Syndicalisme
Entre Laurent Duplomb et la FDSEA de la Somme, un échange de good vibes
L’intervention du sénateur Laurent Duplomb lors de l’assemblée générale de la FDSEA de la Somme, mardi 10 février à Amiens, a galvanisé les troupes et redonné foi à l’engagement politique pour la défense des intérêts agricoles.
L’intervention du sénateur Laurent Duplomb lors de l’assemblée générale de la FDSEA de la Somme, mardi 10 février à Amiens, a galvanisé les troupes et redonné foi à l’engagement politique pour la défense des intérêts agricoles.
Le moment était très attendu, et l’assistance a répondu en masse à la visite du sénateur Laurent Du-plomb à l’assemblée générale de la FDSEA de la Somme, au stade Crédit Agricole La Licorne. Venu évoquer ses engagements en parallèle à son métier d’agriculteur – il l’exerce toujours – depuis sa commune jusqu’au Sénat, en passant par le syndicalisme agricole, Laurent Duplomb a conquis l’assistance. Il faut dire que les attentes du monde agricole vis-à-vis du politique sont nombreuses et que l’invité du jour n’a pas sa langue dans sa poche.
La PPL Duplomb 2
Très attendu, y compris médiatiquement, parce qu’il a annoncé il y a quelques jours le dépôt d’une proposition de loi pour réautoriser l’utilisation de deux insecticides interdits sur quatre cultures, il insiste : «L’acétamipride est autorisée partout en Europe… sauf en France. Il faut m’expliquer pourquoi ce produit est autorisé s’il est réellement dangereux et pourquoi certains pays ont décidé de relever le seuil des limites maximales autorisées dans
le miel ?!» Pour Laurent Duplomb, le dé-bat sur l’utilisation de l’acétamipride est biaisé parce qu’il a été «instrumentalisé par l’extrême gauche». «On est dans un monde de fous et c’est pour cela qu’il ne faut pas se laisser faire et s’engager.»
Défendre un modèle familial
Interrogé sur sa vision du modèle agricole «idéal», Laurent Duplomb l’assure : «Ce que veulent les Français, ce n’est ni plus ni moins que ce que nous faisons aujourd’hui. Nous avons un modèle d’agriculture familial, des exploitations que l’on arrive à transmettre, à taille humaine, même s’il peut y avoir quelques exceptions. Quand j’exploite une ferme d’élevage de 130 vaches laitières avec trois autres associés, je n’ai pas l’impression d’être un businessman.»
Anne Le Strat et l’OFB
Comme il l’avait fait quelques jours plus tôt via un communiqué, Laurent Duplomb est revenu sur la nomination d’Anne Le Strat à la direction de l’Office français de la biodiversité : «L’OFB, a-t-il dit, est un gros sujet.» C’est la raison pour laquelle il a été à l’initiative d’une PPL en 2024 demandant «la suppression de l’OFB et le retour à l’ONCFS et à la police de l’eau». Aujourd’hui, il voit dans l’OFB «une police religieuse qui conduit aux excès que l’on connaît. L’OFB, c’est une machine à broyer des agriculteurs. On ne peut pas accepter que, sous couvert d’être une police de l’environnement, cet organisme soit un outil de militantisme». Au passage, le sénateur Duplomb fustige l’attribution de fonds par l’OFB à des organisations telles que France Nature Environne-ment ou Générations Futures.
Pas contre l’écologie
En conclusion de son intervention, par ailleurs très applaudie, Laurent Duplomb a assuré «ne pas être contre l’écologie». Et de rappeler «qu’un agriculteur, c’est un agronome, quelqu’un qui travaille avec la terre, le vivant, et qui veut transmettre. Je ne peux pas croire qu’un agriculteur ait un quelconque intérêt à détruire ce avec quoi il travaille.» En dernier lieu, le sénateur Duplomb a dit «craindre la décroissance qui a déjà commencé», en appelant à un réveil : «Ce n’est pas de modèle agricole qu’il faut changer, mais de modèle de pensée. Notre combat doit être de nourrir tous les Français en leur permettant d’avoir accès à des produits de qualité. Notre agriculture, c’est ce qui a fait la fierté de notre pays. Il nous faut être fiers de notre agriculture. Si nous l’étions vraiment, la France se porterait mieux.»