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Pommes de terre
Combiner les techniques pour désherber et défaner

Pour réussir un bon désherbage et maximiser l’action du défanage, la combinaison des techniques chimiques et mécaniques s’avèrent efficaces. 

Qu’il soit chimique, mécanique ou combiné, la première étape du désherbage reste de bien définir sa cible, de manière  à adapter sa stratégie.
Qu’il soit chimique, mécanique ou combiné, la première étape du désherbage reste de bien définir sa cible, de manière à adapter sa stratégie.
© V. Marmuse

Nouvelles références, méthodes alternatives ou encore combinaisons de leviers étaient au programme des expérimentations menées par Arvalis cette année, que ce soit en matière de désherbage ou de défanage. Retour sur les principaux enseignements à en tirer. 

 

Désherbage : une nouvelle solution en prélevée

Cette année, Arvalis a testé Bismark, la nouvelle spécialité de Phyteurop. À base de Pendiméthaline et de Clomazone, celle-ci a obtenu son autorisation de mise sur le marché en mars dernier.  Elle s’applique en prélevée en plein à une dose de 2 l/ha. 

Elle a ainsi été comparée à d’autres spécialités du marché où la Clomazone est utilisée seule (Centium), mais aussi à des produits où la Clomazone est associée à d’autres matières actives (Métric à également base de Métribuzine et Toutatis à base d’Aclonifen). 

La flore présente dans les essais : principalement des renouées à feuilles de patience, des morelles et des chénopodes. «Pour l’ensemble des modalités testées, Il n’y a pas eu d’impact, ni sur le rendement, ni sur la matière sèche, souligne Cécile Roques, spécialiste désherbage et défanage chez Arvalis. La nouvelle référence affiche une efficacité comparable aux autres produits où la Clomazone est associée à une autre substance active, mais meilleure par rapport à la molécule seule.» 

 

Une année favorable aux stratégies mécaniques

Les équipes d’Arvalis ont également cherché à combiner les leviers, à savoir faire une prélevée chimique en associant les matières actives dont l’utilisation future n’est pour l’heure pas remise en question, comme ce peut être le cas du Prosulfocarbe et de la Métribuzine, tous deux sur la sellette. La post-levée était ici chimique ou mécanique, avec un passage d’une herse étrille et d’une butteuse à disques.   

Là encore, pas d’impact notable sur le rendement ni sur la matière sèche. L’ensemble des stratégies testés ont révélé une efficacité supérieure à 90 %. Avec les conditions de cette année et la flore adventice des parcelles, un traitement en prélevée aurait d’ailleurs pu être suffisant ; tout comme un désherbage mécanique en post levée, constate-t-on chez Arvalis.  

La herse étrille passée sur un sol ressuyé aura permis de désherber autant sur le rang que l’inter-rang. Les jeunes adventices ont pu être extraites du sol et avec le temps sec qui a suivi, elles ont séché en surface. Ce qui a permis d’avoir un désherbage satisfaisant des outils mécaniques. 

Pas de différence significative entre un traitement en plein ou en localisé, ni entre le chimique ou le combiné. Si le Prosulfocarbe et la Métribuzine ne sont plus sur le marché, on s’aperçoit que l’on peut faire aussi bien en termes d’efficacité de désherbage grâce aux matières actives que sont notamment le Métobromuron et la Clomazone. 

En termes de préconisations, Cécile Roques rappelle que «la première étape du désherbage reste, bien sûr, de bien définir sa cible de manière à adapter sa stratégie. Quelles sont les adventices présentes sur la parcelle ?». Que ce soit pour une stratégie 100 % chimique où l’on va opter pour la matière active adaptée à la flore en question ; ou bien une stratégie mécanique ou combinée, où l’on va davantage prêter attention au climat, et au niveau d’infestation des parcelles. Il convient d’intervenir au bon moment, sur des adventices jeunes et sur un sol ressuyé pour du mécanique, avec un temps sec derrière.   

 

Adapter son défanage

Concernant le défanage, les essais ont montré qu’avec les variétés tardives utilisées et les conditions de l’année, un broyage seul pouvait suffire. Il s’est avéré équivalent à une stratégie 100 % chimique avec deux passages. 

À noter que l’association en T1 de Carfentrazone (Spotlight) et Pyraflufène (Gozai/Sorcier) a conduit à une destruction plus rapide des feuilles notamment. Un coup de boost qui permet de gagner de 10 à 20 % de destruction. «Comme pour le désherbage, adapter son défanage est un élément clef, insiste Cécile Roques. Il faut également intervenir au bon moment, sur un feuillage sec et en tout début de sénescence.»  

 

Des alternatives intéressantes 

Arvalis s’est intéressé aux méthodes alternatives qui se développent dans le domaine du défanage. L’institut vient notamment de tester une nouvelle solution électrique qui permet d’augmenter considérablement le débit de chantier potentiel. Nucrop, fruit de la collaboration des sociétés Crop Zone et Nufarm, n’est encore qu’à l’état expérimental mais montre des résultats très intéressants. «La machine repose sur l’utilisation d’une génératrice d’électricité qui travaille avec la prise de force du tracteur, explique Michel Martin, responsable équipement chez Arvalis. Celle-ci alimente une rampe d’électrocution d’une douzaine de mètres placé à l’arrière du tracteur. A l’avant on trouve une rampe de pulvérisation qui vient traiter au préalable les pommes de terre avec un liquide conducteur.»   

Ce matériel s’avère plutôt adapté pour travailler sur des écartements de buttes de l’ordre de 75 cm. 

Les résultats d’essais montrent un débit de chantier possible multiplié par 6 à 8 par rapport au matériel de la société Zasso, expérimenté les années précédentes. «Si l’on souhaite intervenir en pleine végétation, il semble nécessaire de procéder à un double passage, précise Michel Martin. La combinaison broyage + un passage de Nucrop apporte de très bons résultats et va même montrer une tenue de peau améliorée des tubercules, par rapport à un défanage chimique seul.»  

De très bons résultats ont aussi été observés sur les matériels d’arrachage de fanes. L’appareil Vegniek s’est montré parfaitement opérationnel. Attention toutefois, lorsque l’on a des conditions de buttes très humides.  

D’une façon générale, ces méthodes alternatives présentent une bonne innocuité sur la qualité interne des pommes de terre. Si du côté de la chimie, la solution Spotlight reste une valeur sûre, l’association des matières actives permet un défanage plus rapide. Dans les situations compliquées, combiner broyage et défanage chimique ou électrique s’avèrent aussi efficace.

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