pommes de terre
Face au changement climatique, des variétés plus tolérantes que d'autres
Alors qu’elle est pourtant réputée sensible, la variété Innovator a bien répondu au manque d’eau sur les essais en conditions d’irrigation limitantes de la chambre d’agriculture depuis deux ans. Tout comme ses homologues Fontane et Lady Jane.
Alors qu’elle est pourtant réputée sensible, la variété Innovator a bien répondu au manque d’eau sur les essais en conditions d’irrigation limitantes de la chambre d’agriculture depuis deux ans. Tout comme ses homologues Fontane et Lady Jane.
En 2025, les essais en stress hydrique de la chambre d’agriculture ont perduré sur les terres de Berny-en-Santerre, dans le cadre du projet Evalu'Eau. Cette année encore, ce sont les variétés à destination du marché de l’industrie et de la transformation qui sont sorties vainqueurs face au manque d’eau en début de cycle.
Grâce à notre dispositif d’abris mobiles, nous avons pu, sur la saison 2025, placer en stress hydrique les variétés de pommes de terre suivantes : Innovator, Fontane, Challenger, Lady Jane, Mélody et Agata. Des profils de variétés très différents pour tenter d’identifier leur comportement face au manque d’eau pendant la tubérisation ou le grossissement des tubercules et pouvoir préconiser d’éventuelles économies d’eau d’irrigation. Le stress hydrique est défini aux alentours d’une réserve d’eau dans le sol de 30 %. À ce stade, il est plus difficile pour la plante de la capter comme lors d’une période sèche.
Nous avons observé une légère baisse du taux de matière sèche en moyenne sur les parcelles stressées lors de la tubérisation : 18,4, tandis que les plantes en confort et stress pendant le grossissement sont aux alentours de 20. Contrairement aux attentes, le nombre de tubercules par pied n’est, en moyenne, que peu influencé par la conduite d’irrigation sur nos essais. Les variétés Lady Jane et Fontane sont celles qui perdent le plus en nombre de tubercules lors d’un stress hydrique tandis que les autres variétés restent plutôt constantes.
Trois variétés tolérantes au stress hydrique à la tubérisation
Grâce au tableau suivant qui résume l’ensemble des résultats de rendements et de qualité, nous observons que parmi les variétés destinées au marché du frais, Melody est toujours une variété qui résiste mieux au manque d’eau que sa consœur Agatha, très sensible. Tandis qu’en variétés industrielles, Innovator et Fontane sont cette année encore celles qui perdent le moins de rendement face au manque d’eau en début de cycle. Une économie d’eau pendant le grossissement apparaît (logiquement) préjudiciable pour toutes les variétés étudiées en dehors de Mélody qui reste assez constante.
Côté calibres, les variétés Fontane et surtout Lady Jane sont celles qui augmentent la proportion de gros calibres intéressants lors d’un manque d’eau en début de cycle tandis que pour Innovator, on observe la tendance inverse. La variété Mélody reste encore plutôt constante dans les calibres moyens intéressants pour les deux types de stress hydrique.
Ainsi, au regard des comportements en termes de rendement et de calibres, les variétés qui ont offert le meilleur compromis dans le cas d’une économie d’eau de 77 mm en début de cycle sont Innovator, Fontane, Lady Jane et Mélody.
Innovator s’enracine plus rapidement en cas de manque d’eau
Grâce à l’utilisation de sondes capacitives, nous avons pu observer la prospection racinaire sur la variété Innovator entre le témoin et les deux parcelles en stress hydrique. Les observations sont claires : l’enracinement en profondeur atteint des horizons inférieurs avec au minimum quinze jours d’avance, voire trois semaines lorsque la plante est soumise à un manque d’eau. Ce paramètre qui semble expliquer entre autres les différences de tolérance face au stress hydrique entre les variétés, sera étudié bien plus en détail en 2026. En effet, sur les variétés Mélody et Agatha, nous allons utiliser un scanner à racines, appelé également «rhizotron», tout au long de leur cycle pour observer la prospection racinaire, le volume et beaucoup d’autres paramètres, directement au cœur de la butte sans déranger le développement de la plante. Notre objectif : étudier si l’adaptation des variétés tolérantes au manque d’eau passe par le développement d’un système racinaire différent.