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Diversification : Somme de saveurs sort sa première récolte de poireaux

Les vingt-sept agriculteurs de la Sica Somme de saveurs vont au bout de leur projet : produire des poireaux, du champ au conditionnement, prêts à la commercialisation. Mais quelques défis restent à relever…

Entre 6 et 7 tonnes de poireaux sont conditionnées chaque jour. L’objectif est d’atteindre 10 t minimum.
Entre 6 et 7 tonnes de poireaux sont conditionnées chaque jour. L’objectif est d’atteindre 10 t minimum.
© A. P.



Ils arrivent du champ en palox. Fraîchement arrachés entre 5h30 et 8h30 le matin - heure où ils restent bien fermes, ils sont ensuite lavés, épluchés, triés, conditionnés. Et les voilà en caissettes, prêts à l’expédition vers les grandes surfaces de la région essentiellement : de magnifiques poireaux estampillés «cultivés dans les Hauts-de-France».
Le 17 octobre, la Sica Somme de saveurs, nom officiel du groupe de producteurs de la Communauté de communes Somme Sud-Ouest, lançait la première saison de production. «Nous voulions créer de la valeur ajoutée dans nos exploitations et nos terres de qualité nous permettent de produire des légumes de plein champ», rappelle Christophe D’Halescourt, président de la Sica.
L’invitation était donnée dans les bâtiments de la Cuma des Evoissons, à Lignères-Châtelain, où une chaîne de lavage a été montée provisoirement. Car un bâtiment de plus de 3 000 m2, sur un terrain de 2 ha, doit être construit dans la zone d’activités de Croixrault, toute proche. Stockage, lavage et conditionnement de plusieurs légumes y seront effectués. Il sera pourvu de trois chambres froides, deux chaînes pour les poireaux et une autre pour les céleris raves.
Pour l’heure, depuis le 12 septembre, à Lignères-Châtelain, «douze personnes travaillent à temps plein, du lundi au vendredi, et une treizième est à l’arrachage», explique Damien Nauwynck, producteur installé à Montmarquet. Le rythme est soutenu, et le rendu doit être impeccable car, les producteurs l’ont bien intégré, «la clé de la vente repose avant tout sur la qualité». Rita Demare, présidente de la coopérative belge Reo Veiling, qui a en charge la commercialisation, précise : «Les feuilles doivent être intactes, le blanc bien long, et le vert bien vert !»
Deux personnes sont donc en charge de placer correctement les légumes avant qu’ils entrent dans la laveuse. Celle-ci est alimentée par de l’eau recyclée dans trois bassins de décantation. «Des couteaux coupent les feuilles pour que le légume fasse 55 cm, la taille requise pour la mise en caisse, poursuit Damien Nauwynck. Sept personnes sont ensuite à l’épluchage. Toutes les feuilles abîmées sont retirées. Le produit doit être nickel.» Les poireaux tombent enfin sur la plaque tournante, dernière étape avant l’emballage. Ils sont mis en caisses par calibres : 2-3 (cm de diamètre), 3-4, et moins de 2.

Produire aussi bien… plus vite !
Cette année, ces poireaux s’arrachent comme des petits pains. «Il y a une très forte demande», confirme Rita Demare, de Reo Veiling. Les cours oscillent entre 0,90 et 1,10 Ä le kg, alors qu’ils atteignaient à peine 0,30 Ä/kg l’année dernière. «On n’espérait pas tant», confie Damien Nauwynck. Après quelques réglages de la machine et avec les conseils d’expert de la coopérative belge, les poireaux de la Sica Somme de saveur s’avèrent de très bonne qualité. Seul hic : la quantité produite chaque jour n’atteint pas l’objectif fixé. «Nous sommes entre 6 et 7 t par jour, alors qu’il faudrait au moins produire 10 t.» Il faut donc deux à trois semaines pour conditionner l’équivalent de 2 ha. L’arrachage, initialement prévu jusqu’au 31 mars, devrait donc avoir du retard.
Mais sur ce point aussi, les acheteurs ne feront pas de cadeau. «Si les expéditeurs clients n’ont pas la quantité dont ils ont besoin, ils iront chercher le produit ailleurs, certifie Rita Demare. Nous sommes pourtant persuadés que la Sica a la possibilité de produire rapidement les 8 000 t de légumes dont le consommateur régional a besoin.» Tout serait une question de détails qui font la différence : prendre le poireau une seule fois dans la main plutôt que deux fois, ne pas s’occuper des petits poireaux qui ont moins de valeur marchande… Il faut dire que le métier est tout nouveau pour les producteurs, comme pour les salariés.
«Comme le travail est dur physiquement, nous avons aussi eu beaucoup de turn-over», ajoute Damien Nauwynck. Quelques salariés font cependant preuve de ténacité. «On a planté des poireaux gros comme nos petits doigts. Ils nous arrivent énormes aujourd’hui», se réjouit Gertrude, qui faisait déjà partie de l’équipe des planteuses. Nathalie, elle, a rejoint l’équipe il y a un mois et apprécie l’ambiance conviviale. «On démarre un projet depuis le début. On verra bien jusqu’où cela va nous mener. C’est ce qui est passionnant !»
Le travail devrait aussi se diversifier avec l’arrachage des 12 ha de choux, qui manquaient encore un peu de calibre, la semaine prochaine. Les 6,8 ha de céleris raves, eux attendront le 15 novembre.
Les producteurs pensent déjà aux opportunités qui s’offrent à eux. «L’objectif pour la saison prochaine est de doubler les surfaces emblavées. Nous aimerions également développer la production d’autres légumes, comme des courgettes et des carottes, et mettre en place une gamme bio», projette Christophe D’Halescourt.

Dates clés

Décembre 2016

Del Monte annonce qu’il s’implante à Croixrault et qu’il est intéressé par des légumes locaux
Mai 2017
Création d’une association et décision de produire des légumes dès 2018
Avril 2018
Création de la Sica Somme de saveurs
Avril à juillet
Plantation des légumes
12 septembre
Premiers arrachages

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