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Anticiper pour bien penser son bâtiment d’élevage

Aménagement, agrandissement, construction d’un bâtiment d’élevage, implantation d’un bloc traite ou pour tout autre investissement, prendre le temps de la réflexion est un gage de bonne conception et de bien-être quotidien pour l’éleveur et son troupeau.

Un projet : dans quel cadre et pour quels objectifs ?

Un bon investissement répond à un besoin précis ou global sur l’exploitation. Cela peut être, la nécessité de répondre à l’agrandissement de la structure suite à l’installation d’un nouvel associé, de remplacer un équipement devenu vétuste ou bien encore moderniser l’outil de production pour accroître le confort de travail. Quoi qu’il en soit, il est important de bien fixer les objectifs de l’investissement afin de bâtir le projet qui y réponde le mieux possible.

 

Un maître-mot : évolutivité

Une fois les objectifs clairement définis et priorisés, la phase de réflexion technique peut commencer. À cet instant, il est important de ne pas se limiter à l’étude de la solution la plus évidente, l’exploration de toutes possibilités peut révéler des alternatives intéressantes ou inspirantes. Par exemple, le choix de l’équipement de traite laisse de nombreuses possibilités qui seront plus ou moins adaptées aux objectifs initiaux : salle de traite épi, TPA, roto ou bien encore installation robotisée. L’étude, même rapide, de chaque solution permet au minimum de ne pas avoir de regret. Cela vaut également pour le choix du mode de logement (logettes/aire paillée), mais aussi la gestion des effluents (fumier/lisier) qui aura un impact au niveau des pratiques agronomiques de l’exploitation.

Quand ces différents choix sont réalisés, vient ensuite le dimensionnement du bâtiment et/ou de(s) l’équipement(s) en adéquation avec les objectifs à court et long termes, tout en restant sur un investissement économiquement viable pour la structure. 

En parallèle de ce dimensionnement et toujours dans l’objectif d’aboutir à un plan cohérent, il conviendra de prendre en considération, dès le début de la réflexion, les contraintes du terrain d’implantation (niveaux de terrain, présence des autres bâtiments et annexes, limites séparatives, tiers…) afin de répondre aux objectifs d’organisation du travail et aux contraintes réglementaires. 

Dans tous les cas, l’évolutivité de l’investissement est primordiale pour répondre aux besoins d’avenir de la structure afin d’éviter de bloquer toute adaptation ou agrandissement futur. Nous éviterons ainsi toujours, par exemple, d’implanter une fumière ou une fosse en bout de bâtiment sous peine de limiter toute extension. Il pourrait aussi être prévu une maçonnerie de salle de traite afin d’accueillir des postes supplémentaires, un éventuel projet de transformation laitière... Souvent peu coûteuses, ces anticipations peuvent être sources de belles économies à l’avenir !

 

Se faire accompagner, se documenter et visiter pour obtenir un plan détaillé comme feuille de route

Quelle que soit l’envergure du projet, pour bien en appréhender tous les aspects, la phase d’investigation est primordiale. Dans ce cadre, le service bâtiment d’ACE, avec l’appui des conseillers d’élevage, offre à l’éleveur son réseau pour visiter d’autres réalisations et aborder les solutions possibles avec une grande efficacité. Cela permet de bénéficier de retours d’expériences et, ainsi, confirmer ses choix. 

De plus, c’est l’assurance d’obtenir un plan adapté et détaillé «définitif» qui sera alors la feuille de route pour la réalisation de devis par différentes entreprises. Ce panel d’offres de prix est le gage d’une approche économique plus précise sans oublier aucun poste de travaux (terrassement, création d’accès, silo supplémentaire…).

 

Distinguer coûts d’investissement et coûts de fonctionnement

Tout investissement doit évidemment faire l’objet d’une étude économique afin de ne pas mettre à mal la structure et aussi bénéficier des emprunts bancaires nécessaires. À ce titre, il est important de bien distinguer le coût d’investissement, directement lié au type de bâtiment ou d’équipement, des coûts de fonctionnement liés à l’utilisation. Ces derniers dépendent du matériel nécessaire et du fonctionnement (raclage, paillage…). Avec ces éléments, la réflexion peut s’orienter vers la recherche d’économies : choix des matériaux, autres fournisseurs… Une autre alternative consiste à découper le projet en plusieurs phases : conception d’une aire paillée évolutive en logettes, conservation du bloc traite actuel…

 

Un contexte économique délicat pour le marché des matériaux

Depuis quelques mois, le secteur des matériaux (bois, métal, isolant…) subit une hausse très significative des prix, voire même une pénurie d’approvisionnement pour certains d’entre eux. Dans ce contexte, les points de vigilance évoqués précédemment sont plus que jamais d’actualité. Comme l’illustre l’échéancier «type», la finalisation d’un projet prend du temps et les réflexions engagées aujourd’hui pourront, espérons-le, coïncider avec un retour à la normal sur le marché des matériaux qui, d’après certaines sources, est à son «plateau».

 

Des soutiens financiers existent

Au final, arrive la possibilité de bénéficier d’un soutien financier dans le cadre du PCAE (Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles) géré par le Conseil régional des Hauts-de- France. À l’heure actuelle, la date et les modalités de l’appel à projets qui devrait avoir lieu début 2022 ne sont pas encore connues. Cependant, il est important de se préparer, dès à présent, à cette éventuelle opportunité en anticipant les trois principales étapes de votre projet d’investissement, à savoir : sa définition, son étude économique avec un accord de la banque et la demande de permis de construire dans le cas d’une construction, puisque son accord est également exigé pour pouvoir éventuellement accéder à ces aides financières.

 

N’oubliez pas les démarches administratives éventuellement nécessaires

Toute évolution structurelle d’un élevage nécessite, dans la plupart des cas, la réalisation de démarches administratives à deux titres : 
• Préfecture - Service installations classées (élevage > 50 VL, par exemple) avec obligation de déclarer toute augmentation d’effectif, tout changement de mode d’exploitation ou encore toute nouvelle construction. 
• Urbanisme avec l’obligation de réaliser une demande de permis de construire pour toute construction supérieure à 20 m² et pour laquelle la déclaration auprès du service des installations classées sera exigée.
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