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Blé semé au printemps, quel itinéraire technique ?

Cette année, compte tenu des mauvaises conditions d’implantations liées à excès d’eau hivernal, un grand nombre de semis ont dû être retardés et certaines parcelles ne sont d’ailleurs toujours pas implantées. Les emblavements peuvent alors évoluer avec un basculement vers des cultures de printemps (orge de printemps, maïs ou blé de printemps). Retour sur les points clefs de l’itinéraire technique d’un blé semé au printemps.

S’il n’est pas trop tard pour des semis de blé, des recommandations sont à respecter pour ne pas compromettre le futur rendement.
S’il n’est pas trop tard pour des semis de blé, des recommandations sont à respecter pour ne pas compromettre le futur rendement.
© J.-C. Gutner



Le potentiel de rendement est plus faible qu’en culture d’hiver (20 à 25 % de moins) du fait d’un cycle plus court et décalé vers des périodes plus exposées au stress hydrique et autres excès thermiques. La phase de tallage plus réduite et l’enracinement plus superficiel impliquent que la phase de montaison à épis est une des périodes cruciales (sensibilité accrue à la sécheresse, à éviter en sols superficiels). La concurrence des adventices habituelles et le risque verse sont moins élevés. Concernant les maladies, la pression est globalement moins forte sur les blés tendres. Pour dégager une marge correcte, il en découle une adaptation nécessaire des intrants (fertilisation azotée, fongicides, régulateurs).

Choisir une variété adaptée à la date de semis
Les dates optimales de semis débutent au 15 février pour se terminer au 15 mars, au-delà, le potentiel de rendement décroît rapidement. Entre le 15 janvier et le 1er mars, il faut progressivement écarter les variétés hiver, 1⁄2 hiver et 1⁄2 alternatives qui risquent d’être trop tardives pour réaliser leur cycle dans de bonnes conditions.
À partir du 1er mars, les variétés implantées doivent être à la fois alternatives ou dites de printemps (note d’alternativité ≥ 7) et précoces à épiaison. Une variété non alternative semée au printemps risque de ne pas monter à épis ou d’épier trop tardivement si le printemps est chaud et que les besoins en vernalisation ne sont pas satisfaits.

Conditions d’implantation
Pour ce type d’implantation de printemps, les conditions au moment des semis sont cruciales pour assurer un enracinement satisfaisant, compte tenu de la sensibilité à la levée et de la durée de tallage réduite. Éviter le labour est souvent souhaitable (pour réaliser une implantation superficielle dans la zone ressuyée), mais pas toujours possible à cause des rémanences d’herbicides appliqués dans le cas de culture détruite, ou en cas d’hiver aussi humide que cette année.

Densités de semis
Les densités de semis doivent être soutenues pour compenser le faible tallage en semis de printemps. En revanche, les pertes à la levée sont normalement réduites (moins d’hydromorphie et de gel, moindre présence de limaces). Il faut toutefois viser au moins 300 à 400 grains/m2. En sol superficiel et caillouteux, les semis précoces sont à privilégier et ces densités à majorer de 15 % environ.

Traitement des semences
Une protection fongicide minimale reste nécessaire vis-à-vis de pathogènes portés par la semence et/ou présents dans le sol, comme par exemple les fusarioses. Le risque pucerons est fortement réduit au printemps ; en cas de forte infestation, il pourra être géré avec un traitement insecticide en végétation (au seuil de risque).

Fertilisation azotée et soufrée
Comme pour les blés d’hiver, la dose totale d’azote est calculée en fonction de l’objectif de rendement et des fournitures du sol. Le reliquat sortie hiver peut être pris en compte, en adaptant la date de prélèvement au cycle et aux besoins décalés. De la même façon, les postes minéralisation et précédent sont identiques à ceux pris en compte pour un semis d’hiver. Les différences avec une céréale d’hiver correspondent à un objectif de rendement moindre et l’absence d’azote absorbé sortie hiver, et un enracinement moindre d’où des besoins plus précoces en terme de cycle. Le fractionnement en trois apports est conseillé tant pour le rendement que pour la qualité. Positionner un premier apport entre le semis et 2 feuilles (50 unités), le dernier apport adapté à la variété (40-50 unités vu la dose totale à appliquer) entre 2 nœuds et le stade dernière feuille étalée et le complément au stade épi 1 cm.
Comme les cultures d’hiver, les blés de printemps peuvent malgré tout être pilotés grâce aux outils. Concernant le soufre, la gestion de cet élément est identique à celle des céréales d’hiver, mais le cycle se déroulant plus tardivement, avec des températures plus élevées, les besoins (qui sont précoces) sont mieux couverts par la minéralisation du sol.

Désherbage
Les parcelles sont souvent plus propres en graminées au printemps en lien avec la biologie des adventices. Il convient d’être vigilant concernant les herbicides homologués sur blés de printemps, car ils sont moins nombreux que sur céréales d’hiver et les doses peuvent être réduites. La plupart des racinaires sont interdits et il faut donc composer avec les sulfonylurées. La flore dicotylédone pourra être plus abondante que les graminées, mais sa gestion est moins complexe et facilement maîtrisée courant tallage.

Maladies
Compte tenu de la date de semis, le risque piétin verse est négligeable et ne nécessite pas de traitement spécifique. Le risque est également réduit pour la septoriose et une intervention est rarement utile avant le stade dernière feuille étalée. La rouille brune et la fusariose doivent être surveillées sur variétés sensibles en suivant le raisonnement habituel d’un semis d’automne.


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