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Zoé Prudhomme, une étoile du hunter samarien

Les écuries de Belloy-sur-Somme accueillent, ce 3 avril, une étape du circuit régional de hunter.
La locale de l’étape, Zoé Prudhomme, compte bien s’illustrer. Portrait d’une jeune cavalière effrénée.

Les chevaux ont toujours fait partie de la vie de Zoé Prudhomme. Il faut dire qu’elle a grandi aux écuries familiales de Belloy-sur-Somme. Très jeune, elle a contracté le virus de la compétition. «J’ai participé à mes premiers concours à poney vers cinq ou six ans. Je devais avoir sept ans lors de mon premier championnat. Les compétions, c’est mon moteur», assure-t-elle. 

À quinze ans, la cavalière enchaîne les épreuves, surtout en hunter, sa discipline favorite. «Je suis très perfectionniste. J’aime quand tout est propre. Et contrairement au CSO (concours de saut d’obstacles) où c’est la vitesse qui prime, le hunter récompense les beaux parcours.»  Ce 3 avril, elle concourra à la maison, lors d’une épreuve du circuit régional de hunter, avec Aristo Courcelle, Selle français de douze ans, et Djingle Speed d’Extra, Poney français de selle de neuf ans. L’objectif du jour : faire le plus beau parcours possible, comme à chaque fois, pour engranger un maximum de points. «J’aimerais monter sur le podium du challenge.» L’étape de Belloy est le deuxième rendez-vous du circuit de cinq étapes. 

Pour se démarquer face à une concurrence certaine, Zoé devra réussir à tirer le meilleur de ses chevaux, tous les deux très différents. «Djingle, je le connais par cœur. Cela fait quatre ans que nous tournons en concours ensemble.» Le couple a commencé en épreuves Poneys et il s’illustre aujourd’hui au niveau Amateur, plutôt destiné aux chevaux. «Ce poney a bon cœur. Il est souple et agréable à monter. Mais c’est aussi un trouillard. Il peut vite être déconcentré par ce qui se passe autour de la piste. Il est aussi têtu. Il peut tout donner, mais quand il a décidé de ne pas faire, c’est compliqué !» Djingle a offert à Zoé des souvenirs inoubliables. «Notre troisième place au championnat de France, en Poney Élite à Lamotte-Beuvron, en 2019, est un des plus beaux. Ma première année au niveau Amateur qui a suivi a été géniale.»

Depuis un an, Djingle partage sa cavalière avec Aristo, acquis pour pouvoir progresser davantage. «Il est aussi très généreux. Il peut pardonner beaucoup d’erreurs. Il saute vraiment bien, avec beaucoup de force. Mais ça n’est pas toujours évident à gérer. J’ai parfois peur de perdre le contrôle.» Concourir à la maison ne sera pas forcément un avantage pour Zoé, au contraire. «La piste est en pente, et j’ai du mal à conserver son équilibre dans la descente. Il est aussi davantage en confiance qu’à l’extérieur, et il peut tirer encore plus.»

 

Apprendre à se faire confiance

Les conseils d’Élise Magnier, sa maman et aussi sa coach, lui sont précieux. «En concours, ma mère va à l’essentiel, elle me rassure. Elle connaît aussi les chevaux par cœur.» Élise sait respecter le fonctionnement de sa fille. «Elle est compétitive et déterminée. Une de ses forces est sa grosse faculté de concentration. Je sais d’ailleurs qu’elle a besoin d’être seule à l’entrée de piste. C’est le moment où elle se met dans sa bulle.» «Au paddock d’échauffement, je me pose beaucoup de questions. Quand c’est une épreuve importante, j’ai même la boule au ventre. Mais une fois que j’entre en piste, je suis juste focalisée sur ce que j’ai à faire», avoue Zoé. Elle travaille dur pour combler ses défauts. «Je peux vite me contracter, et donc contracter mon cheval.» Pour Élise, elle doit surtout gagner en confiance en elle. «Elle manque encore de sérénité en concours, surtout lors des grosses épreuves. Elle doit aussi apprendre à relativiser. Elle est tellement perfectionniste qu’elle est rarement contente d’elle.»

Ce perfectionnement s’acquiert à force de travail. Zoé monte cinq jours sur sept : entraînement à l’obstacle, en dressage, en extérieur... «Le lundi et le jeudi soir, avec le collège et les devoirs le soir, c’est compliqué.» Cet acharnement est moins flagrant pour les études. «L’école, c’est le strict minimum», rit-elle. Difficile parfois de concilier la classe de 3e avec les week-ends de concours. «On part quelquefois loin, donc on embarque le vendredi, et on rentre le dimanche soir. Après avoir soigné les chevaux et pris ma douche, je me mets au travail scolaire tard le soir. Il faut trouver la motivation.» Il n’empêche que l’équitation est son équilibre vital.

 

Le hunter, une harmonie cavalier-cheval

Le hunter consiste à enchaîner un parcours d’obstacles avec la plus grande harmonie possible. La discipline a été conçue à l’origine pour occuper les cavaliers de chasse à courre en dehors des périodes de vénerie. Cette origine explique la recherche de l’élégance dans le toilettage des chevaux et la tenue des cavaliers, ainsi que le profil des obstacles (massifs, naturels, appelés…). Contrairement au CSO (concours de saut d’obstacles), le chronomètre n’influe pas le classement. En hunter équitation, le jury se concentre sur le cavalier : sa position, l’emploi de ses aides et son efficacité. En hunter style, le jugement concerne le modèle, la locomotion et le style à l’obstacle du cheval.

 

Un challenge régional dynamique

Pour booster la compétition en Hauts-de-France et créer davantage de liens entre les centres-équestres, le Comité régional d’équitation (CRE) a relancé des circuits régionaux deux ans après le premier confinement. Six disciplines sont concernées : CSO, dressage, concours complet, hunter, attelage et endurance. En hunter, la première étape a eu lieu à Roubaix (59) le 20 mars. Suivent Belloy-sur-Somme (80) ce 3 avril, Le Touquet (62) les 23 et 24 avril, Demuin (80) le 15 mai, et Lassigny (60) le 12 juin. «Ça dynamise notre discipline, surtout dans les autres départements, dans lesquels les clubs sont moins investis que dans la Somme. C’est aussi l’occasion de découvrir de nouveaux sites, très sympas», approuve Élise Magnier. 
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