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Les pratiques pour contrer les graminées adventices

Décalage des dates de semis, labour ou désherbage chimique ? L'équipe régionale d'Arvalis-institut du végétal fait le point sur les possibilités d'intervention pour lutter contre les graminées adventices.

© AAP



Les essais menés ces quatre dernières campagnes sur blé et orge d'hiver montre que le décalage de la date de semis, même réduit, a toujours un effet positif sur le niveau de graminées adventices levées dans la culture. Ce levier est encore plus important cette année où la faisabilité/efficacité des faux-semis aura été encore une fois mise en défaut par un mois de septembre très peu pluvieux sur certains secteurs.
Au-delà d'un décalage de la date de semis de quinze jours, il faut bien évaluer le bénéfice par rapport aux risques (jours disponibles, conditions d'implantations potentiellement plus difficiles, perte de potentiel...). On réservera donc ce levier efficace pour les parcelles les plus sales.
En plus du désherbage, et depuis la disparition du Gaucho, ce levier permet de réduire le risque d'infestation par les pucerons et la transmission de la JNO (virus de la jaunisse nanisante) de plus en plus observés sur les céréales. Dans nos essais, en situations infestées, le décalage de la date de semis s'avère très souvent positif économiquement (nuisibilité adventices moindre et meilleure efficacité des herbicides).
Le graphique ci-dessus (graph 1) présente le rendement économique : produits bruts (rendement*prix du blé) auxquels ont été soustraits les coûts de passages et herbicides, pour trois dates de semis, et cinq stratégies désherbage. Les notes de satisfaction désherbage (de 0 à 10) sont indiquées sur la gauche du graphique. Sur cet essai à Quesmy (60), quelle que soit la stratégie de désherbage chimique choisie (hormis la stratégie sortie d'hiver seule - SH), c'est la date de «semis intermédiaire» au 30 octobre qui permet d'obtenir les meilleurs rendements économiques avec des notes de satisfaction de désherbage proches de 10. De plus, quelle que soit la stratégie et le niveau d'investissement herbicides (entre 70 et 200 EUR/ha), la note de satisfaction du désherbage pour le semis «précoce» au 5 octobre n'atteint pas le niveau de satisfaction des dates de semis décalées...

Le labour pour sauver les meubles
Autre levier en cas d'échec de désherbage dans la culture précédente : le labour. Même s'il représente un investissement important (temps de travail et coût de passage), dans les sols qui le permettent, le labour occasionnel peut-être un levier très efficace en cas d'échec de désherbage graminées dans la culture précédente. Il permettra d'enfouir en profondeur les graines d'adventices. Il s'agira ensuite de ne pas relabourer les années suivantes de manière à laisser s'exprimer le Taux annuel de décroissance. Ce taux est élevé pour les graminées : 75 % de «mortalité» en une année pour le vulpin/ray-grass (Cf. figure ci-dessus) (graph 2).

Stratégies de désherbage chimique à l'automne
Après plusieurs semaines en conditions très sèches, la pluviométrie récente (si elle ne s'accentue pas dans les semaines à venir), permettra une bonne préparation des lits de semences et de désherber chimiquement en sol humide, ce qui est favorable à l'efficacité des produits racinaires. Notez qu'une bonne préparation et des semences bien enterrées permettent aussi de limiter les phénomènes de phytotoxicité. Le niveau de salissement et l'éventuelle résistance à certains herbicides constituent les clés d'entrée dans le raisonnement des programmes. Le niveau de salissement détermine le type d'intervention (produits, doses) à prévoir ou pas à l'automne. Pour les situations de faibles infestations et les populations de graminées sensibles aux familles chimiques HRAC A (FOPs,DEN) et B (ALS) : un passage à l'automne de prélevée ou post-levée précoce (1-2F du blé) éventuellement complété par un passage en sortie d'hiver est à envisager. Le tableau ci-dessous (1), présente quelques possibilités de lutte contre le vulpin. Les prix sont mentionnés à titre indicatif. En cas d'infestation > à 30 graminées/m2 et/ou en cas de résistances aux groupes HRAC A.
Pour préserver la durabilité des solutions chimiques, il est important d'intégrer la notion d'alternance des modes d'action (groupes HRAC) y compris pour les produits racinaires d'automne et d'éviter de les utiliser deux fois dans le même programme. Les tableaux ci-dessous (2 et 3) présente quelques exemples de programmes herbicides sur vulpins.


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