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Le prix des terres continue de progresser

En seize ans, le prix des terres a augmenté de 12 % par an, en moyenne, dans le monde. Mais cette progression a eu tendance à ralentir dans la période récente.

Les augmentations les plus fortes du prix du foncier se situent en Europe de l’Est et en Amérique du Sud.
Les augmentations les plus fortes du prix du foncier se situent en Europe de l’Est et en Amérique du Sud.
© Pixabay



Selon Global Farmland Index 2019 de la société immobilière Savillis, le prix des terres a augmenté de 12 % par an dans le monde au cours des seize dernières années. La société a étudié l’évolution des prix dans quinze marchés importants du foncier agricole : Argentine, Australie, Allemagne, Brésil, Canada, Danemark, France, Hongrie, Irlande, Nouvelle-Zélande, Pologne, Roumanie, Royaume-Uni, USA et Uruguay. Les fortes augmentations se situent en Europe de l’Est comme en Roumanie (+ 40 %) et en Amérique du Sud. La croissance a été plus modeste en Europe de l’Ouest avec une progression de 6 % par an en moyenne.
D’une façon générale, l’augmentation des prix a été beaucoup plus soutenue au début de la période que dans les années récentes, de 28 % dans les années de 2002 à 2007 à 11 % par an pour les années suivantes. En Europe de l’Ouest, il a été même observé une baisse des prix les dernières années, à l’exception notable de l’Allemagne avec une augmentation de + 5,4 %/an. Pour le Royaume-Uni et l’Irlande ce repli est de - 3 %, de - 2,9 % au Danemark et de - 1,5 % pour la France. Pour la Hongrie, la Pologne et la Roumanie, cette augmentation est descendue à 5,6 % par an en moyenne les cinq dernières années, contre 17,6 % par an sur la période. En Amérique du Nord, les prix ont continuellement augmenté ces seize dernières années, mais avec un ralentissement durant les cinq dernières années. Le Canada a connu + 9,2 % en moyenne par an sur seize ans, et + 2,4 % les cinq dernières années. Les USA ont enregistré une augmentation des prix de + 6,1 % en moyenne sur seize ans et de 1,6 % les cinq dernières années.

Un investissement sécurisant
La croissance des prix est variable selon les pays avec des facteurs d’influence divers. Mais selon Savillis, la valeur des terres s’est mieux développée à long terme que celle des matières premières et a fourni aux investisseurs en période de récession des sécurités contre l’inflation. Au regard de l’évolution de la population mondiale et du changement de climat pour certains pays industriels, l’intérêt pour la sécurité alimentaire et énergétique ne baissera pas, selon Savillis. Ses analystes s’attendent donc à une poursuite de la demande de terres agricole productives. Le potentiel d’augmentation des prix en Europe de l’Ouest reste important grâce au bon développement de l’agriculture, aux infrastructures, aux communications et aussi aux moindres risques de barrières pour des investissements extérieurs. Idem pour le Canada, malgré quelques restrictions pour des acheteurs étrangers et pour les États-Unis avec quelques interdictions dans certains États. Ce qui n’est pas le cas en Europe orientale qui met des réglementations de plus en plus sévères pour les investissements étrangers comme en Hongrie, ou en Pologne avec un plafond de 300 hectares depuis 2016. Ce qui devrait freiner l’augmentation des prix.



En  France, vers un renforcement des pouvoirs des maires au détriment des Safer

Un amendement déposé par le gouvernement dans le cadre de l’examen de la loi relative à «l’engagement dans la vie locale et à la proximité de l’action publique», et adopté en première lecture le 21 novembre par les députés, prévoit d’instituer pour les collectivités «un droit de préemption des surfaces agricoles sur un territoire délimité en tout ou partie dans l’aire d’alimentation de captages utilisés pour l’alimentation en eau destinée à la consommation humaine». Ce territoire serait défini par arrêté préfectoral, après concertation avec les communes, les intercommunalités, les chambres d’agriculture et les Safer. Sur des secteurs délimités, les collectivités pourraient ainsi devenir prioritaires par rapport aux Safer, au nom de la préservation de «la qualité de la ressource en eau dans laquelle est effectué le prélèvement».
Si certaines voix au sein des Safer dénoncent, comme le rapporte Ouest France, «une loi Père Noël avant les municipales», la fédération nationale (FNSafer) ne souhaite pas s’exprimer officiellement sur le sujet tant que le texte, actuellement en Commission Mixte Paritaire, n’aura pas été définitivement voté. Emmanuel Hyest, président de la FNSafer, a échangé la même semaine à deux reprises avec le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume, les 27 et 28 novembre.

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