Aller au contenu principal

Commerce international
L'Algérie boude l'origine France

L’Algérie s’est détournée, ces derniers temps, de la France pour ses achats de produits agricoles. Quand l’histoire et la Covid notamment, impacte les relations commerciales entre les deux pays.

Algérie
Les relations commerciales franco-algériennes sont en ce moment semblables à une zone désertique.
© Pixabay

Les tensions diplomatiques avec la France ont-elles des effets sur les achats de céréales et de denrées alimentaires par l’Algérie en France ? C’est probable, même si d’autres causes, comme les prix et la qualité jouent aussi un rôle considérable. Les présidents algérien Abdelmadjid Tebboune et français Emmanuel Macron ont des relations tendues. Le premier exige des excuses officielles de la France concernant la guerre d’Algérie, le second a multiplié les bonnes intentions, via un rapport mémoriel ou l’accès aux archives judiciaires sur la guerre d’Algérie avec quinze ans d’avance (sans aucune réciprocité), mais en même temps, il a dénoncé une forme de “rente mémorielle” que jouerait le pouvoir algérien, propos qui ont offusqué le président Tebboune.

Pour arrondir les angles, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu à Alger, il y a quelques jours, avec l’espoir de rétablir des relations bilatérales normalisées, auxquelles le président Tebboune se dit ouvert. Mais pour l’anecdote, lorsqu’il a été frappé par la Covid qui a nécessité son hospitalisation en Europe, le président algérien a choisi l’Allemagne alors que, d’ordinaire, ce sont les hôpitaux français qui accueillent les hauts dignitaires du pays.

Le blé : une arme diplomatique

Ces tensions ont-elles eu une influence sur les échanges commerciaux avec l’Algérie ? Il semblerait, selon les chiffres des exportations de France vers l’Algérie qui, d’après l’Agence France Trésor, ont chuté de 24 % en 2020 à 6,9 milliards d’euros (Md€), y compris sur les céréales, en repli de 8 % à 810 millions d’euros (M€). La chute s’est encore amplifiée sur les neuf premiers mois de 2021, à 400 M€ alors que les exportations françaises de céréales battent leur plein ailleurs. 

Ainsi, selon France AgriMer, la France a expédié 1,1 million de tonnes (Mt) de blé depuis le début de la campagne mais le dernier appel d’offre de 800 000 tonnes de l’Algérie en novembre 2021 l’a été au bénéfice de l’Allemagne, de la Pologne, de l’Argentine et surtout de la Russie, pays avec lequel l’Algérie entretient historiquement des relations privilégiées et qui se sert de son énorme production de blé comme arme diplomatique. L’Algérie a même dégradé ses exigences de qualité, notamment en matière de dégâts d’insectes, pour obtenir 250 000 tonnes de blé russe à meilleur prix.

Certes, les cours très élevés des céréales ne sont sans doute pas étrangers à l’origine des achats, mais les tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie ont peut-être joué un rôle. La France reste toutefois le deuxième partenaire commercial de l’Algérie et les deux pays ont des intérêts communs, à la fois stratégiques pour la stabilité de la zone, et commerciaux.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Les premières livraisons de betteraves sur le site Cristal Union de Sainte-Émilie ont débuté en milieu de semaine.
Chez Cristal Union, marché du sucre et interdiction des NNI boostent le prix
La coopérative Cristal Union a annoncé le 27 janvier dernier une revalorisation du prix des betteraves récoltées en 2023. Une…
Jaunisse de la betterave
La Cour européenne de justice casse l'attente d'une dérogation pour l'utilisation des NNI
La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) vient de conclure dans un arrêt du 19 janvier que les États membres ne peuvent ré…
Tereos
Les outils de Tereos pour faire face à l’interdiction des NNI
Chez Tereos, pas d’annonce d'augmentation de prix en vue pour les betteraves (pour le moment ?) qui seront récoltées en 2023,…
L’AG était l’occasion de valider la fusion avec La Flandre. De gauche à droite, Alexandre rivenet, ancien président  de La Flandre, David saelens, président de Noriap, et  Damien François, DG de Noriap.
Noriap tire son épingle du jeu dans le tumultueux contexte
Crise énergétique, hausse des matières premières, filière œuf à la peine, mais aussi projets, innovation, fusion… Noriap dressait…
Selon la coopération agricole, la production porcine bio représente 30 à 40 % de volume en trop.
De grands opérateurs encouragent les déconversions bio
Porc, lait, œuf ou volaille de chair : dans les filières biologiques en difficulté, de grands opérateurs encouragent les…
Concurrence d’autres cultures plus rentables, sécheresse en 2022, hausse des coûts des intrants…  Face à ces faits, les producteurs sont de plus en plus nombreux à se détourner de la fécule.
Fesneau reconnait un risque de «désengagement» des producteurs de fécule
Le 27 octobre 2022, le sénateur (LR) de la Somme Laurent Somon avait adressé une question écrite au ministre de l’Agriculture…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde