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Chasse et confinement : ce qui pourra être demandé aux préfets

La secrétaire d’État à la Biodiversité, Bérangère Abba précise ce dimanche 1er novembre que seuls les actes de régulation du grand gibier pourront être autorisés en dépit du confinement, « afin d’éviter les dégâts aux cultures et aux forêts ».

Bérangère Abba (à gauche) est secrétaire d'Etat à la Biodiversité, sous la tutelle du ministère de la Transition écologique.
Bérangère Abba (à gauche) est secrétaire d'Etat à la Biodiversité, sous la tutelle du ministère de la Transition écologique.
© Twitter

Depuis la mi-journée en ce dimanche 1er novembre, on en sait un peu plus sur ce que le gouvernement est prêt à « lâcher » aux chasseurs en cette période de confinement. Un communiqué du secrétariat d’État à la Biodiversité, lequel est rattaché au ministère de la Transition écologique, vient en effet de le préciser.

On peut d’abord y lire que la pratique de la chasse n’étant pas considérée comme « essentielle », elle est interdite ainsi que les déplacements liés depuis la mise en place du reconfinement. Néanmoins, précise la secrétaire d’État à la Biodiversité, « pendant cette période de confinement, nous nous devons d’éviter un accroissement des dégâts faits aux cultures, aux forêts, et aux biens par une prolifération des populations de grand gibier comme les sangliers et les chevreuils ». Aussi, précise Bérangère Abba, « c’est uniquement à cette fin et sur demande de l’autorité administrative que des actions de chasse pourront avoir lieu ».

Elle donne ainsi le sentiment d’accéder aux demandes des fédérations des chasseurs et de la profession agricole ; lesquelles s’inquiètent depuis la mise en place du confinement de « perdre » des journées dans leur calendrier de loisir pour les uns, mais aussi pour les autres de voir une explosion des dégâts aux cultures que les chasseurs devront indemniser…

Une circulaire ministérielle ayant été adressée aux préfets en précisant ce qui pourrait être accordé ou pas, c’est désormais à ces derniers de trancher lors des prochaines réunions des commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS) qui doivent avoir lieu très prochainement. D’après nos informations, dans le département de la Somme, cette rencontre doit avoir lieu mardi 3 novembre.

Colère montante chez les sauvaginiers

En ce qui concerne les autres modes de chasse, les choses semblent en revanche plus compliquées. La communication du ministère ne fait pas mention d’une possibilité de déroger au confinement pour la chasse du petit gibier en plaine, au bois, des migrateurs et en particulier du gibier d’eau.

Cette absence de considération fait bondir certains représentants d’associations de chasseurs, dont le président de l’association des chasseurs de gibier d'eau des trois vallées, dans le département de la Somme.

Dans une lettre datée du 1er novembre, Romain Rabouille appelle d’abord au respect « de nos libertés » qu’il estime « bafouées ». Sur les réseaux sociaux, où la lettre continue de créer le « buzz » depuis sa publication, le chasseur explique ensuite « comprendre que des mesures sanitaires soient prises pour lutter contre la grippe aviaire (…) et que des dispositions soient nécessaires pour éviter une prolifération du Covid 19 ». Néanmoins, estime-t-il, « il faut arrêter d’infantiliser le peuple ».

Le fait que la chasse du gibier d’eau ne puisse faire  l’objet d’une dérogation à l’heure qu’il est suscite colère et incompréhension : « Les sauvaginiers sont des gens responsables, capables d’appliquer un protocole sanitaire », défend en premier lieu Romain Rabouille. Et le responsable associatif de s’interroger ensuite : « Donc, le Covid frapperait les chasseurs isolés dans leur hutte ouverte à tout vent, respectant de surcroit un protocole sanitaire strict, alors qu’on autorise des rassemblements de clients dans les grandes surfaces, alors qu’on permet des balades dans les parcs publics ?! » Pour le chasseur, pas de doute, « on marche sur la tête ».

Si les chasseurs de gibier d’eau devaient rester confinés plus longtemps, alors que d’autres modes de chasse pourraient être autorisés, Romain Rabouille explique craindre « l’affrontement avec les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) » et « un débordement généralisé » dans un contexte « déjà tendu ».

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