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Au Sia, des avancées obtenues par petits pas

Si Emmanuel Macron est resté évasif sur la Pac, incomplet sur l'application de la loi Egalim, inflexible sur les retraites lors d'une rencontre avec des responsables départementaux de la FNSEA, des avancées ont été obtenues sur les ZNT.



Désamorcer la crise avant qu'elle ne gagne les allées du salon et qu'elle ne vienne gâcher la fête. Samedi 22 février, au moment d'inaugurer la 57e édition du salon de l'agriculture, Porte de Versailles à Paris, une rencontre entre plusieurs responsables départementaux de la FNSEA, des Jeunes agriculteurs et le président de la République, Emmanuel Macron, a été organisée. Au cours d'un entretien d'une trentaine de minutes, les responsables professionnels de la Fédération régionale nord-bassin parisien de la FNSEA ont rappelé au chef de l'État leurs préoccupations du moment. Parmi ces préoccupations, la loi Egalim, l'application de son article 44 sur les distorsions de concurrence, la future Pac, l'agribashing, ou encore, la mise en oeuvre des Zones de non-traitement (ZNT) et l'insécurité juridique qui découle de l'application de cette réglementation pour les agriculteurs. Si certaines demandes ont été entendues, d'autres restent sans réponses.

Le dossier ZNT évolue
Pour le président de la FRSEA Île-de-France et de la Fédération régionale Nord-bassin-parisien, Damien Greffin, les annonces faites par Emmanuel Macron ne sont ainsi pas synonymes de «grand soir» pour l'agriculture, mais représentent néanmoins quelques avancées. Sur les ZNT notamment. «Les ZNT ont été un tsunami à l'échelle française. Cela reste quelque chose qui ne passe pas, notamment en raison de la notion de distance. Cette notion sous-entend et met dans la tête des Français que nos pratiques sont dangereuses», a d'abord regretté Damien Greffin. Devant le refus du chef de l'État de mettre en place un moratoire sur l'application des ZNT, c'est une autre formule qui a été finalement trouvée : «L'État s'est engagé à trouver un dispositif pour que les agriculteurs ne soient pas embêtés», a exposé M. Greffin. Emmanuel Macron a ainsi garanti que la sécurité juridique des agriculteurs serait assurée «pour les semis de printemps ou d'automne».
L'autre avancée concernant les ZNT concerne les distances d'application. Celles-ci pourraient être abaissées, à condition que des chartes de riverains soient écrites et que les agriculteurs utilisent un matériel adapté. Rien de plus n'a en revanche été ajouté pour compenser les ZNT, en complément des 25 millions d'euros prévus pour les secteurs viticole et maraîcher. Président de la FDSEA 60, c'est à Régis Desrumaux qu'est revenue la charge d'exposer à Emmanuel Macron les pertes engendrées... en vain : «Les ZNT sont une réalité avec laquelle il va falloir travailler parce que la pression de la société est forte. Mais la bagarre ne fait que commencer pour obtenir des compensations.» Cela étant dit, «l'engagement du président de la République sur l'aspect juridique fait que nous allons aborder notre année culturale plus sereinement et nous permettre d'avoir le retour de l'Anses», a-t-il expliqué.

Application incomplète de la loi Egalim
Accueilli par des pancartes «N'importons pas l'agriculture que nous ne voulons pas», le président de la République a réagi quelques heures plus tôt, sans profondeur, à la demande de Guillaume Cabot, administrateur JA : «Nous demandons l'application de l'article 44 de la loi Egalim sur les distorsions de concurrence. Appliquez les EGA», lui a demandé le responsable des JA. Réponse d'Emmanuel Macron : «On a lancé les États généraux de l'alimentation, la loi Egalim, aux côtés des filières. L'article 44, vous avez parfaitement raison, on l'a posé et porté». Pour quel résultat ?
«Il nous faut une coopération européenne pour pleinement le porter. Cet article contient une notion plus large qui est d'éviter les distorsions de concurrence et d'assurer les mêmes contrôles, ne pas importer des produits qui ont des intrants interdits dans notre pays», a-t-il ajouté. Plus tard, dans la matinée, c'est Luc Smessaert qui reviendra sur la nécessaire application de la loi Egalim : «Un an et demi après le vote de cette loi, il serait temps que l'article 44 s'applique et que des contrôles soient réalisés pour la faire respecter.»

Des remontées de terrain
Toujours selon le vice-président de la FNSEA, rien que le fait d'avoir pu obtenir une entrevue formelle avec le président de la République était déjà une victoire : «Depuis dix ans, je n'ai jamais vu cela, a-t-il rappelé. D'habitude, nous avions l'habitude d'interpeller le chef de l'État à la volée, dans les allées. Cette année, nous avons pu avoir un échange direct avec lui, entouré de caméras. C'est bien grâce à la pression qui a été mise au cours des derniers jours que nous avons pu obtenir certaines avancées. Le salon de l'agriculture reste un moment d'échange avec le grand public et les politiques, mais il n'était pas envisageable d'accueillir le président de la République sans lui faire part de ce qui se passe sur le terrain.» Et Damien Greffin de conclure : «La coupe reste pleine et les difficultés de nos entreprises sont toujours là.»

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