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Légumes
Crise de l'énergie : 30 % de la production d'endives en danger

À quelques jours d’une échéance capitale, les organisations professionnelles représentant  les producteurs d’endives continuent d’alerter les pouvoirs publics sur l’urgence de solutions pour limiter la hausse du coût de l’énergie.

Pour la Région Hauts-de-France, «miser sur la concurrence des fournisseurs ne suffira pas à obtenir un prix permettant  aux endiviers de survivre cet hiver».
Pour la Région Hauts-de-France, «miser sur la concurrence des fournisseurs ne suffira pas à obtenir un prix permettant aux endiviers de survivre cet hiver».
© D. R.

Le compte à rebours est lancé. Alors qu’au 31 octobre les contrats de fourniture d’électricité de 30 % des endiviers des Hauts-de-France arriveront à échéance, l’Association des producteurs d’endives de France (Apef) et l’Union des endiviers se sont désolées, le 17 octobre, qu’aucune solution n’avait encore été trouvée à cette date. La conséquence ?
C’est un risque de faillite pour ces entreprises qui n’ont pas signé un accord avec leur fournisseur d’électricité. Car pour l’Apef, «les prix proposés sont insoutenables». «Les endiviers sont extrêmement inquiets, la détresse est latente dans la profession, a ainsi déclaré Philippe Bréhon, producteur à La Couture (62) et président de l’Union des endiviers. Cela fait des mois que nous sommes dans l’incertitude et que nous nous battons pour trouver des solutions.» Du côté de l’Apef, le sentiment était partagé en ce début de semaine, selon sa présidente, Catherine Decourcelle, évoquant le «péril» de la filière : «Si nous ne trouvons pas de solution sous quinze jours, 30 % des endiviers français vont déposer le bilan, faute de trouver un contrat d’achat d’électricité, et la France perdra sa position de leader de la production d’endives». 

 

Au point mort

En ce milieu de semaine, Apef et Union des endiviers regrettaient encore «qu’aucune solution n’émerge pour l’instant», et ce, malgré des échanges «soutenus» avec les pouvoirs publics : «Le ministère de l’Agriculture travaille à nos côtés, mais le défi est de taille», soulignait il y a quelques jours Philippe Bréhon. Le 17 octobre, c’est la Région Hauts-de-France qui s’est emparée une nouvelle fois du sort des endiviers en adressant un courrier à la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher. Dans leur lettre, les élus régionaux Xavier Bertrand et Marie-Sophie Lesne reconnaissent «la mobilisation et l’écoute du ministre de l’Agriculture qui a reçu les acteurs en septembre» mais pointent du doigt «des solutions dégagées aujourd’hui ne permettant pas à la filière d’envisager sereinement l’avenir». Pour la Région Hauts-de-France, «miser sur la concurrence des fournisseurs ne suffira pas à obtenir un prix permettant aux endiviers de survivre cet hiver». Dans la même veine, Xavier Bertrand et Marie-Sophie Lesne estiment que «se reposer sur le dispositif énergo-intensif mis en place par le gouvernement n’est pas une solution pérenne», en raison notamment «de critères trop restrictifs». En dernier lieu, les élus régionaux demandent à la ministre de «recevoir la filière pour envisager des solutions concrètes». Mais il y a plus que jamais urgence.

 

Pénurie de carburant : les agriculteurs demandent à être prioritaires

Alors que les blocages des dépôts perdurent en France, les agriculteurs demandent à être prioritaires pour s'approvisionner en carburant. Lors d’un point presse donné le 14 octobre, Matignon avait indiqué que certains préfets avaient mis en place des dispositifs dédiés aux professions prioritaires, dont l’agriculture. Dans les faits, et malgré l’intervention des préfets, l’approvisionnement en gazole non routier (GNR) reste laborieux, notamment dans les Hauts-de-France, le Grand Est, l’Île-de-France et le Centre-Val de Loire, comme le confirment Hervé Lapie, président de la FRSEA Grand Est et Olivier Dauger, président de la Chambre d'agriculture des Hauts-de-France. Avec des effets particulièrement délétères sur le secteur, en plein dans la récolte des betteraves et des pommes de terre, le pressage du chanvre et les semis de céréales. À ces difficultés s’ajoute celle du coût du GNR, dont les prix s’envolent : le 14 octobre, ils s’élevaient à 1,54 €/l TTC, contre 1,20 €/l TTC le 19 septembre. Aux yeux du président de la Chambre d’agriculture des Hauts-de-France, les agriculteurs «sont pris en otage», et la distribution doit se faire au plus vite.
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