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La pomme de terre fécule sort doucement de la crise

La crise sanitaire a lourdement pesé sur la campagne de pommes de terre de fécule 2021. Présent lors de l’AG de la coopérative féculière de Vecquemont, le 14 décembre, l’industriel Roquette tentait de rassurer les producteurs quant à l’avenir.

La fin de la campagne est prévue vers le 20 février à l’usine Roquette. Elle devrait être «dans la moyenne dix ans»,  en termes de rendement et de qualité.
La fin de la campagne est prévue vers le 20 février à l’usine Roquette. Elle devrait être «dans la moyenne dix ans», en termes de rendement et de qualité.
© AAP

Un prix de base à 55 €/t à 17 %, et un prix total à 69 €/t à 17 %, soit un chiffre d’affaires moyen de 3 450 €/ha pour la campagne 2021, avec un coût de production de 3 300 €/ha. «Faire de la pomme de terre fécule ne fait pas vivre nos exploitations», alertaient des producteurs lors de l’assemblée générale de la Coopérative féculière de Vecquemont, qui se tenait à Salouël mardi 14 décembre.

En termes de production, la campagne s’est pourtant relativement tenue. «Nous avons bénéficié de bonnes conditions d’implantation grâce à un peu de gel cet hiver. La plantation s’est terminée autour du 20 avril», rappelle Vincent Marcille, secrétaire de la coopérative. Le printemps froid a cependant occasionné des retards de levée des pommes de terre, compensés par une météo douce et pluvieuse de juin, qui permettait un fort développement foliaire. «Mais dès début juillet, et jusqu’au 15 août, la pression mildiou était très forte. Jusqu’à 300 /ha de fongicides ont été nécessaires.» L’ouverture de l’usine Roquette a été décalée au 13 septembre pour favoriser le rendement et la richesse. Les résultats devraient être de l’ordre de 20,80 % de richesse et un rendement de 50 t/ha, soit des valeurs dans la moyenne dix ans. «L’enlèvement des derniers silos devrait avoir lieu première semaine de janvier, et la fin de la campagne est prévue vers le 20 février.»

Comment se construit le prix là-dessus ? «Depuis 2012, le prix final des pommes de terre est lié au prix des fécules de la récolte en année N. Il comprend une prime journalière depuis 2019, un bonus suivant le niveau de tare, une indemnité de conservation et une participation au transport», précise Olivier Brasset, le président. Et pourquoi ce prix précisément ? «Nous avons subi un effet yoyo depuis le début de la crise sanitaire, soutient Pierangelo Marconi, directeur des achats chez Roquette. Alors que nous craignions une baisse des achats en 2020, l’inverse s’est produit. Nos clients ont constitué des stocks importants d’amidon. En 2021, ces stocks ont fait baisser les ventes, et ce fut négatif pour nous.» 

L’industriel, comme tout le monde, est également impacté par la hausse des coûts de l’eau et de l’énergie. Le responsable met enfin en avant la particularité de la filière. «La fécule est un produit bien spécifique pour les amidonniers. Ceux qui travaillent avec du blé et du maïs ont une possibilité d’import à l’échelle mondiale en cas de mauvaise récolte dans le pays. Mais en pommes de terre, nous devons faire avec cette matière première locale, quels que soient le rendement et la qualité.»

Les feux au vert pour 2022

Pierangelo Marconi veut pourtant rassurer. «Tous les feux sont au vert pour 2022. La demande devrait repartir à la hausse.» Roquette a annoncé un prix de base de 62 €/t à 17 % (jugé insuffisant par la plupart des producteurs). 15 000 ha de plants devraient être disponibles. Et pour booster l’emblavement, Roquette France a annoncé une remise de 50 % sur les plants pour les surfaces supplémentaires par rapport à 2021 pour les coopérateurs. 

 

Une filière plus résiliente

Pour apporter des réponses aux enjeux réglementaires et environnementaux, la coopérative féculière de Vecquemont mène des essais sur sa plateforme d’Authie, dans le Doullennais. «Nous avons d’abord comparé les effets du plant coupé sur le rendement et l’intérêt économique», présente Aurélien Budin, ingénieur conseil à la coopérative. L’enseignement est que n’importe quel plant ne peut pas être coupé. Une densité de 20 % supplémentaire doit alors être respectée. «Mais avec un plant de qualité, on peut gagner 5 %.» Des essais azote ont ensuite été réalisés. Ceux-ci, bien qu’onéreux, restent indispensables, et doivent être adaptés à la variété. Des essais de plantes compagnes (mélange trèfle, vesce et lentilles) ont aussi été mis en place chez un producteur. «Le rendement et la richesse semblent avoir été améliorés. Il faut poursuivre ses essais pour avoir des résultats fiables, notamment en termes d’alternatives aux insecticides.» 
La coopérative a également testé une nouvelle machine déterreuse Ropa, dotée d’un système de ramassage pick-up, avec rouleaux longitudinaux. «L’idée est de se passer d’une grue. Chaque petite économie est bonne à prendre», note Bruno Poutrain, le directeur. Des ajustements de la machine sont à prévoir pour une bonne utilisation.
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