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Pommes de terre
« Aviko est une entreprise avec laquelle on peut discuter », défend Alain Dequeker

Président de l’association « Producteurs pour Aviko », le nordiste Alain Dequeker vante les relations constructives entretenues entre son organisation et l’industriel néerlandais à la veille du démarrage d’une nouvelle usine de transformation de pommes de terre par ce dernier à Poperinge (B).

Aviko Poperinge
La nouvelle usine d'Aviko à Poperinge sera opérationnelle d'ici quelques jours. Alain Dequeker, président de l'association des producteurs pour Aviko y voit l'occasion de développer des surfaces et d'accueillir de nouveaux producteurs.
© D.R.

Avant d’aborder le sujet des relations entre l’association « Producteurs pour Aviko » et l’industriel néerlandais, dans quel état se trouvent les parcelles de pommes de terre des Hauts-de-France, notamment en raison du mildiou ?

Pour un certain nombre de productions, l’année 2021 est compliquée, fatigante et la pomme de terre ne fait pas exception. Les blés ne sont pas terminés partout. Le lin est à la peine. Les pois avaient bien commencé avant de s’effondrer… En pommes de terre, les conditions de plantation étaient bonnes, voire très bonnes. Il a ensuite fait froid jusqu’au début du mois de juin, ce qui a engendré quelques retards de croissance de végétation, puis nous avons eu les premiers épisodes de pluie à partir du 10 juin, ce qui a amené une forte pression mildiou. Le problème n’a été pas le niveau de précipitations, mais l’association entre des températures fraîches et une forte hygrométrie. La pression a atteint un niveau que l’on a rarement connu. Cette situation rappelle celle de 2007 ou 2016 mais les choses avaient fini par se tasser. Rares sont les parcelles où le mildiou est totalement absent. Celui qui dit ne pas en avoir ne doit pas être allé dans ses champs depuis un moment…

Peut-il y avoir des conséquences sur le rendement ?

Nous étions inquiets il y a quelques semaines avec la fraîcheur des températures, mais les pommes de terre se sont bien rattrapées. La production s’annonce moyenne, avec des emblavements qui étaient en baisse.

Comment abordez-vous l’assemblée générale de l’association « Producteurs pour Aviko » qui se tient cet après-midi dans le Pas-de-Calais (Ramecourt) en présence de représentants de l’industriel ?

La bonne nouvelle, c’est que nous pouvons à nouveau nous réunir. En raison du contexte sanitaire lié à la Covid-19, nous avions du reporter plusieurs fois l’assemblée générale. La nouvelle la moins bonne, c’est que la participation ne sera pas ce qu’elle aurait dû être. La moisson n’est pas terminée. Des producteurs m’ont ainsi répondu qu’ils ont encore trop de travail dans leurs champs et pas de temps pour se libérer une après-midi. D’autres sont en vacances et veulent profiter de quelques jours de répit. Notre association compte 120 adhérents. C’est un nombre qui devrait progresser dans les années à venir…

Cette perspective est liée à l’annonce par Aviko de la mise en exploitation d’une nouvelle usine de transformation de pommes de terre ?

Tout à fait. Compte tenu qu’Aviko s’est lancé dans la construction d’une nouvelle usine, Aviko va être à la recherche de surfaces et de producteurs. Depuis quelques années, l’industriel a anticipé cette création d’usine en augmentant progressivement les volumes qu’il achète en France de manière à avoir des pommes de terre à transformer pour la mise en production.

Avez-vous pu suivre le chantier de construction de l’usine de Poperinge ?

Nous devions aller visiter le site, mais la visite a été reportée en raison, encore une fois, du contexte sanitaire et d’un protocole strict. D’ici le mois de décembre, voire janvier, nous devrions pouvoir y aller. Elle sera alors bien en service puisque des essais de fabrication de flocons ont démarré il y a quelques jours. L’activité flocons sera opérationnelle avant l’activité frites.

Quelles relations entretient l’association des producteurs pour Aviko avec l’industriel ? On ressent chez vous beaucoup de respect et de bienveillance envers cette entreprise. Qu'en est-il ?

Par rapport à ses concurrents – il faut mettre McCain de côté -, Aviko a des choses à faire valoir. Notre association a un rôle de défense des intérêts des producteurs, mais Aviko est une entreprise avec laquelle on peut discuter. Il y a chez eux une ouverture qu’on ne retrouve pas ailleurs. Le prix de contrat est une chose, mais il ne faut pas seulement regarder les lignes de prix. Je conseille aux producteurs de bien regarder toutes les conditions. Quand un contrat tient sur une demi-page, on peut s’attendre à des surprises au moment de la livraison. Trop de producteurs ont tendance à ne regarder que le prix. Il peut y avoir des désillusions. 

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