Grandes cultures
En France, la production de céréales biologiques reste margina
Le Conseil supérieur «Grandes cultures» de FranceAgriMer a récemment dressé un bilan de la collecte de céréales biologiques en France. Il a aussi présenté les prévisions de production de l’industrie de l’alimentation animale et l’impact de la taxation européenne des engrais russes importés en France.
Le Conseil supérieur «Grandes cultures» de FranceAgriMer a récemment dressé un bilan de la collecte de céréales biologiques en France. Il a aussi présenté les prévisions de production de l’industrie de l’alimentation animale et l’impact de la taxation européenne des engrais russes importés en France.
Selon FranceAgriMer (FAM), les industriels de l’alimentation animale s’apprêtent à accroître, pour la troisième campagne consécutive, leur production. Celle-ci atteindrait 9,265 millions de tonnes (Mt), soit 500 000 tonnes (t) de plus qu’en 2022-2023, lorsque la filière avicole était confrontée à la grippe aviaire. Très bon marché, le blé sera préféré à l’orge et au maïs par les fabricants d’aliments. 4,75 Mt de froment fourrager seront transformées, soit 200 000 t de plus qu’en 2024-2025. A contrario, moins d’orges (1,15 Mt ; -0,05 Mt) et surtout moins de maïs (2,87 Mt ; -0,1 M t) formuleront les aliments produits durant la campagne 2025-2026. Les bonnes conditions climatiques du printemps et du début de l’été derniers ont profité à la filière céréalière biologique. FAM estime à 545 000 t la collecte de blé, d’orge, de triticale et de maïs biologiques. Elle est supérieure de 90 000 t à celle de l’an passé, mais elle ne représente qu’environ 1 % de la production conventionnelle de céréales françaises. Surtout, les céréaliers sont de moins en moins nombreux à convertir leurs terres à l’agriculture biologique.
Sur les 545 000 t de blé collectées, seules 11 000 t sont classées C2, c’est-à-dire issues de parcelles en deuxième année de conversion. L’an prochain, moins de 4 000 hectares seront labellisés agriculture biologique. La filière céréalière biologique ne décolle donc pas. En revanche, le panel de céréales collectées est singulier. La filière céréalière biologique se distingue de la conventionnelle par une production de triticale (60 000 t) relativement importante comparée à l’orge notamment (75 000 t).
Quant au maïs (125 000 t), sa culture n’a toujours pas la cote auprès des céréaliers biologiques. La production française de céréales biologiques est globalement déficitaire. Si la collecte de froment est estimée à 282 000 t, la meunerie prévoit de fabriquer l’équivalent de 187 000 t de grains en farine, l’industrie de l’alimentation animale d’en transformer 83 000 t alors que 20 000 t de blé seront vendues directement aux éleveurs. Aussi, 35 000 t de froment seront importées de pays tiers. Toutes céréales confondues, la meunerie, l’industrie de l’alimentation et les circuits de ventes directes achèteront 42 000 tonnes de grains cultivés hors de l’hexagone.
Taxe sur les engrais
En céréaliculture conventionnelle, l’emblavement des céréales d’hiver s’achève alors que les agriculteurs s’inquiètent de savoir à quels prix ils achèteront leurs engrais dans les prochaines semaines. Les mesures d’ajustement carbone aux frontières (MACF) et la nouvelle taxation des engrais azotés importés de Russie, en vigueur depuis l’été dernier, les effraient. Selon FAM, le marché mondial de l’urée reste bien approvisionné, avec des prix en léger repli sous l’effet d’une demande faible. Or, la Commission européenne a instauré au mois de juillet dernier un droit de douane de 6,5 % assorti d'une taxe sur les engrais importés de Russie. Ces droits de douane doivent augmenter progressivement jusque 2028, pour atteindre 430 € par tonne. Depuis, la France n’importe plus de solutions d'urée et de nitrate d'ammonium (UAN) de Russie ni d’urée pure. En conséquence, les États-Unis sont devenus le fournisseur unique de l’Hexagone d’UAN. Mais aucun report des quantités d’engrais jusqu’à présent achetées en Russie n’a été observé sur les origines étasuniennes, souligne FAM. Tout au plus constatait-on au mois de juin dernier des livraisons d’engrais russes supérieures à l’année passée, avant l’instauration des nouvelles mesures douanières. Ces dernières ont eu le même impact sur les importations d’urée russe en France. Depuis six mois, seules l’Algérie et l’Égypte expédient de l’urée en France sans observer, là encore, un quelconque report de volume russe sur les autres origines.