Le retour à l’offensive de Duplomb qui plait aux betteraviers
Le sénateur Laurent Duplomb a déposé une nouvelle proposition de loi visant à réautoriser, sous conditions strictes, l’acétamipride et la flupyradifurone. Une initiative saluée par la CGB, qui alerte sur l’impasse technique et la concurrence européenne jugée désormais intenable pour plusieurs filières agricoles françaises, dont la betterave sucrière.
Le sénateur Laurent Duplomb a déposé une nouvelle proposition de loi visant à réautoriser, sous conditions strictes, l’acétamipride et la flupyradifurone. Une initiative saluée par la CGB, qui alerte sur l’impasse technique et la concurrence européenne jugée désormais intenable pour plusieurs filières agricoles françaises, dont la betterave sucrière.
Après l’échec partiel de la proposition de loi Duplomb-Menonville à l’été 2025, censurée par le Conseil constitutionnel pour défaut d’encadrement, le sénateur de la Haute-Loire revient à la charge. Avec cette fois, un texte qui a été resserré, ciblé, et juridiquement plus sécurisé. « La censure n’a porté que sur la forme, pas sur le fond. Il était donc nécessaire de proposer un nouveau cadre clair, limité dans le temps et réservé à certaines cultures en grande difficulté », explique Laurent Duplomb. Concrètement, le nouveau texte prévoit une réautorisation strictement encadrée de deux insecticides – l’acétamipride et la flupyradifurone – pour quatre filières : la pomme, la cerise, la noisette et la betterave sucrière.
Une impasse technique désormais documentée
Cette relance législative s’appuie notamment sur les conclusions du rapport de l’INRAE publié fin octobre 2025. Le document dresse un constat sans appel : certaines filières sont aujourd’hui dans une impasse technique majeure. Ainsi, concernant la betterave sucrière, l’INRAE souligne que les solutions actuelles ne permettent pas « un contrôle complet en cas de très forte infestation » du puceron vecteur de la jaunisse virale. Et surtout, « aucune alternative opérationnelle ne permet, à ce jour, de garantir durablement la protection des cultures et la viabilité économique des exploitations ». Pour la CGB, ce rapport confirme ce que les agriculteurs vivent déjà sur le terrain. « On ne parle plus d’optimisation, mais de survie économique pour certaines filières. »
Une concurrence européenne jugée intenable
Autre argument central : la distorsion de concurrence au sein de l’Union européenne. Car ces deux molécules restent autorisées dans tous les autres États membres. « En 2026, l’acétamipride sera utilisable en Belgique en aspersion, et la flupyradifurone en enrobage de semences et en aspersion. Pendant ce temps, les producteurs français en sont privés, alors même que la France est le premier producteur européen de betteraves sucrières », rappelle la CGB.
Une situation que l’organisation juge « incompréhensible et injustifiable ». « Nos concurrents européens disposent d’outils de protection que nous n’avons plus. Résultat : nos coûts explosent, nos rendements baissent et nos marges fondent », dénonce le syndicat.
Entre inquiétudes sociétales et réalité agricole
La CGB ne nie pas les préoccupations exprimées par une partie de la société civile, notamment à travers la pétition lancée en juillet 2025 contre ces substances. Mais elle appelle à regarder la réalité du terrain.
« Sans solutions de protection adaptées et validées par toutes les autorités sanitaires, la pérennité de plusieurs filières françaises est aujourd’hui gravement menacée », insiste l’organisation. « Cette distorsion de concurrence n’est plus supportable. »
Pour les betteraviers, mais aussi pour les arboriculteurs, l’enjeu dépasse la seule question phytosanitaire : il touche à la souveraineté alimentaire et à l’équilibre économique de territoires entiers. Dans un communiqué du 2 février, la CGB salue « le sens des responsabilités » du sénateur Duplomb et apporte son plein soutien à cette nouvelle proposition de loi. Elle appelle le Gouvernement à soutenir le texte et les parlementaires à l’adopter rapidement.
« Une majorité l’avait déjà votée en 2025. Il est temps d’aboutir, dans l’intérêt de notre agriculture et de notre sécurité alimentaire », conclut le syndicat betteravier. Pour Laurent Duplomb, l’objectif est désormais clair : « Il ne s’agit pas de rouvrir un débat idéologique, mais de donner des outils temporaires, ciblés et contrôlés à des filières qui n’ont aujourd’hui aucune alternative crédible. »