Pommes de terre
Mildiou, plantation : les conseils d’Arvalis pour bien démarrer la campagne
La gestion des surplus de pommes de terre doit être rigoureusement encadrée pour limiter les risques sanitaires, notamment le mildiou. En parallèle, une implantation soignée des cultures reste essentielle pour garantir qualité et maîtrise des maladies.
La gestion des surplus de pommes de terre doit être rigoureusement encadrée pour limiter les risques sanitaires, notamment le mildiou. En parallèle, une implantation soignée des cultures reste essentielle pour garantir qualité et maîtrise des maladies.
Gestion du risque milidiou
L’état sanitaire du territoire est capital pour maîtriser une qualité sur le long terme. Actuellement les surplus de pommes de terre sont présents dans de nombreux stockages. Certaines pratiques sont autorisées et reconnues pour gérer des volumes excedentaires comme «la mise en tas» ou «l’enfouissement». Ces solutions doivent nécessairement être encadrées afin d’éviter les impacts sanitaires sur le long terme, mais aussi limiter l’arrivée précoce des maladies (mildiou principalement) et des ravageurs en culture.
La mise en tas
La mise en tas doit se faire le plus tard possible dans la saison. Quelques règles simples sont à respecter pour maîtriser le risque sanitaire lié à cette pratique. Bien qu’à manipuler avec grande précaution, le traitement à la chaux vive peut être une solution pour limiter les risques sanitaires sur des petits volumes (10 t de chaux vive pour 90 tonnes de pommes de terre). À titre d’information, le traitement à la chaux, indépendamment de son aspect particulièrement corrosif pour l’agriculteur, représente un coût de 400 € pour 100 tonnes de pommes de terre.
D’autre part, dès lors que le volume à déstocker est trop important, la couverture du tas de tubercules par un film plastique noir facilitera leur pourrissement tout en évitant le risque de dissémination du mildiou pouvant se développer sur les pousses. Les tubercules doivent être entassés sur un épais matelas de paille et entourés de buttes de terre pour maîtriser l’écoulement des jus. Une attention particulière doit être apportée à la localisation choisie pour le dépôt afin d’éviter les risques environnementaux, les tas doivent être :
- éloignés des futures parcelles de pomme de terre,
- éloignés des points d’eau de surface (fossés, ruisseaux, rivières …) ou situés en dehors de tout périmètre de captage,
- positionnés de façon à éviter les nuisances pour les riverains.
Cette mise en tas, doit s’effectuer en dernier recours, c’est-à-dire seulement si le destockage est obligatoire et qu’aucune voie de dégagement (production animale/méthanisation/dons …) n’a été trouvée.
D’autres techniques pourraient s’ajouter à la liste, sur des destockages tardifs (courant juillet) pour lesquels la filière pommes de terre est en lien avec le ministère chargé de l’agriculture afin de proposer des mesures encadrées pour garantir la qualité sanitaire (et sous réserve du respect d’autres réglementations (fertilisation notamment).
Bien préparer et bien implanter
Dans les Hauts-de-France, les plantations ont démarré début avril dans les zones plus filtrantes notamment sur la côte (Nampont-St-Firmin). Quelques rares parcelles dans les terres en bons limons ont également été plantées. Cependant, il est encore tôt, il est préférable d’attendre un bon ressuyage sur 15-20 cm et de planter dans un sol réchauffé, avec une température du sol supérieure à 8°C.
Pour des plantations en buttages définitifs, il est préférable de planter plutôt l’après-midi pour favoriser des températures plus chaudes dans la butte. Notons que cette technique permet un gain de temps mais le désherbage est parfois plus complexe par rapport au buttage décomposé. Notons que les lots sont nerveux, si les conditions météo se réchauffent la levée peut être rapide, il faudra être vigilant pour appliquer les désherbages de prélevée dans le bon timing.
Lors de la préparation, une ouverture au vibroculteur peut être réalisée avant de passer aux outils animés (herse rotative ou fraise). Il faut savoir que les outils animés permettent un bon affinage ; la fraise permettra l’affinage le plus important, mais si le ressuyage est insuffisant, un lissage peut s’occasionner dans le fond de butte. Le recours aux outils animés n’est pas toujours nécessaire et dépendra du débouché et du type de sol.
Une préparation plus affinée sera recherchée pour des cultures de pomme de terre sensibles à la déformation ou de très petits calibres, afin de limiter la tare terre à la récolte mais en restant raisonnable en sol battant. De même ce degré d’affinage est souvent souhaitable pour des débouchés “lavables” ou la clarté de peau est importante.
Cependant les outils animés, sont susceptibles d’occasionner des lissages en fond de profil, il faut donc une parcelle parfaitement ressuyée pour ce type de préparation.
Quelques conseils lors de la plantation
Dans la parcelle, il convient de bien délimiter au champ les changements de lots et de variétés, de façon à pouvoir adapter au mieux l’itinéraire ultérieur (fertilisation azotée) et assurer la traçabilité nécessaire jusqu’à la récolte. La densité de plantation sera fonction de votre débouché et du calibre du plant. Lorsque la planteuse s’est avancée de quelques dizaines de mètres dans la parcelle, observer sur chaque rang et sur 2 à 3 fois 10 mètres de longueur.
• Pour vérifier le bon positionnement du plant, le plant doit être mis à 15/18 cm du sommet de butte et déposé sur de la terre veule (au moins 3 cm d’épaisseur) et bien centré dans la butte.
• Pour vérifier la densité et la régularité de plantation – Espacement entre plant et comptage (cf. espacement selon la densité/ha)
Si vous devez pratiquer la coupe de plant, augmenter de 15 % la densité de plantation initialement recommandée. De même la coupe doit être de préférence réalisée par un coupeur agréé Sanicoup.
Avant le 30 juin 2026 pensez à déclarer vos surfaces plantées à l’association de section pomme de terre, pour bénéficier du FMSE (Fonds de mutualisation sanitaire et environnemental) en cas de détection d