan de performance énergétique (PPE) permet de subventionner des investissements liés aux économies d’énergie comme l’isolation de la laiterie et le récupérateur de chaleur. Le taux d’aide de 40 % monte à 50 % pour les jeunes agriculteurs aidés.
Un diagnostic énergétique de l’exploitation est réalisé au préalable pour connaître les postes les plus énergivores de l’exploitation et les moyens de les réduire. L’économie réalisable est également estimée. Les dossiers doivent être réalisés d’ici le printemps 2013.

Exemple d’un Gaec de trois associés.
Montant de l’investissement : ..............3 372 €
Montant de l’aide PPE (40%) : ...............1 349 €
Reste à financer : ..............................2 023 €
Economie annuelle estimée (8250 kWh) : ...737 €
Retour sur investissement : ....................3 ans


Visites de ferme
La chambre d’agriculture de l’Aisne propose fin janvier deux demi journée de visite de ferme avec équipements d’économie d’énergie du bloc traite. Seront présentés à cette occasion les différents matériels éligibles aux aides PPE, leurs fonctionnements, leurs avantages et les points clés pour la réussite de leur l’installation. L’agriculteur fera part de son expérience personnelle.
Ce temps d’échange aura lieu :
- en Thiérache le mardi 29 janvier à 14h à Morgny en Thiérache au Gaec Leclercq du Grand Pré - 7 rue du Grand Pré,
- et dans le Soissonnais le jeudi 31 janvier à 14h chez Michel Gruson à Guny - 4 rue de l’avaloir puis à la Scea Pole lait de Courson (Joseph Leterme) à Landricourt.

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