Mobilisation
Mercosur, PAC, et autres : c’est le retour des feux de la colère dans la Somme
Face à une accumulation de contraintes réglementaires, économiques et environnementales jugées intenables, les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA de la Somme appellent à une mobilisation d’ampleur à partir de ce lundi 5 janvier. Plusieurs points de rassemblement sont annoncés sur le département.
Face à une accumulation de contraintes réglementaires, économiques et environnementales jugées intenables, les Jeunes Agriculteurs et la FDSEA de la Somme appellent à une mobilisation d’ampleur à partir de ce lundi 5 janvier. Plusieurs points de rassemblement sont annoncés sur le département.
Dans les exploitations samariennes, la lassitude a laissé place à une colère profonde. Hausse des charges, distorsions de concurrence, injonctions contradictoires, absence de visibilité : pour les responsables syndicaux, la situation n’est plus tenable. « La colère des agriculteurs est immense. Il est temps de passer des paroles aux actes ! », martelaient dès ce lundi après-midi les JA et la FDSEA de la Somme, à l’initiative de ce mouvement.
Cette mobilisation s’inscrit dans un contexte national tendu, où les engagements politiques tardent à se traduire concrètement sur le terrain. Les agriculteurs demandent désormais des décisions fermes, lisibles et rapides.
Des revendications claires
Le cahier revendicatif porté par les organisations agricoles se veut sans ambiguïté et long comme un bras :
- Un rejet ferme et définitif de l’accord UE-MERCOSUR, jugé incompatible avec les exigences imposées aux producteurs européens ;
- Un refus de toute importation de produits ne respectant pas les normes européennes, tant sur le plan sanitaire qu’environnemental ;
- Un budget de la PAC constant, intégrant l’inflation, afin de préserver le revenu et la capacité d’investissement des exploitations ;
- La suspension pure et simple du mécanisme carbone aux frontières (MACF), couplée au développement de filières françaises et européennes d’engrais ;
- La parution immédiate des décrets d’application des lois Duplomb-Ménonville et de la loi d’orientation pour la souveraineté alimentaire et le renouvellement des générations ;
- La mise en place, par l’État, de plans d’action par bassin versant garantissant un accès à l’eau équitable et durable ;
- L’indemnisation des éleveurs dont les animaux sont bloqués du fait des contraintes liées à la DNC ;
- L’abrogation du PAN et du PAR 7, symboles d’une surenchère normative ;
- Le lancement effectif des travaux sur les plans et contrats d’avenir, pour permettre à l’agriculture française de s’adapter au réchauffement climatique.
Pour une loi d’exception agricole
Au-delà des mesures sectorielles, les syndicats agricoles réclament un signal politique fort. Ils demandent l’adoption d’une loi d’exception agricole, inspirée de celle votée pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris. L’objectif affiché est briser les verrous réglementaires, redonner de la cohérence à l’action publique et fixer un cap clair à l’agriculture française.
Des feux de la colère dès ce lundi 5 janvier
La mobilisation prend une forme visible et territorialisée. Plusieurs ronds-points de la Somme feront l’objet de feux de la colère dès ce lundi soir :
- Abbeville Nord : entrée A16 – A28 à 20h ;
- Villers-Bretonneux, direction Lamotte à 19h ;
- Albert, direction déchetterie à 18h30 ;
- Roye : entrée A1 à 20h30 ;
- Picquigny : entrée A16 Est à 18h30.
Les JA et la FDSEA préviennent : si aucune décision forte n’est annoncée rapidement, la mobilisation montera d’un cran. Mercredi, Amiens pourrait à son tour devenir l’épicentre de la contestation, si le Premier ministre ne répond pas par des actes concrets.
Pour les agriculteurs de la Somme, l’enjeu est désormais la survie de l’agriculture française.