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Hulot « appelle les députés à ne pas voter » la loi sur les NNI

L'ancien ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot « appelle les députés à ne pas voter » le projet de loi controversé permettant la réintroduction temporaire des néonicotinoïdes (NNI) pour préserver la filière betteraves, dont l'examen commence le 5 octobre à l'Assemblée.

Nicolas Hulot, ancien ministre de la Transition écologique, s'est exprimé dans le Journal du dimanche contre les NNI.
Nicolas Hulot, ancien ministre de la Transition écologique, s'est exprimé dans le Journal du dimanche contre les NNI.
© Wikipedia

«J'appelle les députés à ne pas voter cette loi. Prolonger l'usage des néonicotinoïdes pour la filière de la betterave, alors que leur interdiction a été votée en 2016, ce n'est pas une solution», a déclaré le 4 octobre Nicolas Hulot, dans un entretien au Journal du dimanche.

Si «réautoriser les néonicotinoïdes n'est pas la solution», M. Hulot concède qu'«on ne peut pas laisser ce secteur (de la betterave, ndlr) au bord de la route.» «Ma fondation a estimé les pertes pour cette année à 77 millions d'euros pour les betteraviers. Indemnisons-les en échange de la mise en place de pratiques : allongement des rotations, réintroduction des haies...», dit-il.

Yannick Jadot, également contre

Quelques jours plus tôt,  le 30 septembre, c'est le député européen écologiste, Yannick Jadot (EELV) qui s'exprimait lui aussi contre la ré-autorisation des néonicotinoïdes lors d'une visite dans une ferme cultivant des betteraves biologiques à Vimy (62).

Lors de cet échange avec de nombreux journalistes conviés pour l'occasion, dont nos confrères de Terres et Territoires, Yannick Jadot souhaitait «montrer par l’exemple qu’il est possible de produire des betteraves sans avoir recours aux néonicotinoïdes». «Lorsque le gouvernement affirme qu’il n’a pas le choix (d’autoriser à nouveau les néonicotinoïdes, ndlr), il s’agit d’une démission, estime M. Jadot. C’est une fuite en avant dramatique pour les abeilles et la biodiversité.»

Les engagements de la filière

Le 22 septembre dernier, l’interprofession de la betterave et du sucre (AIBS) indiquait, quant à elle, avoir fourni au ministre de l’Agriculture un plan de transition vers une culture sans néonicotinoïdes «à l’horizon 2024 au plus tard».

Au travers de ce plan, la filière s’engage sur «la réduction de 25 % de la dose des néonicotinoïdes utilisés en enrobage de semence par rapport à la pratique précédente». Elle promet aussi de restreindre leur utilisation à «une seule année» par parcelle sur 2021-2023, période durant laquelle doit courir cette dérogation, sous réserve du vote de la loi par le Parlement.

Le plan prévoit la «mise en place de fermes pilotes en conditions réelles d'exploitation sur 500 hectares dès 2021 (1 000 hectares en 2023), parmi les surfaces conduites sans néonicotinoïdes, afin de démontrer les résultats de la recherche et les innovations».

Autre point, l’implantation de cultures non mellifères après la betterave. La protection des pollinisateurs passe aussi par «l’implantation de 4 000 ha de nouvelles surfaces de plantes mellifères» sur l’ensemble des exploitations betteravières d’ici à 2023, constituant un habitat pour les abeilles et les insectes auxiliaires.

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