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Elevage laitier
Ferme de Drucat : la fin du cirque !

Après bien des péripéties, l'élevage de Drucat a commencé à fonctionner.

L'accès au site étant libéré, la sérénité revient autour de Drucat, même si la polémique n'est pas totalement éteinte.
L'accès au site étant libéré, la sérénité revient autour de Drucat, même si la polémique n'est pas totalement éteinte.
© AAP

Une fois de plus, une fois de trop, le département de la Somme a été sous les feux des projecteurs nationaux depuis une semaine, avec une nouvelle bataille autour du projet de ferme laitière de grande taille.

Chronologie des faits
La SCL a commencé le transfert des vaches dans l'étable construi­te et opérationnelle dans la nuit du vendredi 12 au samedi 13 septembre. Dès lors, l'association Novissen a commencé à entraver leur arrivée, et le cirque médiatique s'est alors mis en place.
Durant tout le week-end, alors que le blocage restait en place, les discussions ont repris entre les deux protagonistes locaux, qui, au cours du week-end, ont d'un côté campé sur leurs positions, mais aussi, de l'autre, commencé (enfin) à rapprocher leurs attentes et trouver un terrain de sortie de crise.
Alors qu'à Plaine en Fête, une très grande majorité d'agriculteurs du secteur se disaient révoltés par le principe d'une entrave à la liberté d'entreprendre en respectant les règles, et que bon nombre d'entre eux n'attendaient qu'un mot pour s'inviter sur place et rétablir l'ordre, Fdsea et JA, en lien avec les services de l'Etat décidaient de ne pas jouer la surenchère et laissaient les discussions arriver à leur terme.

L'agitation vient d'ailleurs
Tout était en place dimanche pour qu'entre riverains et protagonistes locaux une issue soit trouvée, car le projet a récemment évolué avec une réduction et de la puissance du méthaniseur et son alimentation restreinte aux effluents de l'élevage et aux déchets végétaux de proximité. Dès lors, il était pleinement compatible avec les alertes exprimées publiquement par le président de Novissen, qui avait lâché suite aux questions réitérées de la Fdsea lors de sa dernière réunion salle des Carmes en février dernier, «1000 vaches et un méthaniseur 100% agricole, OK...».
Ce début de semaine devait donc voir l'apaisement se confirmer, mais c'était tout le contraire : furieux que le conflit local trouve une issue locale, les leaders opposants au projet qui s'étaient invités au débat et s'érigeaient en combattant de l'élevage soi-disant intensif - entendons par là la plupart des élevages de la Somme - soufflaient sur les braises et ravivaient un feu qui était en passe de s'éteindre.
Blocage de nouveau, et comme le président de la Confédération Paysanne, Laurent Pinatel, est interdit de séjour dans le département de la Somme, c'est de nouveau au ministère de l'Agriculture que les auto-invités de dernière minute se retrouvait ce mardi 16 septembre. Pour couronner le tout, une affiche de réunion publique programmée au Crotoy le mercredi 17 septembre faisait à nouveau le lien Novissen - Ferme Usine - Pollution et algues vertes ...
Entre dimanche soir et mardi matin, en moins de 36 heures, d'une situation de sortie de crise, le département se retrouvait à nouveau en situation explosive.

La profession exprime son ras-le-bol
Trop, c'est trop pour la Fdsea et les JA. Suite à la session de la chambre d'agriculture de lundi dernier au cours de laquelle la profession a exprimé son ras-le-bol du cirque que constitue cette affaire et des dégâts causés sur l'ensemble du monde de l'élevage, un ultimatum était posé :
- levée du blocage à Drucat ;
- suspension de la réunion au Crotoy et de toute autre forme de communication jetant l'opprobre sur l'élevage, faute de quoi les agriculteurs et éleveurs du département seraient appelés à y venir systématiquement.
L'entrevue au ministère a rappelé le cadre légal dans lequel l'exploitation s'exerce, et dès lors, en miroir, le cadre illégal de l'entrave qui y est faite. Au sortir, le blocage du site était levé, et, Novissen tenait une réunion pour aborder la suite (la fin) avec ses adhérents.
La moitié des exigences de la Fdsea et des Ja était honorée, restait à connaître le sort de la réunion publique au Crotoy.
A l'heure où nous bouclons, elle était toujours prévue, et donc la mobilisation Fdsea-JA est maintenue.


Le cadre légal de l'exploitation

Le ministre a rappelé les conditions dans lesquelles le site est autorisé à fonctionner :
o Etable
- Autorisation d'exploiter actuelle à 500 vaches, avec plan d'épandage en conséquence et enquête publique réalisée.
- Possibilité d'augmenter de 500 à 899 vaches, sur présentation d'un dossier à la préfecture qui évaluera la nécessité ou non d'une enquête publique.
- Possibilité d'augmenter au-delà de 900 vaches par procédure d'enquête publique.
o Méthaniseur
L'autorisation actuelle porte sur une méthanisation de 1,3 MW avec un sourcing très varié. Le projet est ramené à 0,6 MW avec un sourcing restreint aux effluents et déchets végétaux de proximité.Un dossier modificatif va être déposé dans ce sens.
 

REACTION

Laurent Degenne, président de la Fdsea

Halte au cirque !

Quand tout est réuni pour qu'une telle polémique s'arrête, c'est irresponsable d'en remettre une louche, comme on l'a vécu en ce début de semaine.
Le conflit a été local, sa solution se doit être locale car ça n'a jamais eu d'autre dimension. C'est inacceptable qu'à des fins politiques, personnelles et carriéristes, certains se soient invités dans ce débat pour jouir d'une populaire bienséance, alors qu'en fait, ils n'en n'ont rien à faire du sort des centaines d'éleveurs du département. Notre agriculture départementale, et plus particulièrement l'élevage, n'a pas vocation à être le théâtre ou le lieu d'accueil de toutes les anarchies nationales. Après Notre Dame des Landes, il n'y a pas la place pour une Notre Dame de la Somme à Drucat ! A présent, il faut espérer que ce cirque soit enfin terminé, et plus que tout encore, que les éleveurs du département soient enfin respectés. Il n'y aurait rien de pire que de laisser croire qu'en agriculture modernité est synonyme de mauvaise qualité, et que des réunions se tiennent avec des propos néfastes pour l'élevage. Maintenant que la ferme est opérationnelle, qu'elle fasse son exploitation dans un cadre réglementé. Quand on salit l'élevage, on salit tous les éleveurs, c'est intolérable.

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