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Pommes de terre
Comment irriguer sans favoriser le mildiou ?

L’irrigation des pommes de terre favorise la croissance foliaire, ce qui augmente le risque vis-à-vis du mildiou : les points d’entrée de la maladie sont alors plus nombreux sur la plante, notamment durant la période de croissance active. Les conseils d’Arvalis pour atténuer cet effet indésirable de l'irrigation.

La pomme de terre est une culture exigeante en eau. L’irrigation permet de réguler les rendements et de mieux maîtriser la qualité des tubercules. En outre, elle doit être parfaitement conduite pour ne pas gaspiller l’eau, ni favoriser de manière trop importante le développement de certaines maladies comme le mildiou.

L’irrigation favorise en effet la croissance foliaire, augmente la densité du feuillage et pénalise son séchage après une pluie ou la rosée. Durant la phase de croissance active, les tissus jeunes, plus sensibles aux infections, sont plus nombreux. Il est donc indispensable de bien prendre conscience de l’augmentation du risque de mildiou lors des apports d’eau d’irrigation.

Adapter les horaires d’irrigation pour limiter les risques

Phytophthora infestans, l’agent pathogène responsable du mildiou, est un oomycète qui a besoin de conditions environnementales bien définies pour se développer. La germination des zoospores et la phase de contamination nécessitent une hygrométrie relative supérieure à 87 % à 1,5 mètre du sol (présence d’eau libre sur les feuilles) et des températures moyennes entre 14°C et 26°C.

L’irrigation peut contribuer à allonger une période climatique à risque (brouillard, rosée, hygrométrie élevée) par l’humidité du sol et de la végétation qu’elle entretient sur la parcelle. Cette situation est d’autant plus vraie lors des irrigations de fin de journée (après 19 heures) ou des irrigations nocturnes. En effet, le feuillage ne pourra pas (ou peu) sécher pendant la soirée et la nuit, ce qui va venir ajouter une période d’humidité à l’humidité nocturne naturelle.

Il s’agit donc d’adapter les périodes d’irrigation aux conditions climatiques pour éviter de coupler un tour d’eau avec une période de risque naturelle.

Choisir les bons matériels pour réduire les risques

Le type d’irrigation utilisé influence directement le niveau de risque. Par exemple, l’irrigation par aspersion est plus propice à la propagation du mildiou que le goutte-à-goutte (ou micro-irrigation). Ce dernier se fait directement au sein de la butte sans mouiller le feuillage.

À noter qu’il convient de privilégier, quand cela est possible, des matériels d’irrigation mobiles (canons enrouleurs, rampes d’irrigations mobiles) plutôt que des matériels fixes (type sprinklers ou pivot). En effet, l’hygrométrie reste élevée au pied de ces systèmes alors que le fait d’avancer permet à la végétation de sécher assez rapidement pendant la journée après le passage du matériel d’irrigation.

Protéger d’abord, irriguer ensuite. Irriguer sur un feuillage protégé par un fongicide, s’il y a des risques. Respecter le délai d’action et de mise en place des matières actives avant d’irriguer (se reporter à l’étiquette du produit). Privilégier des fongicides de contact élaboré ou translaminaires, plus résistants au lessivage, pour dissocier les interventions d’irrigation et de protection tout en maintenant une efficacité optimale.

Des outils d’aide à la décision pour piloter les interventions

Le modèle Mileos® d’Arvalis, destiné à être intégré dans des OAD de pilotage de protection contre le mildiou de la pomme de terre, permet de suivre le risque mildiou en temps réel à la parcelle et d’intervenir si nécessaire. Ces OAD permettent d’éviter les traitements inutiles tout en sécurisant la production, de positionner au mieux ses interventions fongicides et de répondre aux exigences qualités demandées par les industriels. Arvalis met à disposition ce modèle aux éditeurs d’OAD, sans exclusivité.

De son côté, Irré-LIS est un modèle de bilan hydrique, qui permet un bon pilotage de l'irrigation, en tenant compte de la culture, de son sol et des paramètres climatiques.

Il permet d'optimiser les apports et d’économiser des tours d'eau, tout en gardant le potentiel de la culture.

En 2025, Arvalis s’est associé aux entreprises Weenat et Corhize qui ont intégré le modèle Irré-LIS® dans leurs OAD. Ce modèle est désormais accessible sur leurs plateformes web, avec ou sans pluviomètre connecté. Les cultures couvertes sont, entre autres, la pomme de terre, le maïs, le haricot vert, les épinards, ou encore les céréales à paille.

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