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Faune sauvage
Le festin de glands devrait maintenir les sangliers dans les bois

Depuis dix ans, chaque automne, la Fédération départementale des chasseurs pratique des évaluations de fructification dans les bois de la Somme. Le premier comptage de glands et de faînes avait lieu ce 10 octobre près de Gamaches. La glandée importante est une bonne nouvelle. 

La Fédération des chasseurs de la Somme fait des comptages dans huit des dix unités de gestion cynégétique  du département. Des références précieuses pour la gestion des populations de sanglier.
La Fédération des chasseurs de la Somme fait des comptages dans huit des dix unités de gestion cynégétique du département. Des références précieuses pour la gestion des populations de sanglier.
© A. P.

Les sacs lourds de glands, les techniciens de la Fédération des chasseurs de la Somme avaient le sourire, lundi 10 octobre, dans un bois du secteur de Gamaches. Il n’y a qu’à tendre l’oreille pour entendre les fruits des chênes tomber. Gare à la tête ! «La nature est généreuse cette année. Il semblerait que ce soit une bonne glandée. C’est positif, car le sanglier est opportuniste. S’il trouve de quoi se nourrir dans le bois, il devrait moins causer de dégâts de culture», explique Claude Bouteiller, technicien cynégétique. 

Voilà dix ans que son équipe réalise des relevés de fructification dans les bois de la Somme. «Nous avons huit points de comptages, dans huit des dix unités de gestion cynégétique. Le résultat nous permet chaque saison d’estimer la reproduction qui suivra et d’autoriser ou non l’agrainage.» Ce lundi 10 octobre, premier jour de relevé, rendez-vous était donné dans un domaine privé près de Gamaches. 

Armés d’un cerceau, qui matérialise un espace d’un mètre carré, et d’un sachet dans lequel les fruits sont placés, les hommes fouillent à genoux. «Nous revenons chaque année sous les mêmes chênes et les mêmes hêtres qui nous servent de référence.» Les fruits sont ensuite versés dans des récipients d’eau pour ne conserver que les viables. «Les défaillants coulent.» Ils sont enfin pesés. «633 g de glands pour un seul m2 sous le houppier d’un chêne. C’est vraiment bien !» Le résultat est cependant plus décevant sous les hêtres, avec à peine une vingtaine de faînes dans les sacs. «Le climat de l’année était sûrement moins favorable à cette essence.» Il faudra attendre le résultat des autres points de relevés pour dresser un bilan départemental.

Tout laisse déjà présager une saison sereine pour le mammifère. «Les fruits sont une large part de son alimentation. Il sera moins tenté d’aller en plaine pour se nourrir. Mais il pourrait tout de même causer des dégâts dans les prairies où il cherche les vers de terre, source de protéines», note Claude Bouteiller. Cette fructification forestière a aussi une influence significative sur la reproduction et la démographie du suidé. «Les laies peuvent adapter leur effort reproductif en fonction d’une ressource alimentaire imprévisible et fluctuante selon les années.» Des comptages d’animaux réalisés après les naissances, en juin, permettront d’affiner les quotas de prélèvement.

 

Préserver les relations avec le monde agricole

Pour Hubert Séré, porte-parole de la Fédération des chasseurs de la Somme, cette régulation des populations est d’utilité publique. «Nous devons les maîtriser pour préserver les relations avec le monde agricole», assure-t-il. L’année dernière, 30 000 sangliers ont été prélevés en Picardie, sur 90 000 à 120 000 estimés. Un chiffre en constante évolution. Le cochon gagne du terrain chaque année. Et les dégâts qu’il cause ont un sacré coût pour la fédération départementale. «C’est un budget de 800 000 €, la moitié pour des actions de prévention, comme la pose de clôture, l’autre pour les indemnisations de dégâts de culture», rappelle Claude Bouteiller.

 

Un comptage national

Le sanglier a une forte capacité à s’adapter aux ressources alimentaires disponibles.
Le sanglier a une forte capacité à s’adapter aux ressources alimentaires disponibles.
© Pixabay


Voilà plusieurs années que l’OFB (Office français de la biodiversité) réalise des relevés de fructification dans toute la France. Il en ressort que depuis 2015, les chênes observés ont eu chaque année des indices moyens de fructification compris entre 0,5 et 1,5. «Cela correspond à des fructifications très faibles. Certains sites ont cependant connu de fortes fructifications comme Chevré (35) et Coëtquidan (56) en 2015, Enghien (51) en 2017», est-il indiqué dans un rapport. 
Ces premières années de suivi de territoires bien diversifiés montrent qu’il existe une hétérogénéité surprenante des populations de sangliers en termes de poids et de fécondité. «Les capacités de cette espèce à s’adapter aux ressources alimentaires disponibles sont mises en évidence à travers notre observatoire, même s’il faudra encore quelques années supplémentaires pour obtenir un panel large de situations contrastées de fructifications forestières sur chaque territoire.» Les premiers résultats révèlent aussi l’existence d’une réaction rapide des laies aux fortes glandées, avec des gestations qui semblent démarrer dès que les premiers glands tombent au sol. «De ce fait, les chasseurs impliqués dans l’observatoire prennent déjà conscience de l’importance qu’il y a à anticiper les prélèvements en fonction de l’intensité des fructifications.» 
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