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Filière endive
Il ne faut pas enterrer les endiviers trop vite

Une cinquantaine de producteurs d’endives rejoints par d’autres acteurs de la filière ont manifesté milieu de semaine dernière à Arras pour dénoncer des prix de vente trop bas et des charges qui explosent.

«Si on doit crever, on ne crèvera pas en silence», lançait la coprésidente de l’Union des endiviers, Claire Lefèvre, en guise de mot d’ordre à une mobilisation des producteurs d’endives dans le centre-ville d’Arras, jeudi 24 février. Derrière un cercueil symboliquement couvert d’une gerbe de fleurs et d’endives, une cinquantaine de producteurs et d’acteurs de la filière endives ont manifesté entre la gare et la préfecture, inquiets pour la pérennité de leurs métiers. En cause, des prix de marché toujours bas, et des coûts de production qui explosent. Pour Claire Lefèvre, installée à Aizecourt-le-Haut (80), la situation est devenue intenable : «On vend à perte ! Et personne n’a de solution à nous apporter pour faire face à la hausse de nos charges». Coût de l’énergie, des emballages, des intrants, rien n’est épargné aux endiviers. «Rien que le prix de l’électricité a augmenté de 400 %. Pour les emballages, c’est 40 % de plus. Les emballages, c’est notre deuxième poste de charges», assurait-elle.

 

Charges en hausse et prix trop bas

Producteur retraité à Vélu (62) et ex-président de l’Union des endiviers, Daniel Bouquillon raconte le quotidien de son fils qui a repris les rênes de son exploitation : «C’est un jeune qui en veut, mais combien de temps va-t-il encore tenir sachant que chaque matin, il doit remettre de l’argent dans la boutique pour continuer ?» En parallèle à la question des charges, Claire Lefèvre dénonce «le jeu de la GMS» au moment de fixer les prix d’achat, et un certain cynisme. «Comment doit-on accepter ces mails qui se terminent par «Que le meilleur gagne» ?», alerte la productrice. «C’est se moquer de nous, il n’y a pas d’autres mots».  Dans le cortège des manifestants, d’autres visages jeunes sont aussi inquiets. Producteur de racines d’endives à Flers (80), Pierrick Cappelle était «naturellement» présent dans les rues d’Arras : «Si les producteurs d’endives vont mal, qui va m’acheter mes racines», interrogeait-il sur le parcours menant à la préfecture du Pas-de-Calais. Et d’énoncer les conséquences de la hausse des coûts de production sur sa propre activité : «On commençait à sortir de l’ornière, on retrouvait des perspectives. Je voyais de nouveaux producteurs arriver et en l’espace d’une campagne, on retombe. J’entends de plus en plus de producteurs qui parlent de leur intention d’arrêter l’endive…» 

 

Menaces sur l’emploi rural

En termes d’emploi, l’Union des endiviers a chiffré aussi les conséquences d’un effondrement de la filière : «4 000», c’est ainsi le nombre de salariés qui travaillent dans les endiveries de la région, selon Claire Lefèvre. «Nos entreprises sont installées dans des zones rurales où il n’y a pas beaucoup de boulot. Qu’est-ce qu’on va faire de ces gens qui travaillent pour nous si on est obligé de fermer boutique ?», a souligné Daniel Bouquillon. Un constat que Pierrick Cappelle partage : «Les endiveries restent une source importante d’emplois. Dans certains villages, l’endiverie est parfois le dernier employeur de la commune…» Autant d’arguments qui ont été «remontés» au préfet du Pas-de-Calais lors d’une entrevue. Mais les endiviers l’assurent : «Il y a longtemps que nous n’avions pas manifesté, mais ce ne sera pas la dernière. Loin de là. Nous saurons encore le faire, et plus durement si rien ne change», a prévenu l’Union des endiviers.

 

Distribution solidaire d’endives à des étudiants lillois

© D. R.

Lundi 21 février, l’association Solaal Hauts-de-France et les endiviers de l’Association des producteurs d’endives de France (Apef) ont organisé un don de 250 kg d’endives à l’épicerie solidaire La Campusserie située sur le campus de l’Université de Lille. Les produits étaient proposés gratuitement à tous les étudiants. Les objectifs de cette matinée étaient multiples : sensibiliser les étudiants à la production d’endives, faire découvrir le légume aux étudiants à l’aide de recettes, et l’anti gaspillage en lien avec la solidarité via le don d’endives invendues pour les étudiants en précarité alimentaire. Trois bénévoles de l’épicerie solidaire et un service civique se sont relayé pour mener à bien la distribution.
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