Aller au contenu principal

Les Hauts-de-France, nouvelle terre de vignobles ?

Dix agriculteurs de l’Aisne, de la Somme et du Nord-Pas-de-Calais se lancent avec Ternoveo dans la constitution d’une filière viti-vinicole dans les Hauts-de-France. Les plantations de vignes ont débuté il y a quelques jours.

La plantation des premières vignes destinées à produire du vin 100 % Hauts-de-France a débuté le 4 mai.
La plantation des premières vignes destinées à produire du vin 100 % Hauts-de-France a débuté le 4 mai.
© Pépinières Guillaume

Ils étaient – et resteront encore sans doute pendant de longues années – agriculteurs et font le pari de devenir aussi viticulteurs. Dix exploitants agricoles des Hauts-de-France sont engagés depuis quelques jours avec le négoce Ternoveo (Groupe Advitam) dans un pari un peu fou : créer une filière viticole dans une région où l’évidence de cette production ne saute pas aux yeux. Pour Xavier Harlé, le directeur général de Ternoveo, «le défi est ambitieux, mais à la hauteur des moyens que nous nous sommes donnés». En l’espace de trois semaines, 16 hectares de vignes vont être plantés. Le cépage ? Du Chardonnay. La première vendange est prévue quant à elle en 2022 pour une production estimée de 50 000 bouteilles. Pour en arriver là, Xavier Harlé est revenu le 28 avril sur les étapes qui ont précédé la plantation des premières vignes dans la région depuis le 4 mai.

Une sélection rigoureuse
La première des ces étapes a été de réunir des agriculteurs potentiellement intéressés par une diversification originale. Trois réunions d’information ont ainsi été proposées, réunissant entre cinquante et soixante-dix participants. «Nous sommes allés à la rencontre des agriculteurs et toutes les parcelles qui nous ont été proposées ne sont pas éligibles. Souvent, il s’agissait de terres trop riches», détaille M. Harlé. Pour exprimer son potentiel, la vigne apprécie plus particulièrement des terres pauvres, caillouteuses, voire d’anciennes prairies. Sitôt les parcelles pouvant accueillir de la vigne ayant été retenues, il a ensuite fallu monter un dossier administratif permettant d’obtenir un accord des Douanes ainsi qu’une autorisation de plantation auprès de FranceAgriMer. Pour rendre la démarche «crédible», Ternoveo explique s’être entouré «d’experts», pour la fourniture des plants (Pépinières Guillaume), comme pour le suivi (Cabinet Vinelys). Au sein de l’effectif de Terneveo, plusieurs techniciens se sont également spécialisés dans cette nouvelle culture.

5 000 pieds par hectare
Côté agriculteurs, chacun reste propriétaire de la parcelle sur laquelle les vignes sont plantées. L’investissement est compris entre 25 et 30 000 € par hectare. Ternoveo va de son côté investir environ 1 million d’euros sur une période de cinq ans, le plus de l’investissement étant prévu pour l’aménagement d’un chais dans la commune de Dompierre-Becquincourt (80), «dans des bâtiments existants». La mise en bouteille sera sous-traitée. Toujours à échéance cinq ans, le négoce du groupe Advitam envisage d’atteindre 200 hectares de vignes plantées dans la région Hauts-de-France. En termes agronomiques, Ternoveo mise sur «des pratiques d’agriculture durable» ; autrement dit, cela sous-entend un désherbage mécanique des parcelles, l’achat d’un pulvérisateur avec système de récupération de la bouillie... «L’objectif est de faire rentrer nos producteurs dans une certification HVE», assure M. Harlé. L’ambition est aussi de «produire un vin de qualité», avec une densité de plantation des vignes de 5 000 pieds par hectare, pour une production de raisin de 8 000 kg par hectare. Bio ou conventionnel, le directeur de Ternoveo admet ne pas avoir eu la question à se poser : «Même s’il l’on parle de réchauffement climatique, nous restons dans une région où il pleut régulièrement... Pour que ce projet soit rentable pour tous ceux qui s’y impliquent, nous devons être sûrs d’avoir une récolte suffisante chaque année. Néanmoins, ce n’est pas parce que nous sommes pas bio que nous ne cherchons pas à limiter les intrants».
Pour déguster les premières bouteilles de ce vin «made in Hauts-de-France», il faudra encore s’armer de patience. Les premières vendanges devraient avoir lieu en octobre 2022, pour une commercialisation en 2023 chez les cavistes, restaurateurs et quelques enseignes détenues par Advitam, exclusivement dans la région.

 

L'histoire du premier vigneron de la Somme est à lire ici : il vendengera pour la première fois cette année !

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout {nom-site}.

Les plus lus

Foire de Pâque Montdidier
A Montdidier, une foire de Pâques entre tradition populaire et vitrine agricole, malgré l’absence de concours

Dès les premières heures de la matinée, ce lundi 6 avril, les rues du centre-ville de Montdidier vont se remplir pour la…

Le sol doit être ressuyé pour la préparation du lit de semences et suffisamment réchauffé pour optimiser la levée des plantes.
Lin fibre de printemps : bien préparer son semis

Le semis est une étape essentielle pour la réussite de la culture. Il conviendra d’assurer une bonne structure en travaillant…

Pour Julie Macron, membre des Jeunes agriculteurs de la Somme, cet après-midi  a permis de «familiariser les enfants avec notre quotidien d’agriculteurs».
Quand la visite à la ferme rime avec découverte et transmission

Le 10 mars, les élèves de CE1-CE2 de l’école de Bernaville ont enfilé leurs bottes pour une immersion à la ferme de Julie…

Isabelle Dumont vend toutes ses fraises en direct, à la ferme et aux marchés.  Un contact avec les clients qu’elle adore.
Les fraises du Santerre rougissent à Crémery depuis près de cinquante ans

En cette fin de semaine, c’est la première cueillette de la saison aux Fraises du Santerre, à Crémery. Pierre Dumont y a fait…

Denis Bully, président de la FDSEA de la Somme : en 2026 plus encore qu'en 2025, il ne faut planter que ce qu'on est  sûr de vendre.
Denis Bully : «Gérer la crise de la pomme de terre et ne pas l’amplifier»

Face à une crise inédite des excédents de pommes de terre, la filière s’organise pour écouler des volumes considérables en un…

Champagne : 40 % des bourgeons gelés

En zone champagne, 40 % des bourgeons auraient été détruits par le gel, selon l'interprofession. 

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 1 € par semaine
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Action Agricole Picarde
Consultez les versions numériques de l'Action Agricole Picarde et du site, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de l'Action Agricole Picarde