Culture
À Montdidier, l’illustre Parmentier aura bientôt son musée
Dans le Santerre, difficile de dissocier la ville de Montdidier de la figure d’Antoine-Augustin Parmentier. Ici, l’histoire agricole et scientifique prend racine au XVIIIe siècle, avant de se prolonger aujourd’hui dans un projet culturel structurant : la création d’un musée dédié à cet enfant du pays.
Dans le Santerre, difficile de dissocier la ville de Montdidier de la figure d’Antoine-Augustin Parmentier. Ici, l’histoire agricole et scientifique prend racine au XVIIIe siècle, avant de se prolonger aujourd’hui dans un projet culturel structurant : la création d’un musée dédié à cet enfant du pays.
Né à Montdidier le 17 août 1737, Parmentier incarne l’un des visages les plus emblématiques de l’innovation agricole française. Pharmacien militaire, agronome et nutritionniste, il s’illustre notamment par son combat en faveur de la pomme de terre, qu’il contribue à faire accepter dans l’alimentation humaine à une époque où elle suscitait méfiance et rejet.
Cet héritage, c’est naturellement qu’une partie du futur Musée Parmentier – le MuPar –, prévoit de l’aborder. Depuis un peu plus d’un an, c’est dans un bâtiment ancien de la rue Saint-Pierre, surplombant la ville basse, que le futur musée prend forme. L’ancien tribunal, qui a accueilli un temps un centre des finances publiques a vocation à devenir «un lieu ouvert».
Un musée Parmentier toujours en travaux
Au moment de passer la main à une nouvelle équipe municipale, Catherine Quignon, maire sortante de la ville de Montdidier a tenu en ce début de semaine à présenter un projet qui lui tient toujours à cœur : «En tant que bienfaitrice de Montdidier, il m’a toujours semblé évident que nous devions faire quelque chose de plus grand autour de Parmentier». À mi-chemin entre Amiens et Compiègne, Catherine Quignon trouve encore aujourd’hui que l’idée de créer un musée dédié à Parmentier est «fédératrice».
Pour mener à bien le projet, la mission a été proposée à Philippe Durot qui veut faire du «MuPar» «un lieu de partage». Pour lui, pas de doute, «il y a plein de choses à faire dans ce lieu» : de la culture évidemment, mais aussi créer du lien, et pourquoi pas rapprocher le monde agricole des autres publics.
Lorsque la ville de Montdidier a la possibilité de «récupérer» le bâtiment, son état n’est «pas terrible». Malgré tout, les éléments d’architecture qui en font le charme sont découverts et conservés : voûtes, escaliers, cheminées, moulures, planchers en chevrons… Dans les différentes salles installées de part et d’autre d’un long couloir, on devrait pouvoir découvrir différentes expositions : Parmentier et son héritage ; ses liens avec Montdidier ; la charte communales ; les grands procès qui ont marqué l’histoire de la ville de Montdidier, la cité pendant les guerres… La dernière salle à découvrir est un espace aménagé avec une scène de 35 m2 et dont les garde-corps sont amovibles. Dans le hall d’accueil, un bistrot et un espace détente sont attendus.
Futur lieu de partage et d’échange
Si un espace d’exposition est en train d’être aménagé au premier étage, le rez-de-chaussée accueille l’Office de tourisme, ainsi que deux ateliers d’artistes. L’association du Cercle Maurice-Blanchard qui a ajouté à son nom «Les Amis du musée Antoine-Augustin-Parmentier», y dispose également d’un lieu de rencontre. Pour Philippe Durot, ce projet de musée doit avoir plusieurs vocations. S’il s’agit de valoriser le patrimoine historique et scientifique lié à Parmentier, le Musée Parmentier serait tenté d’enrichir les collections autour de l’agriculture, de l’alimentation et de l’histoire locale, et contribuer au renforcement l’attractivité culturelle de Montdidier.
À visiter très prochainement
D’abord annoncée pour le premier trimestre 2026, l’ouverture du Musée Parmentier n’est à l’heure qu’il est, pas encore programmée. Ce dimanche 29 mars, à l’occasion du Printemps du Département, il sera toutefois possible de parcourir le chantier et de traverser des salles encore vides, mais bientôt remplies d’une histoire riche et de nouveaux chapitres à écrire.
À Montdidier, l’héritage de Parmentier ne relève pas du symbole abstrait : il structure l’identité locale. C’est ainsi qu’au détour des rues, on peut facilement tomber sur une statue monumentale, inaugurée en 1931 sur la place qui porte son nom, rappelant son rôle de «propagateur de la culture et de l’usage alimentaire». L’office de tourisme lui-même s’inscrit dans un «Pays de Parmentier», signe d’une appropriation territoriale forte de cet héritage. Enfin, nombreux sont ceux à considérer encore aujourd’hui que Parmentier n’est pas seulement une figure historique. Il est un marqueur identitaire auquel le projet de musée en cours d’aménagement s’inscrit assurément.