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Céréales : la France face à une rude concurrence

France Export Céréales, association constituée par l’Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB), l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) et Intercéréales, organisait le 24 mars sa douzième journée consacrée à l’exportation. L’occasion de tirer le bilan de la dernière campagne et de dresser des perspectives pour les prochaines années.

Les céréales de plusieurs pays producteurs ailleurs en Europe et dans le monde bousculent les positions françaises.
© D. R.

De l’avis des importateurs étrangers, la France a été réactive, fidèle à ses clients et a honoré ses contrats malgré la crise du Covid. «La filière exportation de céréales sort renforcée de cette crise sanitaire», a indiqué Philippe Heusele, président de France Export Céréales (F.E.C.) ravi que «tout ait été livré». Les correspondants locaux de F.E.C au Maroc, Égypte, et en Chine ont d’ailleurs souligné la crainte que les importateurs pouvaient nourrir quant au respect des engagements contractuels. Une fois rassurés sur la sécurité des approvisionnements, beaucoup se sont rués sur les céréales françaises. L’Égypte a ainsi acheté «800 000 tonnes de plus qu’en 2019», a indiqué Roland Guiragossian, responsable du bureau F.E.C du Caire. Sur 33,6 millions de tonnes (Mt) de céréales livrées, 60 % l’ont été en blé tendre et pour moitié dans les pays tiers, dont 30 % en Afrique du Nord et 10 % vers la Chine. D’ailleurs, les exportations agroalimentaires en 2020 ont, selon les statistiques des douanes françaises, atteint 60 milliards d’euros (Md€), deux fois plus que l’automobile ou Airbus. Les céréales brutes et transformées représentent 17 % des exportations globales soit plus de 10 Md€. Mieux. En ce début d’année, la France a exporté 13,5 Mt dont les deux-tiers dans les pays tiers, parmi lesquels 11 % vers l’Afrique du Nord et 25 % (3 Mt) vers la Chine. L’engouement pour les céréales françaises, notamment le blé tendre ne se dément pas.

 

Démarche agressive

Cependant «si le capital confiance est là, il faut l’entretenir en permanence», prévient Yann Lebeau du bureau F.E.C de Marrakech (Maroc). Ce que confirme Roland Guiragossian du Caire à travers les deux faux-pas de 2014 et 2016, années au cours desquels la France avait raté les appels d’offres égyptiens et s’étaient fait damer le pion par les Russes. «Il ne faut pas leur laisser le monopole total», affirme-t-il. Il est vrai que la Russie contrôle déjà près de 80 % de l’approvisionnement de l’Égypte. Sur les 13 Mt de blé qu’elle devrait importer sur cette campagne 2020/2021, les Russes en fourniraient plus de 10 Mt. Ils s’attaquent également, avec les Ukrainiens, à d’autres marchés : «On pensait que le Nigéria était une citadelle imprenable tant elle était bien protégée par les Américains mais les Russes viennent d’y faire leur entrée», a ajouté Yann Lebeau qui voit dans cette offensive et cette démarche agressive «une stratégie et une volonté étatiques».

 

Manque de blé biscuitier

En Chine, la France commence à se faire concurrencer «par le blé et l’orge venant du Kazakhstan mais aussi par le blé russe», a indiqué Li Zhao Yu, chef du bureau F.C.E. à Pékin qui parle d’une «nouvelle route de la soie». La France doit être d’autant plus vigilante que ses clients deviennent plus exigeants. C’est toujours le cas de la Chine, a expliqué dans une vidéo, l’un des dirigeants du grand conglomérat agroalimentaire chinois, Cofco Corporation, appelant les Français à produire des blés de meilleure qualité, à réduire les traces de produits phytosanitaires comme ils l’ont fait pour l’ergot du blé. Les Chinois qui sont friands des produits boulangers et pâtissiers français sont en «manque de blé biscuitier», a assuré Li Zhao Yu, annonçant que les Américains, les Canadiens mais aussi les Australiens s’apprêtaient à répondre à la demande chinoise qui réclame entre 3 et 5 Mt de ce type de blé. Si le blé français reste une valeur refuge pour un certain nombre de pays, la concurrence devient rude au plan international. Pour relever ces défis, «il faut que nous conservions notre capacité à produire, sans distorsions de concurrence avec nos compétiteurs», a conclu Philippe Heusele.

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