Environnement
Nomination d’Anne Le Strat à l’OFB : de l’huile sur le feu ?
La nomination d’Anne Le Strat comme directrice générale déléguée de l’Office français de la biodiversité (OFB), chargée de la « mobilisation de la société », suscite une attention soutenue dans le monde agricole.
La nomination d’Anne Le Strat comme directrice générale déléguée de l’Office français de la biodiversité (OFB), chargée de la « mobilisation de la société », suscite une attention soutenue dans le monde agricole.
Le début de l’année 2026 marque un (drôle de) tournant pour l’Office français de la biodiversité, qui a vu Anne Le Strat nommée au poste de directrice générale déléguée en charge de la mobilisation de la société. L’arrêté officiel de nomination, daté du 5 janvier 2026, confirme son affectation à une fonction pour le moins stratégique au sein de l’établissement public qui concilie missions de sensibilisation, d’expertise scientifique et de police de l’environnement.
Des braises encore chaudes
Ancienne élue parisienne, avec un long parcours dans la gestion de l’eau et un engagement associatif en faveur des politiques publiques environnementales, Anne Le Strat a notamment été membre de la direction exécutive des Écologistes, ancienne adjointe au maire de Paris chargée de l’eau et présidente d’Eau de Paris, avant de rejoindre l’équipe de direction de l’OFB fin 2025.
Dans le monde agricole, aucune déclaration publique formelle de syndicats majeurs n’a encore été diffusée explicitement au sujet de cette nomination. En revanche, l’actualité récente est dominée par des tensions persistantes entre agriculteurs et l’OFB, qui constituent un contexte déterminant pour comprendre les inquiétudes potentielles.
La défiance entre le monde agricole et l’OFB comme les tensions ne sont pas nouvelles, ce que le gouvernement a semble-t-il reconnu dernièrement en présentant par exemple le 17 avril 2025 un plan de « 10 mesures pour un dialogue renouvelé entre l’OFB et les acteurs agricoles ». L’objectif ? Apaiser des relations parfois « tendues » et de créer un « dialogue de confiance » entre l’agence et les producteurs.
L’absence de déclarations directes sur la nomination d’Anne Le Strat ne signifie pas que le sujet doive être isolé des débats en cours. L’appartenance politique passée de Mme Le Strat à Europe Écologie Les Verts, et son rôle continu comme personnalité engagée dans les questions environnementales, fait qu’elle est perçue, dans certains milieux agricoles et sur les réseaux sociaux, comme une figure associée à une ligne politique pouvant être jugée idéaliste ou distante des préoccupations agricoles quotidiennes.
Un profil engagé
Pour les agriculteurs, qui ont parfois exprimé un sentiment d’incompréhension voire de défiance envers certains contrôles de l’OFB jugés « mal expliqués » ou injustes, la nomination d’une personnalité à profil engagé peut être perçue comme un symbole renforcé de la priorité accordée aux enjeux environnementaux sans dialogue apaisé préalable.
Sans nul doute, le monde agricole est dans l’attente de connaître la manière dont Anne Le Strat entend exercer sa fonction : privilégiera‑t‑elle une approche de co‑construction avec les acteurs agricoles et les collectivités, ou maintiendra‑t‑elle des méthodes de mobilisation jugées trop orientées par certains professionnels ?
La réponse à cette question déterminera en grande partie l’évolution du climat entre l’OFB et les filières agricoles dans les prochains mois, voire dans les prochains jours...