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Xavier Ribaucourt : un parcours vers la réduction des traitements

Membre du réseau de fermes de démonstration Déphy, un agriculteur du Santerre ouvre ses portes.

© AAP

Agriculteur à Laboissière-en-Santerre, Xavier Ribaucourt a pour objectif de maitriser les charges d’intrants en stabilisant la marge des cultures au bon niveau où elle se situe. Le groupe Dephy grandes cultures, auquel il participe depuis les débuts en 2010, lui permet de valoriser des pratiques qui vont dans ce sens, et de continuer d’apprendre et d’échanger sur le sujet avec d’autres agriculteurs qui peuvent emprunter d’autres démarches de réduction phyto.
C'est peu de temps après son installation, qu'il a adhéré à la démarche agriculture raisonnée avec un groupe de Montdidier. Il a fait ensuite partie d’un réseau de fermes de référence picardes suivies par la chambre d’agriculture de la Somme. Pour continuer dans ce sens, dans les années 2000, Xavier Ribaucourt a pris part dès son démarrage à la démarche «Qualiterre» qui lui a donné une qualification à la suite d’un diagnostic.

Le bas-volume
L’adhésion au groupe Dephy a été synonyme de mise en œuvre de techniques de bas-volume, qui permettent une réduction de dose, et au final une réduction des IFT et un gain au niveau des marges. A ce jour la pulvérisation se fait à 60 l/ha, avec des buses Teejet jaunes et une pression à 1,5 bar et une vitesse à 10 km/h.
Des méthodes de protection intégrée ont été mises en place, comme sur blé la réduction de la densité grâce à un semis de précision, en lien avec une réduction de fongicides. Les insecticides deviennent rares, «à vue», et les régulateurs ne sont plus utiles. Les désherbages d'automne ont été supprimés et remplacés par un unique passage au printemps. Résultat des IFT en 2012 : 1,46 en herbicides, 2,60 en fongicides, pas d' insecticides ni de régulateurs en 2012. Pour les fongicides, c’est un programme de quatre applications tous les quinze jours, classique en bas volume, qui permet une couverture prolongée, mais avec une réduction plus difficile étant donné le caractère préventif de l’application.
Les insecticides, au fur et à mesure du temps, sont devenus moins nécessaires, et l’observation en cuvette jaune couplée à l’utilisation du BSV (bulletin de santé du végétal), permet des réductions fortes d’usage.
En pois, colza et lin textile, la réduction de dose est aussi couplée au bas volume, pour tous les types d’application.
Le travail sur les légumes industriels est évidemment plus compliqué, l’exigence de l’aval en termes de qualité du produit interdisant toute prise de risque.
Si Xavier Ribaucourt avait un message à faire passer suite à la mise en œuvre de ces techniques, ce serait l’importance primordiale des bonnes conditions d’applications : vent minimal et hygrométrie maximale. C’est bien quand la culture est «pourrie» d’eau que le produit va faire pleinement effet.

Gain en marge
La réduction d’utilisation des phytos permet de gagner en marge à l’hectare malgré l’augmentation du nombre de passages. L’exploitation reste donc très compétitive, et est bien classée dans les moyennes du centre de gestion.
Xavier Ribaucourt a contracté un PEA (plan eau agriculture) avec l’Agence de l’Eau Artois Picardie, qui lui permet de financer des itinéraires bas intrants en blé : choix de la variété parmi une liste définie de variétés plus tolérantes aux champignons, pas de régulateur, etc… La prise de risque est ainsi financée.

IFT : des résultats
Xavier Ribaucourt voit que la réduction chez lui se passe plutôt bien, on arrive actuellement à environ 70% de la moyenne régionale, 66% en hors herbicides et 81% en herbicides. Le travail de réduction est généralement plus difficile en herbicides, notamment sur ses terres car la pression ray-grass se fait sentir depuis quelque temps, et il faut savoir intervenir assez tôt à une dose assez efficace pour ne pas risquer l’infestation. La démarche Dephy prend bien ces spécificités en compte : l’objectif n’est pas de plus traiter, mais d’avoir moins besoin de traiter en travaillant sur la rotation, le travail du sol, les implantations…

La démarche Dephy spécifique à chaque exploitation
La réduction phyto doit être envisagée en fonction du contexte et des contraintes de chaque exploitation. Dans son cas, Xavier Ribaucourt est contraint à un résultat impeccable sur légumes et pomme de terre. La technique de passage à bas volume en conditions optimales est possible car le parcellaire s’y prête bien, et qu’il applique lui-même. La présence d’un salarié sur les traitements rendrait les choses plus difficiles. Le gain de temps réalisé permet à Xavier Ribaucourt de se consacrer pleinement à ses activités de maire du village de Laboissière-en-Santerre !

Portes ouvertes le 20 juin

Les réseaux de fermes de démonstration Dephy (Démonstration, expérimentation et production de références sur les systèmes économes en phytosanitaires.) expérimentent des techniques innovantes et économes en produits phytos. Les chambres d’agriculture de Picardie proposent le jeudi 20 juin de 9h30 à 12h30 une visite de l’exploitation de Xavier Ribaucourt à Laboissière-en-Santerre.
Ce dernier apportera son témoignage sur ses motivations, les évolutions de son exploitation, les stratégies mises en œuvre pour réduire et améliorer l’utilisation des produits phytosanitaires. Les ingénieurs Dephy présenteront les actions du réseau, l’animation territoriale et les premiers résultats de trois des cinq réseaux Dephy picards.

Inscription pour le repas avant le 17 juin auprès de Virginie Vasseur :
v.vasseur@picardie.chambagri.fr

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