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Filière ovine
L’élevage ovin, une diversification qui progresse en Hauts-de-France

Alors que la France ne couvre que 41 % de ses besoins en agneaux, la filière ovine gagne du terrain en Hauts-de-France. Lors d’une conférence au lycée agricole du Paraclet, Yves Lemaire a souligné les opportunités économiques offertes par cet élevage, souvent utilisé comme diversification dans les exploitations agricoles.

Les systèmes plein air et semi-bergerie présentent les meilleurs résultats économiques, du fait des charges alimentaires mieux maîtrisées.
Les systèmes plein air et semi-bergerie présentent les meilleurs résultats économiques, du fait des charges alimentaires mieux maîtrisées.
© Joe Ambrogio/pexels

La filière ovine gagne du terrain en Hauts-de-France. C’est le constat que dresse Yves Lemaire, sélectionneur pour la race Île-de-France, qui animait une conférence lors de l’assemblée générale des Anciens du lycée agricole du Paraclet, samedi 7 mars, à l’occasion des 140 ans de l’établissement. Il faut dire que le marché, bien que moins élevé que l’année dernière, reste porteur. Et qu’en France, on manque même de moutons. «L’autosuffisance en agneaux est de 41 %. Le premier acteur de cette filière, en France, c’est l’import», assure Yves Lemaire.

La région compte environ 10 000 ovins, dont plus de 4 000 brebis dans l’Aisne. «La Somme présente une particularité, avec les agneaux AOP des prés salés en Baie de Somme», précise l’expert. Les exploitations spécialisées en élevage ovins restent cependant rares. «La plupart des troupeaux comptent cependant moins de 200 ovins. Il s’agit souvent d’un complément aux autres activités.» Une diversification intéressante, car pour ces ateliers, les marges brutes sont «plutôt bonnes». «Les systèmes plein air et semi-bergerie présentent les meilleurs résultats économiques, du fait des charges alimentaires mieux maîtrisées.» Comptez 100 €/tête en moyenne en bergerie intégrale, contre 79 € en plein air ou semi-bergerie. De plus en plus, les éleveurs misent sur «des systèmes à pas cher», avec «des brebis qui font leur lactation sur des systèmes en dérobées, puis pâturent des couverts d’interculture.»

Circuits longs et courts

En Hauts-de-France, les principaux acteurs de commercialisation sont les coopératives des Bergers du Nord-Est et EMC2, et l’AONP (Association ovine Nord Picardie). «Pour cette filière, le circuit court fonctionne aussi plutôt bien. Il faut avoir en tête que la demande est surtout forte en périodes de fêtes religieuses : Noël, Pâques, et l’Aïd El-Kébir.»

 

Toujours plus de progrès génétique

En filière ovine viande, les progrès génétiques reposent sur un suivi de plus en plus précis des performances. Sur le terrain, plusieurs outils permettent d’évaluer le potentiel des animaux : «la pesée régulière des agneaux, notamment le poids à trente jours, constitue un indicateur clé de croissance et d’aptitude maternelle», assure Yves Lemaire, sélectionneur pour la race Île-de-France. Ces données alimentent ensuite les systèmes d’évaluation génétique. Le progrès est mesuré à travers des index calculés selon l’âge des animaux, qui permettent de comparer les reproducteurs et d’orienter les choix de sélection des éleveurs. Cette approche contribue à améliorer la croissance, la conformation des carcasses et l’efficacité globale des troupeaux. «La filière s’intéresse aussi de plus en plus à la sélection génomique.» En analysant directement l’ADN des animaux, cette méthode accélère le progrès génétique. Cependant, certaines contraintes techniques demeurent. «L’insémination artificielle reste plus complexe chez les ovins que chez les bovins : il est difficile de franchir naturellement le col de l’utérus de la brebis», ce qui limite encore la diffusion rapide des meilleures génétiques.

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