Aller au contenu principal

Foncier
Faciliter l’accès à la terre pour encourager l’installation

Au cours des dix prochaines années, dix millions d’hectares vont changer de mains. Une nouvelle génération d’agriculteurs et de propriétaires émergera.

Le statut du fermage n’a jamais démérité. Il offre la stabilité aux nouveaux installés de réaliser leurs projets sans être contraints d’acheter les terres qu’ils exploitent.
Le statut du fermage n’a jamais démérité. Il offre la stabilité aux nouveaux installés de réaliser leurs projets sans être contraints d’acheter les terres qu’ils exploitent.
© V. Marmuse / CAIA

C’est l’un des défis des prochaines années pour assurer le renouvellement des générations : comment répondre aux attentes de la nouvelle génération d’agriculteurs qui s’installent – un tiers d’entre eux est non issu du monde agricole – alors que 10 millions d’hectares se libéreront d’ici  2035 ? C’est à cette question que la Fédération nationale des Safer (FNSafer) a tenté de répondre lors du dernier Salon de l’agriculture. «Si les terres ne sont pas reprises, elles pourraient être mises en jachères ou se transformer en friches», avertit Bruno Keller, président de la Fédération nationale de la propriété privée rurale (FNPPR) Pour rendre la transmission des terres plus aisée, Pierre Meyer, membre du conseil d’administration de Jeunes agriculteurs (JA) et Coline Sovran de Terre de liens ont émis quelques suggestions. «Afin de faciliter l’installation hors cadre familial et l’installation progressive, il faut revoir le schéma directeur régional des exploitations agricoles qui détermine les orientations de la politique régionale d'adaptation des structures d'exploitations agricoles», affirme Coline Sovran. Emmanuel Hyest prodigue sa simplification. «Telles quelles, les autorisations d’exploitation, on va droit dans le mur», prévient-il.

 

Projet professionnel

«Au cours des dix prochaines années émergera une nouvelle génération de propriétaires fonciers. Pour les inciter à conserver leurs terres, leur location devra être rentable», souligne Bruno Keller. À cette fin, il suggère les exonérations de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), comme le sont actuellement les agriculteurs bailleurs, mais aussi des droits de succession. Mais les nouveaux propriétaires s’engageront alors à mettre leurs terres en fermage. «Il ne faut pas compter sur le groupement foncier agricole d’investissement créé par le gouvernement. C’est une solution pour des besoins ponctuels. Il ne porte que sur 65 000 hectares !», souligne le président de la FNSafer. «Pour JA, être propriétaire n’est pas une fin en soi», a rappelé Pierre Meyer. Le statut du fermage n’a jamais démérité. Il offre la stabilité aux nouveaux installés de réaliser leurs projets sans être contraints d’acheter les terres qu’ils exploitent. «S’installer ce n’est plus un projet de vie mais un projet professionnel. C’est pourquoi le statut de fermier répond aux aspirations de la nouvelle génération d’agriculteurs qui s’installent. Ils réalisent leur projet professionnel tout en ayant la possibilité de se retirer du métier pour se reconvertir professionnellement», souligne Coline Sovran. «Sans ce statut du fermage, ces nouveaux agriculteurs ne se seraient probablement pas installés car le risque serait trop important.»

 

Financiarisation de l’agriculture

«Quoi qu’il en soit, ils ne peuvent acheter les terres qu’ils vont cultiver tout en finançant leur outil de production», soutient Bruno Keller. «Lorsqu’un candidat à l’installation tarde à concrétiser son projet, il peut toujours compter sur les Safer pour stocker les terres convoitées avant de les lui louer ou de les acquérir», rappelle Emmanuel Hyest. «Elles peuvent aussi exercer l’activité de société foncière en incitant des investisseurs à acquérir des terres pour les louer ensuite à des agriculteurs.» Mais les Safer s’opposent à la création du GFA d’investissement. Pour cette organisation, cette mesure financiarisera l’agriculture et favorisera la création d’exploitations de très grande dimension aux dépens de l’installation et des productions alimentaires. Aussi, le président de la FNSafer demande «l’annulation de l’article 11 du projet de loi d’orientation agricole en faveur du renouvellement des générations en agriculture». Il ne comprend pas pourquoi l’Élan, le fonds de portage de foncier destiné à faciliter l’accès au foncier pour des jeunes agriculteurs (lire encadré) notamment hors cadre familial, n’est pas encore fonctionnel.

 

Le dispositif Élan

Les Safer et leurs partenaires, après plusieurs années de travail, ont lancé en mars 2023, Élan, un nouvel outil de portage du foncier des exploitations.
Ce dispositif entend :
- Faciliter l’accès au foncier pour des jeunes agriculteurs, notamment hors cadre familial, souhaitant s’installer, dans un contexte démographique extrêmement préoccupant de vieillissement de la population agricole (un agriculteur sur cinq seulement a moins de 40 ans)
- Concilier économie agricole, agro-écologie et adaptation au changement climatique
- Avoir un impact sur la vitalité des territoires ruraux, en termes d’emploi et de maintien du tissu social, de circuits de distribution, etc.
- Avoir une portée nationale et viser une diversité de systèmes de production agricoles et la solidarité territoriale
- Compléter les dispositifs développés dans les territoires, à l’image des Foncières ou des conventions de portage foncier associant généralement Safer, Régions, organismes bancaires et les filières.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Avenir conseil élevage anime plusieurs groupes d’éleveurs, équipés de robot ou non, qui visent des performances élevées tout en maîtrisant les coûts de production.
Repenser la routine avec la traite robotisée

Dans les élevages laitiers, la robotisation de la traite est souvent perçue comme un gain de temps et de confort. Savoir s’…

Michel-Édouard Leclerc et le traité de libre-échange UE-Mercosur
Accord UE-Mercosur : la position provoc de Michel-Édouard Leclerc

Invité de LCI le dimanche 21 décembre, le président du comité stratégique des centres E. Leclerc a plaidé pour un véritable…

Quatre ministres de l'Agriculture défendent la stratégie du gouvernement contre la DNC.
Dermatose nodulaire contagieuse : quatre anciens ministres de l'Agriculture défendent la ligne sanitaire de l’État

Dans un texte publié dans La Tribune Dimanche, Michel Barnier, Marc Fesneau, Stéphane Travert et Julien Denormandie,…

L’abattage, «un crève-cœur pour les éleveurs mais nécessaire»

Ce 12 décembre, Arnaud Rousseau, réunissait les médias pour alerter sur la tournure que prend le respect du protocole de lutte…

blocage de Scapartois par les JA en réponse aux déclarations de Michel-Edouard Leclerc sur le Mercosur.
Une action de blocage de la centrale Scapartois en réponse directe aux déclarations de Michel-Édouard Leclerc

Les Jeunes Agriculteurs du Nord–Pas-de-Calais annoncent ce lundi 29 décembre, une action de blocage du site Scapartois. Une…

L'incendie d'un bâtiment d'élevage porcin à Robecq (62) ce jeudi 1er janvier 2026 a nécessité le déploiement d'importants moyens de lutte.
Plus d’un millier de porcs et porcelets périssent dans l'incendie d'un bâtiment

Un violent incendie a ravagé, jeudi 1er janvier, une exploitation porcine de Robecq, dans le Pas-de-Calais. Malgré une…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde