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Le distributeur Somme-produits locaux est ouvert

Douze producteurs associés de la SAS Somme-produits locaux alimentent désormais le nouveau distributeur automatique «Chez Alex et Fuscien», au pôle agricole d’Amiens. Un nouveau canal de vente qu’il va falloir pérenniser. 

Chacun des douze producteurs est locataire de ses casiers et vend ses produits pour compte.
Chacun des douze producteurs est locataire de ses casiers et vend ses produits pour compte.
© Alix Penichou

Des légumes, des jus, des produits laitiers, des œufs, de la viande de porc, de bœuf, de volaille, des farines, des pâtes, des lentilles, de l’huile… Un distributeur automatique de produits locaux «Chez Alex et Fuscien», à l’angle de la rue Alexandre Dumas et de la rue Saint-Fuscien, était inauguré ce 16 juin. «C’est un projet ambitieux qui marque une nouvelle étape dans la commercialisation de produits locaux, introduisait Françoise Crété, présidente de la Chambre d’agriculture de la Somme. La force est qu’il n’y a aucun intermédiaire. Chaque producteur est libre de ses prix et vend sa production pour compte. Nous avons toutes les raisons de croire que ces casiers seront un succès, avec près d’un millier de travailleurs dans un rayon de 500 m.»

Pour les douze producteurs associés de la SAS Somme-produits locaux qui louent les casiers (l’équipement est un investissement de la Chambre d’agriculture de la Somme), le défi reste cependant à relever. L’organisation est déjà bien rodée. «Le distributeur est ouvert tous les jours de 7h à 23h. Nous nous relayons pour approvisionner les 132 cases, dont 96 tempérées et 36 réfrigérées deux ou trois fois par jour», explique Grégoire Leleu, président de la SAS, lui-même locataire de casiers pour ses produits laitiers. Les producteurs sont informés en direct des achats et de l’état d’alimentation des casiers grâce à une application. Quelques produits peuvent être stockés dans le local réfrigéré adossé au distributeur. 

Stéphanie de Saint-Germain, maraîchère bio à Morvillers-Saint-Saturnin, est celle pour qui l’alimentation des casiers est le plus chronophage. «Pour proposer des légumes les plus frais possible, je dois livrer chaque jour, notamment en radis et en salades en ce moment», commente-t-elle. La productrice a diversifié l’exploitation bio qu’elle gère avec son mari il y a un peu plus d’un an avec la production de légumes et vend via les drive fermiers, Approlocal, et de la vente directe en ultra-local. L’investissement personnel et financier que représente l’alimentation du distributeur devrait valoir le coût au vu du potentiel. «Il faudrait vendre 30 % de mes cases pour atteindre mon objectif. J’espère pouvoir créer un emploi. Cette personne assurerait la préparation et les livraisons.» 

 

Premiers tests 

Cette première semaine d’ouverture était un premier test. «Les fraises sont bien parties, les produits vendus individuellement pas trop mal, mais les lots de différents légumes beaucoup moins. Il va falloir que je trouve la bonne recette !» Christophe Menard, l’un des deux producteurs de volaille, installé à Aubvillers, n’a en revanche vendu aucun poulet. «Ils faudra peut-être revoir la disposition des cases, ou simplement laisser le temps au consommateur de prendre l’habitude d’acheter chez nous.» Pour lui, l’emplacement est une opportunité. «Je n’avais pas de point de vente dans le secteur d’Amiens.» Lui se laisse un mois d’essais. 

Quelques clients sont déjà séduits. Jonathan Dubus, juriste à la FDSEA80, dont les locaux sont au bout du parking, s’est laissé tenter par les fraises, le jus de pomme et des lentilles. «Les produits sont de qualité, et les prix sont respectables. Je cherchais justement ce genre de distributeur pour pouvoir acheter des produits de saison sans trop me déplacer.» Il y retournera à coup sûr. 

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