Aller au contenu principal

Betteraves : le projet de loi sur les NNI en Conseil des ministres aujourd'hui

C'est aujourd'hui, jeudi 3 septembre, que le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie présente devant le Conseil des ministres un projet de loi permettant la ré-autorisation temporaire des néonicotinoïdes (NNI) pour en enrobage pour la protection de la betterave.

La situation sanitaire à laquelle est confrontée la filière betterave justifie, selon le gouvernement, la possibilité d'une dérogation à l'interdiction des néonicotinoïdes.
La situation sanitaire à laquelle est confrontée la filière betterave justifie, selon le gouvernement, la possibilité d'une dérogation à l'interdiction des néonicotinoïdes.
© ITB

Derrière un intitulé à rallonge, l'objet du projet de loi relatif « aux conditions de mise en marché de certains produits phytosanitaires en cas de danger sanitaire » présenté ce matin, à partir de 10h, devant le Conseil des ministres est relativement simple. Il s'agit d'ouvrir la possibilité de réutiliser les substances néonicotinoïdes en enrobage, pour une durée maximum de trois ans, pour la protection de la betterave contre le puceron vert vecteur du virus de la jaunisse.

Ce projet de loi, qui devra ensuite être adopté par le Parlement courant septembre, s'intègre dans le plan d’action gouvernementale de lutte contre la jaunisse présenté par le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, le 6 août dernier.

Selon nos informations, le texte prévoit « une dérogation ciblée, pour une durée limitée » de l'utilisation des néonicotinoïdes. La durée maximale de la dérogation est de trois ans et s'entoure de conditions strictes. Ce projet de loi fait référence à l'article 53 du règlement européen 1107/2009 relatif aux phytos, permettant de déroger à l'interdiction de certains produits compte tenu d’un « danger qui ne peut être maîtrisé par d'autres moyens raisonnables ».

Seule la betterave est concernée

Pour le gouvernement, « ce projet de loi ne remet pas en cause notre engagement pour la transition écologique », assurait-il encore hier. « Notre volonté reste de rendre l'agriculture moins dépendante aux pesticides », mais poursuit-il, « il y a dérogation parce que la situation est assez évidente (…) Nous ne voulons nous engager dans un processus de décroissance et arriver à une situation où la France deviendrait importatrice de sucre produits dans d'autres pays européens qui ont eu recours à une dérogation ».

Alors que d'autres filières sont tentées de demander au gouvernement une ré-autorisation des néonicotinoïdes, celui-ci rappelait également hier qu'elle est « réservée » à la filière betterave. Et si le texte de projet de loi n'en fait pas explicitement mention, cela sera précisé dans son arrêté d'application.

Un projet de loi qui crée encore des remous

Ceux qui pensent aujourd'hui que tout est gagné pour la filière betteraves ont... tout faux. Bien que le processus législatif soit bien engagé pour permettre aux producteurs de betteraves de réutiliser les néonicotinoïdes pour protéger leurs semis de betteraves contre le virus de la jaunisse lors de la prochaine campagne, les opposants à cette possibilité ne désarment pas. Et tentent eux aussi de rallier à leur cause un maximum de parlementaires. Parmi ces opposants, l'ONG Génération Ecologie a lancé le 2 septembre, une campagne « contre le projet de loi remettant en cause l'interdiction des néonicotinoïdes », dont la « toxicité » a des « conséquences monstrueuses » sur l'environnement, et accuse le gouvernement d'« obscurantisme ».

L'organisation a également mis en ligne depuis hier une plateforme web à partir de laquelle « chaque internaute puisse faire entendre sa voix directement auprès de ses élu.es en leur envoyant un message et/ou un Tweet ». D'autres associations ont également annoncé leur intention de poursuivre leur travail de sensibilisation auprès de parlementaires qui n'auront jamais autant entendu parler de betteraves qu'au cours des dernières semaines.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Régis Desrumaux président FRSEA Hauts-de-France
Régis Desrumaux élu à la tête de la FRSEA Hauts-de-France, dans la continuité de son mandat dans l’Oise

Réélu en février à la présidence de la FDSEA de l’Oise, Régis Desrumaux prend désormais les rênes de la FRSEA Hauts-de-France…

guerre Etats-Unis Iran Espagne mesures engrais carburant
Avec la guerre en Iran, le gouvernement espagnol débloque 877 millions pour l'agriculture et la pêche

Le gouvernement espagnol a annoncé le 20 mars avoir adopté un paquet de mesures d'urgence de plus de 877 millions d’euros (M…

Vincent Lepers et Simon Pointel, président et salarié de la Cuma de Belloy-sur-Somme, ont la même optique de travail : «la communication avant tout».
À la Cuma de Belloy, des machines, mais surtout des Hommes

À la Cuma de Belloy-sur-Somme, c’est l’humain qui fait tourner les machines. Elle regroupe une quarantaine de fermes et fêtait…

Foire de Pâque Montdidier
A Montdidier, une foire de Pâques entre tradition populaire et vitrine agricole, malgré l’absence de concours

Dès les premières heures de la matinée, ce lundi 6 avril, les rues du centre-ville de Montdidier vont se remplir pour la…

Ce que la guerre de Trump contre l’Iran coûte à l’agriculture régionale

La guerre menée par les États-Unis contre l’Iran provoque un choc économique qui se répercute directement sur l’agriculture…

Christophe Verschuere, éleveur bovin : «les arbres sont primordiaux  pour l’équilibre écologique. On voit moins de mésanges et d’alouettes,  mais plus de corbeaux ravageurs…»
Un kilomètre de haies pour la biodiversité, fruit d’un projet collectif

À Sommereux (60), l’éleveur bovin, Christophe Verschuere, plante plus d’un kilomètre de haies sur ses prairies, en partenariat…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde