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Blé : ce que l’on retiendra de la campagne 2012-2013 en Picardie

De bons rendements et une qualité satisfaisante !

Dans la Somme, les rendements départementaux sont estimés à 92 qx/ha contre 85 qx l’an passé.
Dans la Somme, les rendements départementaux sont estimés à 92 qx/ha contre 85 qx l’an passé.
© JC Gutner

Implantation échelonnée et difficile
Les premiers semis débutent fin septembre – début octobre et sont arrêtés le 3 octobre par la pluie.
50 % des blés sont implantés durant la dernière décade d’octobre, et 80 % des semis sont réalisés à la mi-novembre (en 2011, 100% des blés étaient semés à la mi-novembre et 50% étaient déjà au stade début tallage). Le mois de décembre très pluvieux retarde encore les derniers arrachages de betteraves et reporte les derniers semis de blé au 12 et 13 janvier notamment voire en dernière quinzaine de février en bordure maritime. Dans certains secteurs, comme les «bas champs» les implantations sont très difficiles (abandon de semis ou retournements) avec le report sur des cultures de printemps.
Les premiers semis non désherbés à l’automne et/ou en non labour se salissent rapidement (vulpin, ray-grass, véroniques, matricaire, gaillet…). Très peu de désherbages d’automne sont réalisés. A la sortie de l’hiver, les semis précoces non désherbés à l’automne et/ou en non labour, présentent des infestations importantes en graminées et en dicotylédones sortie hiver. Les conditions climatiques ont également été très favorables à l’activité des limaces. Elle sont observées essentiellement dans le nord-ouest de la région sur tous précédents mais principalement derrière colza. Les dégâts sont parfois très importants ce qui entraîne quelques retournements. Quelques vols de pucerons et de cicadelles anecdotiques ont lieu début octobre mais sont rapidement perturbés par les pluies.

Une année tardive
Les premiers apports d’azote sont effectués au 20 février en petites terres et généralisés début mars. Les conditions froides et sèches de fin d’hiver ont engendré un manque de minéralisation et une lente reprise de végétation. Les applications de désherbage ont lieu tardivement (5 avril) avec des conditions climatiques souvent défavorables conduisant à des échecs importants et fréquents sur vulpin, ray-grass et même gaillets.
Le stade «Epi 1 cm» est centré autour du 20 avril, soit avec 3 semaines de retard par rapport à une année normale. Les températures froides se maintiennent et l’épiaison a lieu début juin et la floraison est centrée au 15 juin (soit 10 jours de retard par rapport à la moyenne). Le retard n’est donc pas encore totalement rattrapé.

Un risque de verse faible
L’année tardive en sortie d’hiver entraîne un début de tallage limité. Le printemps frais et humide est toutefois favorable au développement de nouvelles talles de manière assez tardive et surtout limite la régression des talles en place ce qui génère un nombre d’épis/m² optimal et supérieur à la moyenne pluriannuelle.
Il y a peu de minéralisation en sortie d’hiver et début de printemps, d’où une faible absorption d’azote en début montaison. La montaison s’est fait en jours longs ce qui évite l’allongement excessif des entre-nœuds. Le climat 2013 est finalement défavorable à la verse.

Pression rouille jaune bien contrôlée et apparition tardive de la septoriose
Pour les semis précoces de fin septembre – début octobre, le niveau d’inoculum de septoriose est important à la sortie de l’hiver résultant d’un automne et d’un début d’hiver doux et pluvieux. Les pluies de début mai sont favorables aux contaminations. Les températures fraîches ralentissent néanmoins la sortie des tâches. Les symptômes ne s’intensifient qu’à la mi juin et apparaissent simultanément sur les feuilles hautes (jusque sur F2 voire F1). Les semis tardifs (novembre-décembre) sont moins touchés par la maladie.
Au 10 mai, les modèles anticipent et déclenchent le premier traitement fongicide pour les semis précoces et au 20 mai pour les semis tardifs.
D’après les modèles «rouilles», le risque rouille jaune est élevé cette année et proche de 2012 pour la bordure maritime et un peu plus faible pour le reste de la région. Par contre, le risque rouille brune est faible et identique à l’an passé.
Les premiers cas de rouille jaune sont observés début mai sur variétés sensibles (Alixan, Allez-y, Altigo, Expert, Laurier, Selekt, Trapez,…) puis l’apparition de foyers se généralise sur les parcelles «non traitées» et essentiellement sur la bordure maritime.
L’oïdium est très longtemps observé malgré les pluies de mai. Il est constaté en tout type de sol essentiellement sur les tiges et feuilles basses et sur variétés sensibles (Alixan, Altigo, Bermude, Expert, Pakito, Trapez).
Peu de fusariose roseum est constatée cette année en raison des températures fraîches début floraison. La fusariose nivale se fait également discrète. Très peu de piétin échaudage observé.
La nuisibilité maladies est plus faible que l’an passé.

Ravageurs de printemps
Globalement les conditions climatiques du printemps (températures fraîches, vent, pluie) ne sont pas favorables aux ravageurs. Les pucerons se font discrets. Quelques vols de cécidomyies sont signalés autour 5 juin (temps lourd et orageux) mais essentiellement pour les parcelles en fond de vallée et en bordure de bois.

Rendements élevés et moins hétérogènes
Le nombre d’épis/m² est parmi les plus élevé jamais observé avec un développement de talles important et une faible régression dus au printemps frais et pluvieux. La fertilité épis est bonne avec le temps frais prolongé au cours de la montaison. Il est même observé des épillets surnuméraires.
La méïose (production de gamètes) qui a lieu au stade « Dernière feuille ligulée » peut être perturbé par des températures inférieures à 4 °C, or le 24 mai il fait jusqu’à -1°C sous abri, et essentiellement par le manque de rayonnements. On observe donc quelques épis «vides» dans quelques situations précoces mais cela a peu d’impact au final. Les conditions climatiques au moment du remplissage sont favorables (absence de température échaudante, pas d’excès de pluie, rayonnement suffisant). Le remplissage est bon c’est à dire identique à la moyenne pluriannuelle (45,7 grammes) mais ce qui est élevé compte tenu du nombre de grains/m² déjà élevé en place.
La récolte démarre au 31 juillet et se termine au 24 août en Picardie avec une majorité de parcelles récoltées durant la semaine du 15 août.
Les rendements sont moins hétérogènes que l’an passé même si à la parcelle ils peuvent aller de 60 à plus de 110 qx/ha. Fin juillet, les orages de grêles ont pu provoquer des dégâts très localisés mais très intenses dans l’Aisne et l’Oise (jusqu’à 100% de dégât). Les rendements départementaux sont estimés à 92 qx/ha pour la Somme (contre 85 qx l’an passé), à 90 qx pour l’Aisne (contre 83 qx l’an passé) et à 88 qx pour l’Oise (contre 83 qx l’an passé).
La qualité est satisfaisante. Les PS sont bons à très bons. Les teneurs en protéines correctes à bonnes par rapport aux normes export.

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