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Moisson 2020 : l'escourgeon crée la bonne surprise

La moisson, débutée le 24 juin dans la Somme, s'est poursuivie entre les gouttes. En cette fin de semaine, toutes les orges d'hiver devaient être battues. Les résultats sont meilleurs qu'escomptés.

Les résultats en escourgeon sont plutôt bons, mais il y a de grosses disparités, car certaines parcelles sont à 60 qx/ha alors que d’autres atteignent les 100 qx/ha».
Les résultats en escourgeon sont plutôt bons, mais il y a de grosses disparités, car certaines parcelles sont à 60 qx/ha alors que d’autres atteignent les 100 qx/ha».
© A. P.

«Une bonne surprise», c'est ce que les coopératives du département s'accordent à dire lorsqu'ils évoquent la récolte de l'orge d'hiver, qui se termine en cette fin de semaine. Il faut dire que les craintes étaient réelles : des conditions de semis difficiles, à cause de l'hiver très pluvieux, puis un printemps très chaud et sec qui n'a pas favorisé la levée des plantes. Mais le rayonnement record aurait favorisé la fertilité des grains et la pression maladie est restée faible.

À l'Est du département, «la moyenne de rendement se situe entre 80 et 85 qx/ha, avec de grosses disparités, car certaines parcelles sont à 60 qx/ha alors que d'autres atteignent les 100 qx/ha», annonce Frédéric Toullet, chef de région Sud et Est chez Noriap. Cela s'explique en partie par les pluies très locales : «certaines communes n'ont cumulé que 10 mm d'eau depuis le 13 mars, alors que d'autres ont bénéficié de 150 mm».

 

PS et protéines au rendez-vous

Même remarque à la coopérative Sana Terra, qui dispose de silos à Chaulnes et à Flesselles. Mercredi, 60 % des escourgeons étaient récoltés. «Les rendements sont hétérogènes, de 70 à 105 qx/ha, mais en majorité plutôt bons, avec un PS (poids spécifique) très correct, entre 66 et 67 kg/hl, et un taux de protéines d'environ 10,5 % pour l'orge brassicole, donc également satisfaisant», précise le directeur, Jean-François Florin. La variété brassicole KWS Faro était d'ailleurs largement cultivée par les coopérateurs de Sana Terra, pour la première fois cette année, «et elle semble répondre à nos attentes».

Tout au Sud, la coopérative NatUp avait récolté 90 % de ses volumes d'escourgeon ce mercredi et devait terminer également ce week-end. Là encore, «les rendements sont étonnamment bons, entre 80 et 100 qx/ha, et le PS (67kg/hl en moyenne) et le taux de protéines (environ 10,5 %) sont plus que satisfaisants», se réjouit Jean-Baptiste Cornu-Langy, responsable de la région Nord chez NatUp.

 

Du colza avant le 1er juillet

Si la collecte de l'escourgeon se termine, celle des pois d'hiver a débuté et «ils sont plutôt pas mal eux aussi», note Jean-François Florin, chez Sana Terra. Dans les secteur Sud et Est, on arrive même à la fin de la récolte. «On a obtenu entre 40 et 60 qx/ha, soit une moyenne de 48 qx/ha», ajoute Frédéric Toullet, de Noriap.

Mais le plus surprenant est que du colza a déjà été battu. Frédéric Toullet affirme que «quelques hectares ont été récoltés près de Montdidier avant le 1er juillet. Je n'avais jamais connu ça». Les conditions climatiques en sont peut-être la raison, «mais il faut dire que le colza est semé de plus en plus tôt». Pas assez de recul, en revanche, pour donner des chiffres.

La moisson devrait se poursuivre la semaine prochaine avec les pois et le colza, ainsi que les premières parcelles de blé, en variétés précoces.

Blé : une des plus faibles récoltes du siècle

Le ministère de l'Agriculture a communiqué, le 7 juillet, ses premières prévisions de récolte de blé tendre pour la moisson 2020. Elles sont de 31,3 Mt, soit l'une des plus basses productions enregistrées depuis le début du siècle en comparaison de 2004 (29 Mt) et de 2016 (27,6 Mt). Ce maigre résultat est la conséquence, à la fois, de la baisse des emblavements, 4,4 millions d'hectares, soit - 20,8 % de moins que l'an dernier, et des rendements, 71,1 qx/ha, soit - 8 qx rapport à 2019. La baisse de production serait particulièrement importante en région Aquitaine (- 49 %), en Poitou-Charentes (- 43,2 %), en Pays-de-la-Loire (-  34,9 %). Ces premières estimations font apparaître une forte hétérogénéité régionale.

Pour le blé dur, la prévision de récolte est également décevante. Si les surfaces se seraient pratiquement stabilisées, avec 250 000 ha, le rendement moyen national est abaissé de 10,2 qx/ha, à 53,4 qx. La production est annoncée en recul de 14,7 %, à 1,33 Mt. La production d'orge est estimée à 12,33 Mt, en recul de 10,3 % sur l'an dernier, en raison de la réduction des rendements passant de 70,7 qx/ha, à 61 qx, alors que les surfaces ont très légèrement progressé. La sole de céréales à paille, estimée à
7,28 Mha, perdrait 520 000 ha. La production de colza 2020 est prévue à 3,37 Mt. Ce serait une baisse de 3,7 % sur un an, mais de 30 % sur la dernière moyenne quinquennale. Les emblavements se sont stabilisés, mais le rendement tomberait de 31,6, à 30,3 qx. Malgré une hausse des surfaces de près de 20 %, la production de protéagineux accuserait un infime tassement (- 0,5 %), conséquence de la chute des rendements : 30,8 qx/ha contre 37,1 en 2019, pour atteindre 891 000 tonnes, dont 700 000 t de pois. La baisse des surfaces betteravières, 425 000 ha contre 447 000, est confirmée, tout comme la hausse de la superficie de pomme de terre de conservation qui consoliderait son record à 154 000 ha.

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