Pommes de terre
Comment désherber ses pommes de terre par temps sec
Les conditions de printemps ont permis une bonne implantation des pommes de terre, mais la dynamique rapide de levée impose d’anticiper les désherbages de prélevée dans un contexte climatique particulier.
Les conditions de printemps ont permis une bonne implantation des pommes de terre, mais la dynamique rapide de levée impose d’anticiper les désherbages de prélevée dans un contexte climatique particulier.
Les conditions météorologiques du printemps ont été favorables aux plantations, avec environ 80 % des surfaces implantées à la fin du mois d’avril. Cependant, le climat doux combiné à des plants «nerveux» peut engendrer des levées rapides. Dans ce contexte, les désherbages de prélevée doivent être anticipés sans attendre.
En pomme de terre, après la levée, les solutions chimiques restent très limitées. Avec des épisodes venteux fréquents il est crucial de profiter du moindre créneau sans vent pour intervenir, malgré le manque d’eau et les conditions de déficit hydrique, afin de ne pas rater la fenêtre d’efficacité et d’application des produits.
À ce jour, la seule solution de post-levée disponible repose sur une association type : Rimuron + Helm Surfer Plus, avec une action anti-dicotylédones. Son spectre d’action reste toutefois très limité : efficacité sur fumeterre et renouée liseron, mais, faible efficacité sur chénopode, morelle et mercuriale.
Adapter son programme
Les produits utilisés présentent majoritairement un mode d’action racinaire. Leur efficacité dépend directement du niveau d’humidité dans la butte et du stade des adventices. Dans ce contexte, il est important d’intervenir rapidement, notamment sur des plantations réalisées il y a une dizaine de jours, même si les buttes sont peu stabilisées.
Aujourd’hui, plusieurs solutions permettent d’associer différentes matières actives afin d’élargir le spectre d’action. Le choix des produits se raisonnera selon les adventices présentes, mais aussi selon le stade de germination, et l’état des buttes : lisses, grumeleuses (cf. photo ci-dessus), etc. De manière générale, les programmes doivent intégrer au minimum trois matières actives pour élargir le spectre et assurer une efficacité satisfaisante.
Certaines matières actives doivent être appliquées sur des germes à 5 cm du haut de butte. C’est le cas de produits à base de DFF, de pendiméthaline, de clomazone ou encore d’aclonifen. En cas d’intervention trop tardive, des marquages peuvent avoir lieu et seront plus ou moins importants selon les cumuls de pluies post-application.
Notons que certaines solutions créent un film sur la butte, il est donc important d’avoir des buttes stabilisées et lisses pour garantir une meilleure efficacité comme les produits à base d’Aclonifen ou encore le produit Bismark cs.
Les produits contenant aclonifen ne sont pas mélangeables avec le métobromuron. Pour des programmes 100 % chimiques, l’absence d’eau entraîne généralement une baisse d’efficacité. Dans nos essais menés à Villers-Saint-Christophe (02), en conditions sèches, les programmes prélevées en deux passages donnent de meilleurs résultats : une application précoce en prélevée ; un second passage plus tardif cinq à sept jours après le T1, au stade parcelle non levée avec plantules soulevant la terre.
Cette stratégie permet d’améliorer significativement le niveau d’efficacité dans ces conditions difficiles. Elle reste néanmoins délicate. Une intervention trop tardive sur des pommes de terre en cours de levée manquera de sélectivité.
Quelle alternative sans eau ?
Bien que le débit de chantier soit plus lent, la plantation décomposée est toujours gagnante dans des conditions sèches par rapport aux plantations en buttage définitif.
Enfin, le désherbage mécanique avec des outils dédiés comme la herse étrille ou l’utilisation de sarcleurs s’avèrent efficaces ; bien qu’il manque de persistance d’action. À ce jour, des sarcleurs permettent de réaliser plusieurs passages y compris après la levée des pommes de terre jusqu’à 70 % fermeture de rangs. Ces passages répétés permettent d’intervenir dès l’apparition de nouvelles adventices pour garantir une propreté jusqu’à fermeture des rangs. Notons que l’utilisation de sarcleurs permet aussi de rattraper des échecs suite au désherbage de prélevée (chimique).
Pour le désherbage mécanique, il est impératif de bien régler les outils pour une meilleure efficacité et d’intervenir sur des buttes pas trop veules afin de garantir une bonne tenue de la butte après le passage de l’outil.