Les Jeunes Agriculteurs réclament le droit de filmer les contrôles de l’OFB
La nomination d’Anne Le Strat à la direction de l’Office français de la biodiversité (OFB) ne passe pas auprès des Jeunes Agriculteurs du Nord-Pas de Calais qui demandent désormais à pouvoir filmer les contrôles réalisés sur leurs exploitations.
La nomination d’Anne Le Strat à la direction de l’Office français de la biodiversité (OFB) ne passe pas auprès des Jeunes Agriculteurs du Nord-Pas de Calais qui demandent désormais à pouvoir filmer les contrôles réalisés sur leurs exploitations.
Malgré l’annonce d’une enquête administrative, la colère du monde agricole ne faiblit pas suite à la récente nomination d’Anne Le Strat au poste de directrice générale déléguée de l’Office français de la biodiversité (OFB).
Dans un communiqué du 30 janvier, les Jeunes Agriculteurs du Nord-Pas de Calais dénoncent « avec la plus grande fermeté » cette décision, qu’ils estiment « vécue comme une provocation par le monde agricole ». Elle intervient, rappellent-ils, « dans un contexte déjà marqué par des relations dégradées entre les agriculteurs et l’OFB, des contrôles vécus comme excessifs, et un profond sentiment d’injustice sur le terrain ».
Plutôt que d’apaiser, cette nomination « envoie un signal de mépris aux agriculteurs », alors que ceux-ci réclament depuis plusieurs mois « davantage de dialogue, de pédagogie et de respect dans les pratiques de contrôle ».
Filmer les contrôles pour se protéger
Face à cette situation, les Jeunes Agriculteurs demandent que les exploitants puissent filmer toute intervention d’un agent de l’OFB sur leurs parcelles.
« À compter d’aujourd’hui, toute intervention d’un agent de l’OFB dans une parcelle agricole pourra être filmée par l’exploitant », affirme le syndicat.
L’objectif est triple :
- « garantir la transparence des contrôles » ;
- « protéger les agriculteurs face à des pratiques contestées » ;
- « rétablir un minimum d’équilibre et de confiance lors des interventions ».
« Filmer n’est pas entraver. C’est documenter »
Les Jeunes Agriculteurs insistent sur le fait que cette démarche ne constitue en aucun cas une entrave à l’action publique. « Filmer n’est pas entraver. C’est documenter », martèle le communiqué. « Documenter pour se protéger. Documenter pour faire valoir ses droits. »
Pour le syndicat, il s’agit avant tout de se prémunir contre des situations vécues comme injustes ou disproportionnées, et de rééquilibrer une relation devenue, selon eux, asymétrique.
« Nous ne sommes ni des délinquants ni des ennemis de l’environnement »
Les représentants agricoles tiennent également à rappeler le rôle central des exploitants dans la gestion des territoires.
« Nous rappelons que les agriculteurs ne sont ni des délinquants ni des ennemis de l’environnement. Ils sont les premiers acteurs de la gestion des territoires et de la préservation des ressources naturelles », soulignent-ils.
Un message destiné à contrer une image qu’ils estiment caricaturale, et à réaffirmer leur engagement en faveur de la biodiversité, tout en dénonçant des méthodes de contrôle jugées trop souvent brutales ou déconnectées des réalités du terrain.
Appel à une réforme en profondeur de l’OFB
Au-delà de la question des contrôles, les Jeunes Agriculteurs appellent les pouvoirs publics à « revenir à la raison » et à « entendre la colère du terrain ».
Ils demandent « une réforme sérieuse de l’OFB », comprenant « une remise à plat de son rôle, de ses missions et de ses méthodes », fondée sur « le respect, le dialogue et la proportionnalité ». Et de conclure : « Les agriculteurs veulent travailler sereinement. Ils ne demandent ni passe-droit, ni impunité. Ils demandent simplement justice et considération. »