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Blé : quel état des lieux des parcelles ?

La commission Blé 80 a eu lieu le 6 mai dernier en visioconférence. L’ensemble des techniciens dressent un état des lieux des parcelles de blés.

La pression «septoriose» ne sera pas nulle mais tardive. Le risque rouille jaune reste élevé avec des conditions climatiques favorables à son développement. La rouille brune est à surveiller avec un cumul de températures élevé depuis les semis.
La pression «septoriose» ne sera pas nulle mais tardive. Le risque rouille jaune reste élevé avec des conditions climatiques favorables à son développement. La rouille brune est à surveiller avec un cumul de températures élevé depuis les semis.
© Christian Gloria

Maladies
La pression «septoriose» ne sera pas nulle mais tardive. Le risque rouille jaune reste élevé avec des conditions climatiques favorables à son développement. La rouille brune est à surveiller avec un cumul de températures élevé depuis les semis.

Stade
Actuellement l’année 2020 est très précoce avec une avance des stades de cinq à sept jours par rapport à la médiane pluriannuelle et des semis généralement tardifs. Une épiaison qui a débuté la semaine dernière pour les semis du 10/10 et qui va s’étendre jusqu’au 20 mai pour les derniers semis.

Septoriose
L’inoculum était important suite à la pluviométrie et la douceur de l’automne – hiver. Du 20 mars au 17 avril, la montaison des blés s’effectue dans le sec et la sortie de nouvelles feuilles assainie la situation. Du 15/03 au 02/05, les cumuls de pluies, de 15 à 65 mm selon les secteurs, sont inférieurs de 20 à 30 % par rapport à la moyenne pluriannuelle.
Les épisodes pluvieux de mai, à l’approche de la sortie de la dernière feuille, ont pu entraîner des contaminations qui conditionneront la nuisibilité finale.
Hors situations de rouille jaune, les outils d’aide à décisions (Septo-Lis,…) confirment des déclenchements tardifs avec des impasses de T1 possibles pour un grand nombre de situations D’après le modèle «Septolis» d’Arvalis-Institut du Végétal, le risque septoriose au 6 mai est généralement faible pour les variétés tolérantes avec un déclenchement proche du «gonflement». Le risque est modéré à fort pour les variétés sensibles (Bergamo, RGT Libravo) semées avant le 20 octobre avec le déclenchement du premier traitement prévu au stade «dernière feuille pointante» fin avril-début mai. En général, un fongicide a été réalisé la semaine dernière ou cette semaine à «dernière feuille étalée» afin de protéger les trois dernières feuilles contre la septoriose et les rouilles.

Rouille Jaune
Les conditions climatiques sont toujours favorables au développement de la rouille jaune mais rappelons que le premier critère du risque reste la sensibilité variétale et que la grande majorité des variétés cultivées dans le département présente un bon niveau de résistance à la rouille jaune.
Le modèle Yello d’Arvalis-Institut du Végétal, indique un risque élevé proche de 2014 sur les variétés très sensibles.  L’absence de repousses l’été dernier (inoculum) a néanmoins retardé son arrivée. La présence de foyers est signalée depuis fin avril sur les variétés sensibles (Am-boise, Ténor, Filon, Expert, Némo…) et des pustules ont également été constatées sur des varié-tés dites «peu sensibles» sans protection fongicide telles que Chevignon, RGT Libravo, RGT Sacramento.

Rouille Brune
Les températures élevées de novembre à mars entraînent un risque rouille brune important avec toutefois peu de repousses l’été 2019 ce qui engendre un faible inoculum. Ce sont les conditions climatiques des semaines à venir qui conditionneront son développement (températures supérieures à 15-20 °C et hygrométrie élevée). On peut s’attendre à des symptômes de rouille brune assez précoces cette année sur les variétés très sensibles dès le retour de températures plus douces. La vigilance sera de rigueur. Actuellement, des pustules sont observées suite aux températures élevées de fin avril sur Expert, Creek, Chevignon….
Variétés sensibles : Advisor, Alixan, Allez-Y, Apache, Arkeos, Auckland, Bergamo, Bermude, Boregar, Cellule, Chevignon, Chevron, Complice, Concret, Creek, Expert, Filon, Fructidor, Kws Dakota-na, Kws Extase, Lyrik, Mutic, Nemo, RGT Cesario, RGT kilimanjaro, RGT Libravo, RGT Pulko, RGT Volupto, Sanremo, Unik…

Oïdium
De l’oïdium était observé sur tige et feuilles basses fin avril, essentiellement en terres superficielles et/ou semis tardifs et variétés sensibles (Fluor, RGT Sacramento, Ténor). Le retour des pluies a été défavorable à son développement.

Symptômes physiologiques
Des taches physiologiques sont apparues sur certaines variétés suite aux applications de désherbages sur le mois de mars et aux applications de régulateurs avec des variations de températures sur le mois d’avril.

Jaunisse nanisante de l’orge
Des symptômes de virose dus à la présence de pucerons cet automne sont visibles depuis début mai, principalement sur les semis avant le 25/10. Les dégâts sont généralement quelques ronds en parcelle mais dans certaines situations (fond de vallée et bordure de bois) ils peuvent être plus conséquents.
Des pucerons sont facilement constatés actuellement sur feuilles mais ils ne sont pas nuisibles dès lors qu’ils ne montent pas sur épis. De plus, la présence d’auxiliaires est également signalée (coccinelles, pucerons parasités…).

Stratégies fongicides «épiaison - floraison»
Lors de «l’épiaison – floraison», plusieurs fusarioses peuvent se développer : Fusariose roseum et Microdochium SPP. Le traitement «épiaison – floraison» doit aussi relayer la protection contre la septoriose, les rouilles et dans quelques cas l’oïdium.
Règles de décision pour le dernier fongicide : le premier facteur est la sensibilité variétale à la «Fusariose roseum», ensuite ce sont les conditions climatiques à «l’épiaison – floraison» qui conditionnent notre stratégie fongicide.
• Dans les situations avec une variété peu sensible «Fusariose roseum», Alixan, Apache, Auckland,  Barok, Bergamo, Chevignon, Fluor, Filon, Fructidor, LG Absalon, Lyrik, Oxebo, RGT Kilimanjaro, Ronsard, Rubisko, SY Adoration (6,5),…le traitement visera la septoriose, les rouilles et Microdochium nivale.
• Les situations à risque «Fusariose roseum»,  c’est à dire pour les variétés sensibles à l’accumulation de «DON» : Advisor, Allez-y, Amboise, Arkeos, Bermude, Boregar, Cel-lule, Chevron, Complice, Costello, Concret, Creek, Expert, Kws Dakotana, KWS Extase, LG Altamont, Mutic, Nemo, Pastoral, RGT Cesario, RGT Lexio, RGT Libravo, RGT Pulko, RGT Sacramento, RGT Sanremo, Triomph, Tenor, Unik, KWS Tonnerre (4,5), Cubitus (4,5), LG Auriga (4,5), Providence (4),…implantées derrière maïs, surtout en l’absence de travail du sol, nécessitent un traitement spécifique au moment de la sortie des étamines (qui plus est en cas de pluie et températures élevées).
Ces mêmes variétés sensibles si elles sont implantées en dehors des précédents maïs recevront un traitement «anti-fusariose» uniquement si le climat à la floraison est annoncé très pluvieux.
Nous ne connaissons pas la sensibilité variétale à la Microdochium M. nivale. Il n’existe pas de note de sensibilité à Microdochium SPP.

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