Politique
Nomination d’Anne Le Strat à l’OFB : la colère de Laurent Duplomb
Figure engagée de l’écologie politique, Anne Le Strat vient d’être nommée directrice générale déléguée de l’Office français de la biodiversité (OFB), chargée de la « mobilisation de la société ». Une décision qui provoque une réaction virulente du sénateur Laurent Duplomb, défenseur affirmé du monde agricole et artisan d’une loi qui porte son nom.
Figure engagée de l’écologie politique, Anne Le Strat vient d’être nommée directrice générale déléguée de l’Office français de la biodiversité (OFB), chargée de la « mobilisation de la société ». Une décision qui provoque une réaction virulente du sénateur Laurent Duplomb, défenseur affirmé du monde agricole et artisan d’une loi qui porte son nom.
L’arrêté de nomination d’Anne Le Strat à un poste stratégique de l’OFB n’est pas passé inaperçu dans les campagnes, et continue de faire du foin. Pour de nombreux acteurs agricoles, le profil de l’ancienne élue parisienne, très engagée dans les réseaux écologistes radicaux, interroge en effet sur la capacité de l’établissement à remplir ses missions dans un climat apaisé.
Laurent Duplomb, sénateur Les Républicains de la Haute-Loire, n’a pas tardé à réagir. Dans une déclaration publique diffusée samedi 24 janvier, il dénonce une décision « profondément politique » et lourde de conséquences pour l’agriculture. « Une nomination qui sonne comme une provocation », tranche le parlementaire.
Un profil jugé incompatible avec la neutralité de l’OFB
Anne Le Strat est connue pour son engagement ancien au sein d’Europe Écologie – Les Verts, sa proximité avec Extinction Rebellion, son soutien aux Soulèvements de la Terre, ainsi que sa signature d’appels décroissants prônant une « convergence antiproductiviste ». Elle a également été une figure active de France Nature Environnement et s’est positionnée à plusieurs reprises contre les pratiques agricoles conventionnelles.
Pour Laurent Duplomb, cette trajectoire pose un problème de fond : « Figure de l’écologie radicale, proche d’EELV, d’Extinction Rebellion, signataire d’un appel de collectifs décroissants à une “convergence antiproductiviste”, soutien militant des Soulèvements de la Terre, de France Nature Environnement… Elle s’est toujours rangée du côté de tous ceux qui s’en prennent aux agriculteurs. »
Il poursuit : « Opposée à toute logique productive et engagée dans les combats les plus hostiles au monde agricole, elle se retrouve soudain propulsée aux commandes d’un organisme censé travailler en toute neutralité avec… ceux qu’elle a toujours ciblés ! »
« Un signal désastreux envoyé au monde agricole »
Au-delà du symbole, le sénateur redoute un durcissement des relations déjà tendues entre l’OFB et les exploitants, dans un contexte où les contrôles environnementaux sont vécus, sur le terrain, comme de plus en plus contraignants.
« Quel signal veut-on envoyer au monde agricole à travers cette nomination partisane et dogmatique ? », interroge-t-il.
« Quand on confie la mobilisation nationale à quelqu’un qui a soutenu les mouvements les plus agressifs envers les agriculteurs, il ne faut pas s’attendre à plus d’écoute. »
Et de conclure : « On peut en revanche s’attendre à davantage de pression, de suspicion et de contraintes pour celles et ceux qui nourrissent le pays. À travers ce choix militant, l’OFB ne fragilise pas seulement nos campagnes : il met en péril l’avenir même de l’agriculture française ! »
Qui est Laurent Duplomb ?
Sénateur de la Haute-Loire depuis 2017, Laurent Duplomb s’est imposé ces dernières années comme l’une des voix les plus offensives du Sénat en faveur du monde agricole. Ancien éleveur et président de la FDSEA de Haute-Loire, il revendique une connaissance fine des réalités du terrain et une ligne politique clairement assumée en faveur de la production, de la compétitivité et de la simplification des normes.
Il s’est fait connaître nationalement par la loi qui porte désormais son nom, adoptée en 2024, visant à desserrer certaines contraintes environnementales jugées excessives pour les exploitants agricoles. Cette loi, portée comme une réponse aux mobilisations agricoles, a notamment facilité l’accès à certains produits phytosanitaires, simplifié des procédures administratives et renforcé la protection juridique des agriculteurs face aux contentieux environnementaux abusifs.
Pour ses partisans, la « loi Duplomb » incarne une reprise en main politique en faveur de la souveraineté alimentaire. Pour ses détracteurs, elle symbolise au contraire un recul des exigences environnementales. Une polarisation qui éclaire aussi la virulence de sa réaction à la nomination d’Anne Le Strat.
Un contexte de défiance persistante
La nomination intervient alors que les relations entre l’OFB et les exploitants restent marquées par une forte défiance, malgré les tentatives de réchauffement du dialogue engagées par l’État. Le plan gouvernemental de « dialogue renouvelé » annoncé en 2025 n’a pas suffi à dissiper les tensions sur le terrain, notamment autour des contrôles, de la police de l’environnement et des interprétations réglementaires.
Dans ce climat, le choix d’un profil très engagé politiquement apparaît, pour de nombreux agriculteurs, comme un contre-signal, voire une provocation.
Un rendez-vous attendu en Picardie
Laurent Duplomb sera l’invité de l’assemblée générale de la FDSEA de la Somme le mardi 10 février prochain. Nul doute que cette nomination, la place de l’OFB et l’avenir des relations entre agriculture et politiques environnementales seront au cœur des échanges. Les discussions ne manqueront pas.