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De la salle de traite au robot, pour une transition réussie

Réussir son passage à une traite robotisée revêt de multiples aspects : tant sur le plan technique, économique qu’humain. Mieux vaut donc anticiper les choses, le plus en amont possible.

Le robot engendre un peu moins de travail à effectif constant qu’une salle de traite, mais surtout permet plus de souplesse, de confort de travail et une qualité de vie 
améliorée avec moins de pénibilité physique.
Le robot engendre un peu moins de travail à effectif constant qu’une salle de traite, mais surtout permet plus de souplesse, de confort de travail et une qualité de vie
améliorée avec moins de pénibilité physique.
© V. Ingebos



Passer de la salle de traite au robot impacte l’élevage, certes au niveau technique, et économique, mais aussi humain. De nombreuses questions entrent donc en ligne de compte dès la conception même de son projet. «Un projet réussi, est un projet anticipé, assumé et réfléchi», résume Cécile Wiot, conseillère en élevage laitier au sein de la coopération Ardennes conseil élevage.

Bien définir ses objectifs
«On constate que dans tous les choix des agriculteurs, que ce soient salle de traite, roto, robot… c’est le montant de l’investissement qui va impacter le revenu disponible, précise Cécile Goiset, conseillère lait au sein de la Chambre d’agriculture des Ardennes. La première question à se poser n’est donc pas d’ordre économique, mais elle est surtout liée aux objectifs individuels de l’exploitant : dans quel système souhaiterai-je travailler ? Suis-je familiarisé avec le numérique ? Ou encore suis-je en capacité de gérer un salarié ?»
L’investissement dans un robot, en comptant l’aménagement du bâtiment et le coût d’un racleur, est de l’ordre de 200 000 € (hors options supplémentaires). Un investissement qu’il faut pouvoir assumer financièrement. Sans oublier son lot de charges supplémentaires. Les frais de maintenance, d’eau, d’électricité sont à intégrer lors du chiffrage de son projet. Le passage au robot va aussi impacter le système fourrager de l’exploitation.
«Dans la plupart des cas, cela va entraîner une alimentation avec moins de pâturage qui s’accompagne généralement de l’achat de davantage de concentrés pour attirer les animaux au robot et équilibrer une ration plus riche en maïs ensilage», ajoute Cécile Goiset.  
«Dans la majorité des cas, le pâturage est délaissé au profit de plus de fourrages conservés excepté pour les élevages bio où le pâturage reste une priorité, précise Cécile Wiot. La part de concentré peut augmenter de ce fait mais reste très maîtrisable par le suivi des consommations au robot. C’est avant tout une bonne maîtrise de la qualité et la diversité des fourrages à l’auge qui permet une bonne fluidité des vaches dans le bâtiment.»   

Une bonne circulation dans le bâtiment
L’implantation du ou des robots dans le bâtiment et donc sa bonne fréquentation reste l’un des facteurs essentiels de réussite. «Plusieurs grands principes fondamentaux sont à bien respecter», souligne Maxime Tamine, conseiller bâtiment à la Chambre d’agriculture 08. Qu’elle soit libre, guidée ou semi-guidée, la circulation dans le bâtiment doit être fluide. «La vache vient se faire traire par une démarche volontaire et plus par une démarche forcée, comme en traite “classique” où l’éleveur pousse les animaux. Il faut donc des couloirs de circulation assez larges, sans obstacle. L’espace d’attente doit être de 5 m minimum devant le robot, avec la présence d’un point d’eau», préconise-t-il.  

Un changement de rythme
Une des principales motivations pour les éleveurs qui optent pour la traite robotisée est d’en finir avec les astreintes et la pénibilité physique. De gagner ainsi en souplesse, en confort de travail. Les études indiquent que le passage au robot fait gagner environ deux minutes par vaches et par jour. Attention tout de même, car «ce temps économisé est bien souvent annulé par l’augmentation du troupeau, nuance Cécile Goiset. Dans la plupart des cas, le robot fait passer un troupeau de 50 à 60 vaches laitières ou de 90/100 à 120 vaches. Si un éleveur passait cinq heures dans ses vaches : traites, litière, alimentation… Il passera cinq heures dans le suivi de ses animaux». Le robot ne remplace pas l’éleveur. Le travail de surveillance est le même. «Il faut continuer à observer ses animaux, à les isoler, soigner d’éventuelles mammites…», insiste-t-elle. Cette nouvelle gestion du troupeau requiert de mettre en place une bonne organisation du travail. Un temps d’adaptation sera forcément nécessaire. La traite ne rythme plus le quotidien, mais d’autres petites tâches journalières peuvent s’accumuler. «Le robot va fournir un certain nombre de données très utiles. Reste à s’approprier tous ces nouveaux indicateurs et à savoir les interpréter», explique Cécile Wiot. Ce sera du temps à passer devant l’ordinateur pour les analyser !    
Bien sûr, à cela s’ajoute la nécessité d’avoir un troupeau sain. Il ressort qu’une bonne maîtrise sanitaire en système salle de traite favorise les bons résultats lors du passage au robot. La gestion de la qualité du lait reste complexe. Mieux vaut donc partir sur des bases solides.

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